Édith Piaf
Le triomphe d’une « môme »
Édith Gassion naît en décembre 1915, d’une mère d’origine kabyle, chanteuse, et d’un père acrobate de rue. Elle passe sa petite enfance entre ses deux grand-mères puis suit le cirque itinérant où son père est engagé. Elle commence alors à accompagner de sa voix les différents numéros. À 16 ans, de retour seule à Paris, elle chante dans les rues de Belleville et de Pigalle.
C’est là, en 1933, qu’elle est repérée et engagée par Louis Leplée, directeur du plus célèbre cabaret de l’époque, le Gerny’s. Elle y connaît un succès immédiat sous le nom de la « Môme Piaf », qui évoque toute la fragilité physique du personnage. Elle enregistre son premier 78 tours en 1936, « Les Mômes de la cloche », et en 1937, grâce à Raymond Asso, un ancien légionnaire, elle triomphe d’abord en vedette américaine à l’ABC, puis en tête d’affiche à Bobino. Elle est alors adoptée par le milieu intellectuel et devient la compagne du comédien Paul Meurisse, avec lequel elle joue en 1940 « Le Bel Indifférent » que Cocteau écrit pour eux.
Dans les années 40, Édith Piaf devient une star internationale avec « La Vie en rose » dont elle écrit seule le texte et qui deviendra la chanson la plus populaire de tous les temps. Elle profite de son succès pour défendre de jeunes artistes et prendre leur carrière en charge, comme Yves Montand dont elle est amoureuse ou Les Compagnons de la chanson avec lesquels elle enregistre « Les Trois Cloches ».
De nombreux paroliers et compositeurs écrivent pour elle : Charles Dumont (« Non je ne regrette rien »), Marguerite Monnot (« Mon Légionnaire »...), Charles Aznavour (« Jezebel », « Plus bleu que tes yeux »...), Gilbert Bécaud (musique de « Je t’ai dans la peau »), Jacques Pills (paroles de « Je t’ai dans la peau »)...
En 1947, sa première tournée américaine, mal commencée, se révèle être finalement un triomphe. Elle fait la connaissance à New York du boxeur Marcel Cerdan et leurs amours font les gros titres des journaux. Marguerite Monnot écrit pour eux « L’Hymne à l’amour ».
Après la mort brutale de Cerdan en 1949, Édith Piaf bascule petit à petit dans la dépression, sa carrière se poursuivant pourtant avec autant de succès, mêlant comme toujours étroitement le travail aux rencontres d’amitié ou d’amour : Eddie Constantine, Charles Aznavour, Gilbert Bécaud, Georges Moustaki, avec qui elle écrit « Milord »...
Mais la santé d’Édith Piaf se détériore rapidement sous l’effet des narcotiques et de l’alcool, et, en 1959, en plein triomphe à New York, elle s’effondre sur scène.
Elle donnera un ultime récital à l’Olympia, devant le Tout-Paris en 1962 et meurt le 11 octobre 1963 à Grasse. Son enterrement au cimetière du Père-Lachaise rassemble des dizaines de milliers d’admirateurs.



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