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eTwinning : un échange culturel

Aurore Loez, professeure des écoles à l’école maternelle du centre de Marly (59), présente avec Didier Meurot, IEN TICE du département, un projet eTwinning qui a permis à ses élèves de communiquer avec des enfants européens et de découvrir ainsi de nouveaux modes de vie, d’autres alphabets, d’autres langues.

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Présentation du projet

Le projet Petits Poètes d'Europe est né d’une série d’échanges avec une partenaire belge rencontrée sur le portail eTwinning. Nous avions toutes deux le souci de dynamiser notre pratique en utilisant de nouveaux outils (et notamment les nouvelles technologies) ainsi que de motiver les enfants à découvrir leur patrimoine poétique (le conte est beaucoup travaillé, la poésie beaucoup moins) et à l’interpréter. Tout ceci a été possible grâce à notre conseiller TICE, M. Foucart, qui nous a guidées et nous a permis de surmonter les difficultés liées à l’informatique.

Notre projet s’articule autour de deux grands domaines d’apprentissage :

  • la langue orale (articulation, mise en voix expressive des poèmes, mémorisation et restitution des poésies proposées par les correspondants, écoute de l’autre) ;
  • les arts visuels via l’utilisation d’outils informatiques (appareil photo numérique, logiciels de traitement d’images pour créer nos illustrations et de présentation multimédia pour créer une compilation de nos travaux).

Il nous a paru intéressant de travailler sur des logiciels différents de ceux que les enfants utilisent habituellement chez eux, pour ceux qui disposent d’un ordinateur à la maison, ou des logiciels de jeux éducatifs que les enfants manipulent à l’école. D’autre part, l’utilisation d’Audacity (logiciel permettant l’enregistrement des voix et leur compilation) ouvre des perspectives jusque-là inconnues des enfants.

Mise en place des activités

L’hétérogénéité du groupe classe a été gérée de deux manières différentes.

  • La différenciation des tâches : dessiner, prolonger un dessin déjà commencé, saisir une partie du poème ou sa totalité, dicter les lettres, s’enregistrer sur une partie de la poésie, en duo, sur la totalité du poème...
  • La coopération : après une période d’apprentissage, de diverses manipulations des outils du logiciel Paint (avec quels outils dessiner, comment colorier, choisir les couleurs, effacer un trait, revenir en arrière, insérer des formes pré-dessinées...), certains enfants deviennent « pilotes » pour les autres. Leur niveau de compétence leur permet d’aider leurs camarades (et non de faire à leur place !), de leur expliquer verbalement comment faire (choix des bons outils, repérage sur l’écran, choix des actions : « D’abord, tu dessines avec le crayon et après tu prends le pot de peinture pour colorier ton bonhomme… »).

Une véritable coopération peut alors se mettre en place et nous permet de travailler dans un troisième domaine de compétence : la socialisation.

L’apport des TICE et du dispositif eTwinning

Ce projet est très motivant pour les élèves :

  • L’utilisation des nouvelles technologies leur permet d’avoir un retour sur leurs productions, de recommencer, d’améliorer pour arriver à un « produit fini » satisfaisant. Avant chaque envoi, les enfants de la classe regardent les productions préparées, écoutent les documents audio et valident ou non le travail de leurs camarades.
  • Il y a une réelle interaction avec les partenaires : si le dessin n’est pas suffisamment explicite, on ne peut pas comprendre de quoi il s’agit (notamment lors d’échanges avec des enfants de langue maternelle différente de la nôtre) ; si la poésie est récitée trop vite ou si les mots ne sont pas articulés comme il faut, on ne comprend pas, il faut demander aux correspondants de recommencer ; si les enfants crient dans le micro, l’écoute est difficile…
  • Autant de constats qui vont amener les élèves à réfléchir au langage qu’ils emploient, à la nécessaire articulation, à la manière dont il faut poser sa voix, à la distance à respecter quand on parle dans un micro. Le feedback ((retour ou réaction) des partenaires leur donne des indices sur le « comment améliorer, comment réussir ». Cette évaluation est d’autant mieux perçue qu‘elle ne vient pas de l’adulte mais d’un groupe de pairs. Peu à peu, le débit et la hauteur se régulent et les enfants apprennent à utiliser correctement les outils mis à leur disposition.
  • La rapidité de la communication et sa forme (aucun document ne doit être posté, les documents audio ne seront donc ni détériorés, ni perdus) sont un atout pour maintenir l’intérêt. Tout peut être fait rapidement. Les travaux ne s’abîment pas, on peut les consulter à l’école ou à la maison (mise en ligne sur l’espace public) à tout moment.

Les bénéfices pour les élèves

En conclusion, on peut donc retenir trois intérêts majeurs à ce projet :

  • l’intérêt et la motivation des enfants (utilisation des ordinateurs, du micro/ils donnent du sens à leurs apprentissages puisqu‘il y a un réel échange avec des pairs) ;
  • la recherche de qualité, la possibilité de recommencer, de faire mieux (la répétition n’est plus vécue comme une obligation imposée par l’adulte, l’enfant cherche vraiment à bien faire) et la réflexion qui s’ensuit sur le « comment faire » pour que le travail soit de meilleure qualité (méthodes). La coopération s’inscrit dans cette lignée puisque l’enfant doit verbaliser sa pratique ;
  • la simplicité d‘utilisation des outils ainsi que la facilité des échanges.

Si le calendrier est respecté et que les échanges sont réguliers, l’intérêt des enfants ne s’étiole pas.

Aurore Loez

date de publication : 02/02/2009

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