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Twitter en classe de CM

Nathalie Gauthier, professeure des écoles qui enseigne au CM2 dans l'école l'Esplanade de Sedan, organise une partie des apprentissages en géométrie et en expression écrite autour de la création de messages en 140 caractères envoyés via une plateforme de microblogues à des correspondants du monde entier.

L'origine du projet

Lors d’un échange avec Eric Hornewer, IEN de la circonscription de Sedan, au cours d’un séminaire inter-académique ECLAIR, l’idée d’utiliser Twitter en classe a été émise.

En effet, j’utilisais depuis peu Twitter à titre personnel, afin d’échanger des pratiques avec des collègues du monde entier.

Ainsi, ces échanges ont donné suite à la création d’un compte pour la classe afin, là aussi, d’échanger mais cette fois avec d’autres classes présentes sur Twitter.

Avec 140 caractères maximum, la spécificité de Twitter répond parfaitement aux écrits que peuvent créer les élèves lors de la formulation de problèmes mathématiques (aussi bien en numération, en géométrie, qu’en mesure),  de courts poèmes (haïku), de devinettes en anglais, ou parfois plus simplement, du récit de la vie de classe, sans toutefois correspondre au microblogging quotidien.

Le déroulement de l'activité

Les élèves doivent créer des tweets de 140 caractères maximum. J’utilise pour cela des notes repositionnables carrées. Les enfants créent, soit seuls, soit à deux pour les élèves en difficulté. Ils écrivent leur tweet au dos du papier. Le carré est alors collé sur la partie gauche du tableau où je le corrige. Je propose également une correction collective pour les tweets présentant des erreurs pédagogiquement « intéressantes ».

Une fois corrigé, le papier est collé sur la partie droite du tableau.

Au bout d’une quinzaine de minutes, les élèves ont écrit au moins un tweet chacun. Ils prennent les carrés à droite du tableau et nous partons en salle informatique où nous ouvrons la page Twitter en la projetant sur le mur de la salle. Nous lisons alors les tweets envoyés par nos abonnés et nous y répondons collectivement, si les tweets s’y prêtent à ce moment-là, sinon, ils sont mis de côté (placés en favori) et nous y répondrons par la suite.

Ensuite, les enfants sont par deux ou trois devant un ordinateur. Là, je suis seule à connaître le mot de passe et j’ouvre notre session sur chaque ordinateur. Les élèves tapent leur tweet et ne cliquent sur « tweeter » que lorsque j’ai relu et corrigé une dernière fois le message.

Dans un second temps, dans les jours à venir, nous vérifions les réponses de nos abonnés à nos tweets. Nous leur adressons soit des corrections à faire, soit les félicitations s’ils ont trouvé les bonnes réponses.

Les aspects techniques

Nous disposons de 10 postes reliés à Internet dans une salle informatique à partager entre 10 classes et d’un vidéoprojecteur qui projette notre session à l’ouverture.

L’utilisation de Twitter en classe nécessite que l’enseignant maîtrise l’outil, ce qui ne pose pas de difficulté particulière. Il faut néanmoins établir collectivement une charte d’utilisation de ce réseau social afin de sensibiliser les élèves aux dangers de l’Internet.

Le mot de passe n’est connu que de l’enseignant.

Nous nous abonnons uniquement à des classes bien que nous ayons des abonnés tels que des parents, des conseillers pédagogiques, des enseignants, des IEN.

Une réunion d’information avec les parents est nécessaire pour expliquer l’intérêt pédagogique du projet.

Les apports des TICE

L’utilisation d’un réseau social en classe est une opportunité à saisir pour sensibiliser les élèves au bon usage de l’Internet et les éduquer aux réseaux sociaux.

Twitter permet d’écrire, mais également de poster des photos (de figures géométriques par exemple) ou de partager des liens que les élèves trouveraient intéressants pour les autres classes.

Son utilisation permet d’échanger de manière concrète avec des personnes géographiquement éloignées.

Les compétences mises en œuvre

La plupart des compétences du socle peuvent être mises en œuvre dans un tel projet.

C’est principalement l’écrit qui sera renforcé, tant en français, qu’en mathématiques, en anglais, ou tout autre domaine nécessitant de l’écrit : littérature (poésie, partage de lecture), culture scientifique et technologique, culture humaniste (poser des questions sur certains sujets, partage de sites), éducation civique (citations d’adages). Evidemment, toutes les compétences du B2i sont travaillées.

Les enfants développent également les compétences sociales et civiques avec la sensibilisation à l’usage responsable de l’Internet et l’autonomie et l’initiative, en proposant eux-mêmes les écrits dans une situation de communication authentique.

Nathalie Gauthier

date de publication : 27/03/2013

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