Résumé :
La première étude scientifique sur le tableau blanc interactif (TBI) montre qu’enseignants et élèves sont très enthousiastes pour utiliser cet outil. Les cours sont plus dynamiques et les élèves plus participatifs et attentifs. Un seul bémol : le TBI n'améliore pas les résultats aux examens. Quelques recommandations pour optimiser l'usage du TBI : il doit répondre à un besoin pédagogique, il est nécessaire d’investir du temps dans la préparation des cours, de partager les ressources, d’en maîtriser la technologie.
Recommandations :
par Mônica Macedo-Rouet *
Le tableau blanc interactif (TBI) est un fabuleux outil de motivation dans la classe. Les élèves sont contents de l'utiliser, ils trouvent les cours plus plaisants et plus dynamiques. Quant aux enseignants, bien qu'ils ressentent une charge de travail accrue au début, ils pensent que cette charge est passagère et que le tableau apporte un plus à leurs cours. Telles sont les conclusions de la première étude scientifique sur l'usage du TBI en classe, dont les résultats ont été publiés en février 2005.

Des élèves participent à un cours avec le TBI au Royaume-Uni.
Source : http://www.fcps.edu/index.shtml
Pendant deux ans, les chercheurs du Center for Learning and Teaching de l'Université de Newcastle (Royaume-Uni) ont accompagné le quotidien d'une centaine de classes avec et sans TBI. Ils ont enregistré 184heures de cours, interviewé des enseignants et des élèves de CM1-CM2pour évaluer l'impact du TBI sur l'acquisition de compétences en mathématiques et en anglais. Les résultats montrent que la plupart des enseignants sont très enthousiastes pour les raisons suivantes :
Les élèves, à leur tour, trouvent que leurs cours sont plus attractifs, amusants, et qu'il est plus facile de "voir" ce que fait le professeur quand il manipule le tableau. De façon générale, ils sont contents d'avoir ce nouvel outil dans la classe et participent plus volontiers aux activités proposées par l'enseignant. Cependant, ils regrettent quelques problèmes techniques dans l'utilisation du TBI, notamment desproblèmes d'installation. Un élève a dit : "Ça ne devrait pas être nécessaire de calibrer (le tableau) tout le temps".
Une élève utilise le TBI à l'aide de son enseignante.
Source : http://www.sandringham.herts.sch.uk
L'usage du TBI a des répercussions aussi sur les interactions en classe. En effet, le rythme des cours devient plus dynamique, avec un plus grand nombre de tours de parole, par rapport à une situation sans TBI. Il y a plus de questions ouvertes, de demandes de répétition, de vérification (l'enseignant s'assure de ce que veut dire l'élève), d'évaluation, de réponses d'élèves et de discussion générale en classe. Ces changements peuvent être considérés comme un indicateur positif de l'introduction du tableau interactif dans les écoles.
Le seul bémol est que le TBI, contrairement à ce que l'on pensait, n'améliore pas les résultats des élèves aux examens. En effet, les performances des enfants aux examens de mathématiques et anglais ne sont pas significativement différentes avant et (trois ans) après le TBI. Pourquoi est-il ainsi, alors que les enseignants ont l'impression que les enfants apprennent mieux avec le tableau interactif ? La réponse n'est pas évidente.
Il est possible, selon les chercheurs, que les bénéfices avérés du TBI sur les interactions en classe ne se traduisent pas par une amélioration de l'écrit (ce qui est mesuré dans les examens). Il se peut aussi qu'avec le TBI, certaines pratiques de classe soient remplacées par d'autres moins efficaces du point de vue de l'apprentissage formel. En effet, il a été observé que les classes équipées de TBI connaissent une légère augmentation du temps de cours magistral (cinq minutes en moyenne), alors que le temps de travail en groupe diminue (moins sept minutes en moyenne). Comme les élèves sont plus attentifs avec le TBI, les enseignants peuvent avoir l'impression qu'ils ont assimilé un contenu alors que ce n'est pas le cas.
Afin d'optimiser l'usage du TBI, l'agence gouvernemental Becta, qui a financé l'étude au Royaume-Uni, recommande les points suivants :
* Mônica Macedo-Rouet - titulaire d'un doctorat en sciences de l'information et de la communication, ex-secrétaire de rédaction de la revue en ligne ComCiencia.
date de publication : 18/09/2006
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