J'enseigne les mathématiques avec un site personnel au collège
Anne Ruhlmann est professeur de mathématiques depuis 1981. Elle enseigne au collège Martin-Luther King près de Rennes (35). Elle est l’auteur du livre « J’enseigne avec l’Internet les maths au collège » et elle a créé le site « Le Matou matheux » primé aux « E-learning Awards » 2005.
La réponse à un besoin
Après avoir utilisé plusieurs logiciels et avoir souvent navigué sur le Web, j’ai trouvé qu’il y manquait des activités concrètes destinées aux élèves. J’ai donc décidé de créer mes premières pages Web. Au début, il s’agissait d’utiliser des images de la vie courante (panneaux routiers,drapeaux) pour illustrer des activités sur la symétrie.
Des activités concrètes pour les élèves
Petit à petit, j’ai étoffé et amélioré le site en y intégrant des
animations flash permettant de montrer des constructions de figures géométriques, des constructions d’images de points par une transformation. Ainsi, pendant que la construction tourne en boucle à l’écran, je peux passer dans les rangs, me rendre compte de plus près des difficultés des élèves, et leur apporter une aide plus individualisée.
Le calcul mental
J’ai intégré sur mon site des modules de calcul mental et de «géométrie mentale».
Les exercices de
calcul mental ont toujours lieu en début de séance, cela permet d’obtenir une meilleure écoute et une plus grande concentration de la part des élèves pour le reste de la séance. J’utilise maintenant un vidéoprojecteur mais il est aussi possible de transférer l’écran de l’ordinateur sur un téléviseur. Les élèves ont une fiche de suivi répertoriant tous les exercices de calcul mental faits au cours de l’année.
L’usage de l’ordinateur permet ici d’une part de gérer le temps de chaque calcul d’une façon précise, d’autre part de travailler avec des nombres aléatoires, même si le tirage est orienté pour que certains cas particuliers soient traités ou que le même calcul ne revienne pas plusieurs fois.
Un nouveau concept : la géométrie mentale
Les élèves apprécient ces séances, eux qui pourtant d’habitude n’aiment pas calculer. J’ai donc imaginé un principe analogue au calcul mental appliqué à la géométrie. Il s’agit, pour cette
« géométrie mentale », de répondre à dix questions posées à partir de figures affichées par l’ordinateur, et projetées. Je peux l’utiliser parfois, non pas en début de séance mais après avoir découvert un théorème comme celui de Thalès ou de Pythagore. Cela permet de m’assurer que les élèves ont bien compris le concept mathématique en laissant de côté dans un premier temps les difficultés liées à la rédaction de la démonstration.
Dans notre collège, tous les élèves de 3e ont leur ordinateur portable, prêté par le Conseil général. Il est évident que quand ils sortent tous leur ordinateur, il se passe quelque chose dans la classe, quelque chose que je ne sais pas décrire, mais que j’aimerais filmer un jour. C’est au point que certains élèves, en rejet du système scolaire, se prennent au jeu et surpassent parfois leurs camarades dans des activités informatiques.
C’est pour eux une façon extraordinaire de se mettre en valeur.
Les élèves sont plus motivés
C’est évident, mais on ne peut dire pour autant qu’ils réussissent mieux leurs devoirs par la suite. Cependant quand on a réussi à faire participer les élèves réticents et à déclencher une envie de travailler, c’est déjà beaucoup...
Anne Ruhlmann
date de publication : 11/09/2006