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Initiation à la programmation avec les drones

Julien Tixier, professeur d'EPS de l'EREA Stendhal de Bonneuil-sur-Marne, et ses élèves en classe de SEGPA proposent et répondent à des défis lancés sur Twitter en programmant drones et robots.

L’origine du projet

Suite à une expérimentation avec un groupe de collègues de l’initiation à la programmation avec des mini-drones et des robots divers, j’ai été convaincu de l’intérêt pédagogique de ce type d’ateliers pour mes élèves à besoins éducatifs particuliers. En effet, construire un programme qui anime un objet est une démarche qui s’ancre dans une pédagogie du sens, essentielle dans l’enseignement adapté. L’idée de mutualiser des défis a été proposée par Emmanuel Quatrefages et vite adoptée puisque c’est une occasion unique pour mes élèves d’EREA de vivre l’inclusion scolaire.

Le déroulement de l’activité

L’atelier est organisé dans le cadre de l’internat éducatif et doit permettre d’aborder autrement les apprentissages scolaires. Il dure une heure durant laquelle les élèves, par groupes de 2 ou 3, choisissent un défi lancé par un autre atelier d’un autre établissement ou préparé par mes soins. Ils expérimentent alors différentes propositions de programmes (par blocs) en les testant avec les drones ou les robots. Une fois le défi réussi, il est filmé puis partagé sur la plateforme #défidrone (defidrone.jimdo.fr) et sur le compte twitter lié. À la fin, les élèves élaborent ensemble un nouveau défi qui sera partagé sur la même plateforme.

Les aspects techniques

Je peux accueillir jusqu’à 8 élèves pour chaque session de 6 ou 7 séances (entre chaque période de vacances scolaires). Ils travaillent idéalement avec une tablette pour deux. En fonction des défis, ils partagent le même drone ou ont chacun le leur. Je dispose de deux balles connectées, de deux mini-drones volants et d’un robot fait de briques amovibles danoises.

Les apports des TICE

L’aspect numérique est omniprésent dans l’activité : sélectionner un défi sur la plateforme #défidrone, réaliser le programme, le tester avec les objets connectés, réaliser le film, partager la réussite du défi sur la plateforme ou sur les réseaux sociaux... Autant de tâches naturellement attractives pour les élèves et qui « masquent » les compétences scolaires sous-jacentes. La grande majorité des défis affichent en effet une dimension pluridisciplinaire et si l’introduction du « code » dans les nouveaux programmes donne la priorité à la technologie, de nombreuses autres disciplines sont concernées. Plus modestement, nous cherchons, à travers cet atelier, à mobiliser et réinvestir des compétences déjà abordées en classe, mais dans un cadre plus ludique, sur un temps moins scolaire.

Les compétences mises en œuvre

Pour mes élèves, il s’agit d’abord de structurer leur pensée pour ordonner les actions du drone. Ensuite, faire varier les paramètres de vitesse, de distance, de hauteur ou d’angle nécessite d’utiliser des savoirs mathématiques. Mais c’est la démarche expérimentale qui me semble être au cœur du projet, car elle permet à l’élève de faire des hypothèses qu’il vérifiera ensuite à l’épreuve du réel.
Aujourd’hui, le défi de l’atelier et du projet #défidrone en général est de recueillir des défis variés qui mettent en jeu des compétences aussi diverses que possible. Des collègues proposent actuellement des expérimentations en éducation musicale (Nicolas Olivier et son drone chef d’orchestre), en géographie (une balle connectée explore un planisphère), en lettres (la structure du programme comme miroir de la structure du récit dont le drone est le héros).

Julien Tixier

date de publication : 24/03/2016

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