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L’usage du TBI : une amélioration des résultats des élèves

Résumé :
Les résultats d’études récentes montrent une corrélation positive entre l’usage du TBI et les résultats scolaires des élèves. Un facteur clé est présenté : le temps d’expérience des enseignants. Il est recommandé d’envisager les usages du TBI dans le cadre d’un projet à long terme et d’établir des objectifs concrets, tout en sachant que quelques années d’expérience sont nécessaires pour que l’outil soit effectivement intégré à la pratique pédagogique des enseignants.

par Mônica Macedo-Rouet *

Depuis le dernier article sur le tableau blanc (ou numérique) interactif publié dans cette rubrique, plusieurs nouvelles études sont parues sur les usages de cet outil en classe. Celles-ci, réalisées dans des écoles participant à des expérimentations nationales, montrent que l’usage du TBI est associé à une amélioration des résultats scolaires des élèves. Ce résultat positif semble s’expliquer par le fait que les enseignants, après plusieurs années d’expérience, font un usage de plus en plus approfondi du TBI et changent leurs pratiques pédagogiques en faveur d’un enseignement plus interactif et engageant pour les élèves. C’est donc une combinaison du temps d’expérience d’usage, de la qualité de la formation délivrée aux enseignants et de leur capacité à franchir des étapes dans l’utilisation de l’outil et ses ressources qui garantit le succès de l’intégration du tableau interactif en classe.

Quels sont les facteurs clés de l’intégration du TBI ?

Eleve utilisant le TBI

Une élève utilise le TBI dans un collège de l’académie de Versailles.
Voir le témoignage vidéo « TNI et sciences physiques au collège »

Le temps d’expérience

Une étude coordonnée par le professeur Bridget Somekh, au Royaume Uni, a évalué les résultats de l’opération « Primary Schools Whiteboard Expansion Project », dont l’objectif était de développer l’équipement et les usages du TBI dans des écoles primaires bénéficiant déjà de cet outil. L’étude a porté sur 172 classes du CE1 au CM2 (4116 élèves) et 160 classes de la grande section de maternelle au CP (3156 élèves). On a comparé les scores des élèves aux examens nationaux, en fonction de leur expérience du TBI (temps d’utilisation en nombre de mois).

Les élèves ayant utilisé le TBI pendant plusieurs années ont montré des performances supérieures à l’attendu (projection basée sur leurs résultats à l’examen précédent). Du CE1 au CM2, en mathématiques, les élèves classés comme « bons » et « dans la moyenne » ont progressé de 2 à 5 mois plus que l’attendu ; en sciences, ce sont les élèves « en difficulté » qui ont progressé le plus (7 mois en moyenne). De la grande section au CP, c’est en mathématiques et en anglais que les résultats ont été les plus positifs, à l’exception du groupe des élèves « en difficulté », chez qui l’on n’a pas constaté d’effet positif en anglais. Dans tous les niveaux scolaires, le temps d’utilisation était un élément déterminant des résultats. Plus les élèves avaient suivi des cours avec le TBI, meilleurs étaient leurs résultats.

Une amélioration des performances des élèves utilisateurs du TBI a également été observée dans d’autres études, comme celles de Karen Swan et son équipe, et de Bruce Torff et Rose Tirotta, aux États-Unis. Les effets observés étaient cependant moins marqués que ceux de l’étude britannique.

D’autres effets constatés dans l’étude du professeur Somekh résident dans une amélioration du comportement des élèves en difficulté, qui se montrent plus attentifs et moins turbulents et une motivation accrue de ces élèves en difficulté, pour qui « aller au tableau » est une opportunité de montrer leurs compétences dans la manipulation des objets numériques (actions de toucher, déplacer, etc.).

En France, des constats similaires ont été dressés par le groupe d’interlocuteurs académiques sur le site Educnet. On note que l’enseignement avec le TBI accroît la motivation et la participation des élèves, favorise le processus d’apprentissage et de mémorisation, permet de valoriser les élèves, favorise une posture proactive et la prise de notes. Pour l’enseignant, il rend le cours plus dynamique et animé, suscite une « créativité didactique » et représente un réel confort du fait de pouvoir faire classe en étant face aux élèves. Un dernier avantage signalé par les experts académiques est le renforcement de l’interactivité en classe.

Les compétences des enseignants sont en train de se développer par l’usage et l’exploration, affirment les auteurs du rapport Somekh. Ils ajoutent qu’actuellement seule une minorité d’enseignants font un usage vraiment interactif du tableau et de ses différentes fonctionnalités, ce qui est confirmé par d’autres études, comme celles de Dave Miller et ses collaborateurs (au Royaume Uni), de Robyn Zevenbergen et Steve Lerman (en Australie) et de Hannah Slaya (en Afrique du Sud). Avec le temps d’expérience, la perspective est que cette situation évolue vers des usages plus experts du TBI.

Les deux autres facteurs clés de l’intégration du TBI, la qualité de la formation délivrée aux enseignants et leur capacité à franchir certaines étapes, seront présentés dans le prochain article « L’usage du TBI : formation et étapes à franchir ».

Recommandations

  • Envisager la mise en place des usages du TBI dans le cadre d’un projet à long terme.
  • Établir des objectifs concrets, tout en sachant qu’il faut un certain temps d’expérience (quelques années) pour que cet outil soit effectivement intégré dans la pratique pédagogique des enseignants.

Pour plus d’informations, voir l’article « L’usage du TBI : formation et étapes à franchir ».

* Mônica Macedo-Rouet - titulaire d'un doctorat en sciences de l'information et de la communication, ex-secrétaire de rédaction de la revue en ligne ComCiencia

date de publication : 09/04/2010

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Références bibliographiques :
- Educnet (2009). A propos des tableaux blancs/numériques interactifs.
- Glover, D., Miller, D., Averis, D., Door, V. (2004). Leadership implications of using interactive whiteboards – linking technology and pedagogy in the management of change. MiE, 18(5), 27-30.
- Lewin, C., Somekh, B., Steadman, S. (2008). Embedding interactive whiteboards in teaching and learning: The process of change in pedagogic practice, Education and Information Technologies, 13(4), 291-303.
- Miller, D., Glover, D., Averis, D. (2008). Enabling enhanced mathematics teaching with interactive whiteboards. Final Report for the National Centre for Excellence in the Teaching of Mathematics. December 2008.
- Saltan, F. & Arslan, K. (2009). A New Teacher Tool, Interactive White Boards: A Meta Analysis. In I. Gibson et al. (Eds.), Proceedings of Society for Information Technology & Teacher Education International Conference 2009 (pp. 2115-2120). Chesapeake, VA: AACE.
Consulter l'article « A New Teacher Tool, Interactive White Boards » sur www.editlib.org
- Slaya, H., Siebörgera, I., Hodgkinson-Williams, S. (2008). Interactive whiteboards: Real beauty or just “lipstick”? Computers & Education, Volume 51(3), 1321-1341.
- Somekh, B., Haldane, M., Jones, K. et al. (2007). Evaluation of the Primary Schools Whiteboard Expansion Project. Report to the Department for Children, Schools and Families. July 2007.
Consulter l'article « Evaluation of the Primary Schools Whiteboard Expansion Project » sur www.editlib.org
- Torff, B., Tirottaa, R. (2009). Interactive whiteboards produce small gains in elementary students’ self-reported motivation in mathematics. Computers & Education, Volume 54(2), 379-383.

 

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