Vous êtes dans un espace d'archives.   Découvrez le nouveau site Musagora !

-

 CITOYENNETÉ
Dossier
Présentation - Historique - Principes fondateurs Qui est citoyen ?  - Organisation administrative et territoriale -
Assemblées, tribunaux, magistratures
- Droits et devoirs - Valeurs démocratiques - Références - Tous les textes -
Activités
Calendrier et lieux (collège) - Démocratie antique et démocratie moderne (lycée) - La frise du Parthénon

sommaire du site

Droits et devoirs du citoyen : la religion

La religion

Les femmes n'étaient pas citoyennes mais pouvaient jouer un rôle important dans la politeia athénienne, par le biais de la religion. Ici, la remise du péplos, lors des Panathénées, représentée sur la partie centrale de la frise est du Parthénon.
Musée de l'Acropole (photo MSM)

A Athènes, comme dans toutes les cités grecques, la religion fait partie intégrante de la politeia. Le caractère démocratique de sa constitution n'y change rien. Au contraire, comme le pouvoir est dévolu à l'ensemble du demos, les fonctions religieuses prennent davantage d'importance pour chaque citoyen.

L'entrée en citoyenneté

De sa naissance à sa majorité, l'accès du futur citoyen à ses droits et à ses devoirs est accompagné par des cérémonies solennelles. La présentation de l'enfant mâle aux membres de la phratrie, dans le dème avait toutes les apparences d'un baptême politique et religieux et le père se trouvait alors placé en position d'officiant. Toute la scène se déroulait sous le regard des dieux et s'accompagnait de sacrifices et de banquets. Par la suite, le jeune futur citoyen devait participer à des rites sur lesquels nous savons peu de choses. La fête des Apatouries et celle des Brauronies se présentaient comme des retraites au cours desquelles l'adolescent recevait une initiation religieuse sous l'égide de la cité. Mais c'est surtout lors de l'éphébie que se faisait l'éducation du futur citoyen. Cette période de deux années était essentielle à la formation de sa conscience politico-religieuse.

Toute la vie politique est donc rythmée par le religieux. Les héliastes, les bouleutes et les magistrats tirés au sort sont, d'une certaine manière, choisis par les dieux et prêtent serment devant eux. Toute séance de l'Ecclesia commence par un sacifice et l'orateur, à la tribune, porte une couronne de myrthe qui lui confère, le temps de sa prise de parole, un caractère inviolable et sacré. Les fêtes sont nombreuses et le citoyen est tenu d'y assister.

Mais les droits et les devoirs religieux du citoyen ne s'arrêtent pas là : la nature démocratique du régime aboutit à une redistribution citoyenne des fonctions liturgiques. C'est le demos qui, à travers ses instances politiques (Assemblée, Conseil des Cinq-Cents, tribunaux), fixe le calendrier religieux (culte des dieux et des héros, fêtes, cérémonies, sacrifices), engage les travaux de construction ou de réfection des édifices (temples, autels, monuments divers, statues), juge les actes impies, autorise ou non l'entrée d'un nouveau culte..

Le citoyen athénien ne se comporte donc pas comme un simple "fidèle" et il peut être amené au cours de sa vie à exercer des reponsablités à caractère religieux. La notion de clergé (ou de classe sacerdotale) disparaît. Ce sont les magistrats de la cité qui organisent et président les cérémonies, les prêtres eux-mêmes étant élus ou tirés au sort. Outre le fait que comme bouleute, le citoyen athénien était nécessairement amené un jour ou l'autre à légiférer dans le domaine religieux, il pouvait se trouver dans une des situations suivantes :
- affecté à la tholos (ἡ θόλος)
- épistate (ὁ ἐπιστάτης)
- archonte-roi
- prêtre élu ou tiré au sort

La liturgie (ἡ λειτουργία) constitue un cas particulier.Elle ne concernait pas que les fonctions religieuses mais elle en était une part si importante que le terme a pris depuis un sens exclusivement religieux. Les frais de la plupart des fêtes religieuses (chorégies, sacrifices, banquets) n'étaient pas à la charge de la cité mais des plus riches des citoyens qui les finançaient sur leurs propres fonds..

Le theorikon : A l'inverse, le theorikon (τὸ θεωρικόν) permettait aux citoyens pauvres d'assister aux fêtes et aux spectacles. Cette indemnité servait à acquitter un droit d'entrée au théâtre ou au sanctuaire. Pourquoi l'accès à ces festivités n'était pas simplement gratuit pour les plus défavorisés ? C'est sans doute parce que cette indemnité constituait aussi un dédommagement pour inciter chacun à se libérer de ses occupations privées et participer pleinement aux cultes par lesquels la cité affirmait aussi son identité démocratique. Le theorikon était, de fait, sur le plan religieux l'exact parallèle du misthos (ὁ μισθός)

Les non-citoyens et la religion

La participation aux fêtes religieuses n'était pas toujours réservée aux citoyens. C'est ainsi que les Grandes Dionysies et les représentations au théâtre de Dionysos étaient ouvertes aux métèques, aux étrangers et peut-être même aux esclaves.
Mais, parmi les non-citoyens, les femmes jouaient un rôle de premier plan dans certains cultes religieux à Athènes. Athéna est une femme et la fête des Panathénées était l'occasion d'une procession au cours de laquelle les forces vives de la cité conduisaient sur l'Acropole le voile de la déesse, que des jeunes filles avaient tissé et brodé pendant l'année. Les Brauronies concernaient aussi bien les fillettes que les jeunes garçons. Enfin les Thesmophories, en l'honneur de la déesse Déméter réunissaient exclusivement des femmes et toute présence masculine pouvait être punie de mort.