|
|
|
|
|
|
Albums
Raspoutine Un enfant se souvient de Raspoutine, le clochard qui vivait dans sa rue. Un quartier populaire où les gens avaient tout juste un toit, ce qui évite tout manichéisme dans le propos. Le petit garçon se souvient de la barbe rousse, à l’origine du surnom de Raspoutine, de son regard, de son odeur, de ses vertes répliques aux passants qui lui reprochaient de trop boire, de la partie de luge partagée avec lui, avant son départ pour le foyer – alors que l’enfant et ses copains, l’appelaient, enfin, par son vrai nom, Ferdinand – puis de sa mort et de son enterrement dans la fosse commune… Un bel album, touchant, qui traite des sans-abri non pour aborder un problème de société mais pour évoquer, simplement, la vie d’un homme. Un ton juste, sensible, sans aucun misérabilisme. Le cadrage des illustrations en contre-plongée ou à hauteur du regard de Ferdinand, assis par terre, renforce le sentiment d’authenticité. Un livre dont ressort une vraie atmosphère, pleine de nostalgie, de chaleur et d’humanité. À partir de 6 ans.
Brigitte Andrieux
|
Raspoutine
Texte de Guillaume Guéraud, illustré par Marc Daniau.
Éditions du Rouergue. 13,50 EUR. |

Contes
Le Taël d’argent « L’union fait la force : résistons ! » ou « De la manière dont les petits qui s’unissent peuvent écraser les grands prédateurs ! » : voilà comment on pourrait résumer ce conte à la fois édifiant et amusant. Histoire remarquable de cette petite vieille que le tigre veut tuer, dévorer et délester de son taël d’argent merveilleux, petite vieille courageuse qui va résister, avec l’aide efficace d’une gousse de petits pois, d’un œuf de poule, d’un petit crabe, d’un bâton, d’une grenouille et d’un marteau, sans compter la faucille soigneusement affûtée ! (Le conte russe, terrifiant et poétique, collecté par Afanassiev, Gros œil, en est une variante peu connue.) Côté illustrations, Rémi Saillard a su trouver un style à la fois nocturne, pour ce conte malgré tout angoissant, et divertissant dans l’esprit des incongruités de l’histoire. Ce conte avait été publié en 1994 dans le recueil Le Taël d’argent chez Syros dans la (presque) feue collection « Paroles de conteurs ». Pour les 5-9 ans.
Évelyne Cévin
|
Le Taël d’argent
Une histoire contée par Jean-Louis Le Craver, illustrée par Rémi Saillard.
Éditions Syros Jeunesse, coll. « Album paroles de conteurs ». 10,50 EUR.
Dans la même collection, vient de paraître un excellent titre : Diabou Ndao, une histoire contée par Mamadou Diallo, illustré par Vanessa Hié. |
Fils des larmes. Contes roumains Ne surtout pas se laisser décourager par le côté très austère de cette édition, ni par le style un tantinet désuet de la traduction. Car sous cet aspect peut-être peu attrayant se cachent de petites merveilles : neuf contes collectés par Petre Ispirescu, Mihaï Eminescu et des conteurs anonymes. On y reconnaîtra de belles versions des Princesses dansantes ou de Je t’aime comme le sel, des variantes très drôles de Bernique et de Petite table couvre-toi et… le superbe Fils des larmes qui donne son titre au recueil. Nous retrouvons le même plaisir que celui que nous avions eu avec le recueil Contes des fées et des princesses d’Europe centrale publié en 2007 chez La Martinière Jeunesse (deux contes seulement leur sont communs). À nous de défendre ces beaux récits en les racontant ou en les lisant à haute voix aux enfants dès 7 ans. Sinon, à nous de convaincre les bons lecteurs… Pour tous, dès 7 ans.
Évelyne Cévin
|
Fils des larmes. Contes roumains
Texte de Codruta Topala.
Éditions L’Harmattan, coll. « La Légende des mondes ». 12,50 EUR. |

Romans
Mitsu. Un jour parfait Mitsu est une grenouille à la vie bien réglée mais ce matin, rien ne va. Elle s’est levée du pied gauche et a le cafard, elle est injuste et méchante avec ses amis : Eliott qui tente le tout pour le tout, Mia qui lui conseille de prendre de la hauteur et Öko qui ne s’en fait pas plus que ça, « c’est un jour sans », ça passera… Mitsu part seule à l’aventure. Marcher lui fait du bien, mais elle a peur et s’ennuie jusqu’à ce qu’elle rencontre un écureuil joyeux, farceur et obstiné. Et la vie reprend, le lendemain est un jour parfait, Mitsu est de bonne humeur, tous les amis se retrouvent pour partager un bon repas et danser. Une histoire très illustrée, en sept chapitres, qui a un petit air des fameuses histoires de Ranelot et Bufolet, tant par la sagesse et la philosophie qui s’en dégagent que par la façon de raconter (texte et dessins). Un récit qui fait aussi penser à Kitty Crowther à qui le livre est dédicacé. À savourer encore et encore. Dès 5 ans.
Aline Eisenegger
|
Mitsu. Un jour parfait
Texte et illustrations de Mélanie Rutten.
Éditions MeMo. 16 EUR. |
Ne t’inquiète pas pour moi Mère et fille dialoguent et se racontent leur vie. Elles partagent leurs petits et gros soucis en écrivant… des post-it qu’elles collent sur le réfrigérateur. La mère, infirmière, travaille de nuit ; l’adolescente sort avec ses copines et fait du baby-sitting, elles se croisent donc rarement à la maison. À travers ces petits mots rapides et vite écrits, c’est toute une vie qui défile, avec des regrets, des reproches, de bons moments, beaucoup d’amour. Mais insensiblement, le récit bascule, la mère a une tumeur au sein et va mourir de ce cancer. Cette écriture concise, ces grandes pages blanches avec juste les quelques mots écrits à la va-vite, offrent au final un roman fort et surprenant car l’essentiel, le partage, la mise en mots des sentiments et des angoisses, est fait et bien fait. Ce livre est proposé également en version adulte chez Albin Michel. À partir de 12 ans.
Aline Eisenegger
|
Ne t’inquiète pas pour moi
Texte d’Alice Kuipers, traduit de l’anglais par Valérie Le Plouhinec.
Éditions Albin Michel Jeunesse. 10 EUR. |
Seul sur la mer immense En deux parties qui se succèdent selon la logique du temps et de l’histoire, ce dernier roman aussi poignant qu’accompli de Michael Morpurgo évoque deux destins et deux personnages hors du commun. Le premier, Arthur, raconte et commente sa vie, depuis son départ, en 1947, d’Angleterre pour l’Australie en tant qu’orphelin déporté après la guerre, jusqu’aux derniers mois avant sa mort. Le second personnage, Allie, fille unique d’Arthur, prend le relais et raconte comment elle poursuit et réalise le rêve de son père. Un rêve qui consiste à traverser l’océan en solitaire sur le petit voilier qu’il a conçu et construit de ses mains pour se rendre en Angleterre afin de retrouver Kitty, cette sœur longtemps perdue de vue qui lui révèlera ses origines. Dans une langue limpide et mélodieuse, l’auteur entraîne le lecteur dans cet univers si particulier des passionnés de la mer, des bateaux, du risque et de l’aventure. Magnifique. À partir de 13 ans.
Joëlle Turin
|
Seul sur la mer immense
Texte de Michael Morpurgo, traduit de l’anglais par Diane Ménard.
Éditions Gallimard Jeunesse. 14,90 EUR. |

Documentaires
D‘où vient le poisson pané ? Poissons, coquillages & crustacés Un véritable reportage très dynamique, textes et photographies à l’appui, sur les diverses activités de pêche liées à l’univers marin : en pleine mer, sur les côtes, et en milieu d’élevage aquacole. Des nombreuses ressources naturelles piscicoles et leurs caractéristiques à leur collectage (utilisation de chaluts, casiers, ou de la pêcheuse des mytiliculteurs), rien n’est oublié. Le lecteur suit la chaîne de travail et le long processus qui mène le poisson du filet qui l’a capturé jusqu’à son arrivée sur le banc du poissonnier, dans une boîte métallique, ou sous la forme d’un carré surgelé enrobé de chapelure. Dans ce large panorama, coquillages et crustacés, algues et sel marin ne sont pas en reste. Et pour chacune de ces ressources ce sont des gestes, un métier, souvent difficile, que l’on peut observer. Un ouvrage riche en informations, au vocabulaire précis, pour partir à la découverte de milieux souvent peu connus. À partir de 9 ans.
Christine Rosenbaum
|
D’où vient le poisson pané ? Poissons, coquillages & crustacés
Texte d’Anne-Sophie Baumann, illustré par Charles Dutertre.
Éditions Tourbillon, coll. « Exploradoc ». 10,90 EUR. |
La Joie par les livres

|
|
|
|
|