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Mise en œuvre du B2i au collège de Montmoreau

Lauréat du Trophée des usages des TICE 2007 pour la mise en œuvre du B2i, le collège Antoine-Delafont de Montmoreau, petit collège rural de Charente, compte une vingtaine d’enseignants dont la moitié valide les items du Brevet informatique et Internet.

Une démarche volontariste

Les élèves apprennent dès la classe de sixième comment faire valider leurs compétences. Les professeurs principaux leur présentent les règles d’usage du matériel et d’Internet, ainsi que les risques qu’elles permettent d’éviter (atteinte à la vie privée, courriers indésirables, perte de données…). Une heure de leur emploi du temps (en sixième et en cinquième) est réservée à la découverte des fonctionnalités de base du courrier électronique, des logiciels et espaces de stockage mis à leur disposition, avec l’aide des assistants d’éducation. Les élèves y produisent des documents numériques. Les enseignants peuvent par la suite, à l’occasion des activités pédagogiques, valider la capacité des élèves à utiliser à bon escient ces savoir-faire. La plupart des élèves reçoivent l’attestation en quatrième. Leur réussite est valorisée par une remise « officielle » des attestations, en général devant les parents.

Une approche globale

Le Trophée des usages 2007 des TICE a été décerné à ce collège par le ministère de l’Éducation nationale en février 2008 pour la mise en œuvre du B2i. M. Gajewski, qui le dirige maintenant, a succédé à un principal qui avait lancé la dynamique. Il explique son approche « globale » de la formation à l’usage des TIC : « Toute la communauté éducative est sensibilisé au “tout numérique”, des agents aux enseignants en passant par les familles. Cette politique s’appuie sur un partenariat avec l’Inspection académique, le Centre départemental de documentation pédagogique et le conseil général.

Des stages, auxquels tout le personnel peut participer, sont mis en place autour du multimédia et de l’éducation à l’image. Des élèves de l’IME voisin viennent travailler dans la salle multimédia du collège, ce qui fournit l’occasion d’échanges avec les collégiens. Les parents peuvent eux aussi se former dans l’espace public numérique.»

Le rôle de l’animateur TICE

Nicolas Vauzelle, professeur de mathématiques et animateur TICE, a été formé pour coordonner le B2i et aider ses collègues à s’approprier les outils numériques mis à leur disposition. Conseiller l’équipe de direction fait aussi partie de ses missions.

Les choix (achats de logiciels, disposition du matériel, règles d’usages, procédures pour le B2i…) sont discutés en comité de pilotage TICE, dont Nicolas diffuse le compte rendu sur le site Web de l’établissement. Ils sont liés au projet d’établissement.

Pour lui, la réussite dans la mise en œuvre du dispositif s’appuie sur l’existence d’un équipement informatique suffisant et de qualité, et sur l’implication du principal du collège.

Le confort des utilisateurs est assuré comme dans tous les collèges du département par la présence d’un assistant technico-pédagogique, qui partage son temps entre trois établissements.

La participation des élèves et des enseignants

L'élève utilise depuis l'établissement ou depuis son domicile l'application Web GIBII et y demande la validation de ses compétences, en expliquant à quelle occasion il a pu les mettre en œuvre en présence d'un enseignant. Ces occasions peuvent être fournies aussi bien par la réalisation de projets personnels que par des activités menées en cours. Un élève de troisième assure qu'on peut acquérir les compétences du B2i sans avoir d'ordinateur chez soi, notamment grâce à l'école ouverte.

La plupart des enseignants estiment que les TICE apportent une plus-value à l'acte éducatif : la professeure de physique évoque les possibilités offertes par la modélisation, indique comment elle utilise une webcam et un vidéoprojecteur pour montrer au groupe une expérimentation locale, telle que la formation de gaz.

Le professeur d’anglais apprécie de bénéficier d’enregistrements sonores qui permettent d’analyser les erreurs faites à l’oral, et de pouvoir donner accès à une multitude de documents authentiques. Le professeur d’histoire-géographie s’appuie sur Internet notamment pour l’étude d’images. Son collègue de français indique qu’en soutien et en remédiation, chacun travaille à son rythme et avec plaisir sur des exercices interactifs. En mathématiques, la compréhension des problèmes géométriques est facilitée par le tableau blanc interactif. Le professeur de SVT souligne les possibilités de différencier les thèmes de travail en fonction des intérêts des élèves. Le professeur des élèves de l’IME évoque l’exemple de ses élèves, qui ont chacun choisi un thème en relation avec leur vécu.

Enfin, le professeur documentaliste utilise les défis proposés sur « Internet sans crainte » pour faire prendre du recul aux élèves sur les apports et les limites d’Internet en matière de recherche d’informations.

Le partage des tâches

Le travail de formation des élèves et de suivi des acquis du B2i est, après plusieurs années de mise en œuvre, bien réparti entre tous les membres du personnel. Les enseignants, après avoir acquis le « réflexe B2i », disent que ces validations ne leur prennent pas beaucoup de temps. Le professeur de français vérifie le bon usage du correcteur orthographique, ceux de mathématiques le bon usage du tableur grapheur, les professeurs d’histoire-géographie font utiliser aux élèves des sites sur lesquels le droit lié aux images est expliqué, celle de physique laisse les élèves filmer, installer et désinstaller leur matériel.

C’est au fil de ces usages que chacun acquiert la conscience de l’utilité et des limites de ces outils.

Chantal Bernard, MATICE de Poitiers

date de publication : 17/11/2008