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Utilisation de boîtiers de vote électronique en primaire

Dans le cadre du plan ENR, l’école d’Humbécourt (52) a bénéficié du prêt d’une trentaine de boîtiers de réponse et d’une tablette mobile, en complément d’une classe mobile et d’un TBI. Francis Vautrot, conseiller pédagogique départemental (CPD) TICE et Marie Dufour, professeure des écoles, présentent une utilisation de ce matériel en cours de mathématiques de CM1-CM2.

L'origine du projet

L'accueil très favorable fait à cet outil par les enseignants et par les élèves a amené l'équipe à une réflexion sur l’utilisation de ces boîtiers au-delà de simples QCM (questionnaires à choix multiples). Une formation en fin d'année scolaire a permis de mieux connaître les potentialités de ces outils. Fort de ces acquis, en 2010/2011, le CPD TICE de Haute-Marne a proposé à l'enseignante de CM1-CM2 de reprendre un travail original d'un professeur d'IUFM, Vincent Cordebard, et d'une professeure d'école maîtresse formatrice, Céline Guillemin, autour de la construction du nombre et en particulier des fractions. Ils ont adapté cette démarche aux boîtiers de vote, grâce notamment aux possibilités de « réponses ou phrases courtes » offertes par ces nouveaux outils. La séquence présentée ici, axée sur une décomposition additive d'une situation fractionnaire, fait suite à plusieurs autres qui ont progressivement amené les élèves à bien maîtriser la notion de fractions simples.

Le déroulement de l'activité

Les boîtiers de réponse ont été, entre autres, régulièrement utilisés dans le cadre de situations problèmes où les réponses ne sont pas fermées. En ce qui concerne les fractions, les élèves sont sollicités pour donner, après réflexion par groupe de deux élèves, une solution à la situation proposée au TBI sous forme d’écriture fractionnaire (ici, somme d’un entier et d’une fraction). Celles-ci sont construites de telle sorte qu'elles nécessitent de définir la fraction par rapport à une unité donnée et qu'elles permettent de commencer à reconnaître des fractions égales en suggérant par exemple les deux réponses 4/12 ou 1/3 ou de comprendre l’écriture de 5/4 sous la forme 1 + 1/4. Les propositions, valides ou erronées sont discutées. Le langage utilisé, appuyé par des représentations graphiques au TBI ou grâce à la tablette permet d’éclaircir les hypothèses qui sont toujours considérées comme des marques de la réflexion et de l’apprentissage des élèves. C'est ainsi que la proposition inexacte 5 sur 3 (au lieu de 3 sur 5) est expliquée par un élève qui n'est pas l'auteur de cette erreur. L'anonymat garanti par les boîtiers le permet. Toute la classe (CM1 et CM2) est sollicitée, il s'agit en effet ici de comprendre comment construire ensemble une représentation du monde sous forme d'écritures mathématiques, avec une référence commune et en utilisant le nombre comme outil de cette représentation. En ce qui concerne le nombre en général comme objet d'apprentissage, c'est un travail nécessaire de la petite section à la troisième et sans doute au-delà. En ce qui concerne les fractions en particulier, il est particulièrement adapté sous cette forme aux deux niveaux du CM, sans distinction nécessaire pour  les activités proposées ici. On fait le pari (réussi semble-t-il aujourd'hui) qu'elles aideront et consolideront indifféremment mais efficacement les compétences spécifiques à chaque niveau.

Les aspects techniques

Un logiciel spécifique intégré aux outils du TBI et couplé avec les boîtiers et la tablette mobile permet à l'enseignant d'inscrire les élèves de sa classe et de leur attribuer un des trente boîtiers de réponse disponibles. Chaque élève est dès lors reconnu comme l'utilisateur de son boîtier, ce qui permet de  consulter ses résultats pendant (grâce à la tablette mobile) ou après la séquence proposée, puisque toutes les réponses sont enregistrées. Une fonctionnalité du logiciel permet de construire la question liée à chaque page du TBI. C'est ainsi qu'à chaque page affichée correspond automatiquement une question précise, que le maître peut paramétrer sous forme de QCM (lettres ou chiffres), réponses courtes, sondages, vrai ou faux etc. Le nombre de rectifications, la durée de réflexion et le nombre de points attribués pour chaque réponse sont également paramétrables.

Les apports des TICE

Le boîtier de réponse, même dans son utilisation de base (du type réponse à un QCM), suscite déjà l’intérêt et la motivation des élèves qui le prennent rapidement en main, son utilisation se calquant sur celle des téléphones portables. La possibilité de taper des phrases courtes autorise des réponses beaucoup plus ouvertes et donc ici des émissions d’hypothèses de la part des élèves d’autant mieux acceptées qu’elles restent anonymes. Le bilan final immédiat, automatisé et visible par les élèves aide à la prise de conscience et à la remise en cause des représentations initiales. La mémorisation des résultats autorise l’enseignant, à l’issue de la séance, à différencier son enseignement et à imaginer les remédiations envisageables. Ajoutons tous les outils de suivi qui s'affichent pendant la séquence : nombre d'élèves connectés, nombre de réponses au fur et à mesure qu'elles sont données, chronométrage paramétrable et compte à rebours pour les dix dernières secondes permettent de dynamiser l'activité. La tablette mobile affiche sur son écran intégré le nombre de réponses correctes et incorrectes et, dans certaines configurations, l'identification des élèves auteurs de ces réponses.

Les compétences mises en œuvre

Les compétences particulières mises en œuvre dans ces séquences sur les fractions répondent aux programmes 2008 à partir du CM1 et CM2, en particulier ici : « Écrire une fraction sous la forme de somme d'un entier et d'une fraction inférieure à 1. » (programme CM2). Elles peuvent être avantageusement travaillées en remédiation en CM2 et sans doute au-delà. L’entrée choisie ici permet en effet de comprendre à la fois la notion de fractions (partie d’un tout défini en compréhension ou avec des éléments strictement isométriques), ses différentes écritures additives et la notion essentielle de classes d’équivalence qui permet de mettre un signe égal entre 1+1/4 et 5/4. En ce qui concerne les TICE, largement utilisées par ailleurs, les compétences relèvent d’un environnement de travail avec lequel les élèves se sont rapidement familiarisés.

Francis Vautrot

date de publication : 15/09/2011

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