Vous êtes dans un espace d'archives.   Découvrez le nouveau site Musagora !

-

 D I O  N Y S O S 
Dossier
Introduction - Le mythe Les attributs du dieuLe culte  - Les fêtes à Athènes - Iconographie antique et moderne - Dionysos et le théâtre - Le théâtre grec et les Bacchantes - Textes grecs - Références et liens 
Activités
Pour une analyse iconographique - Bacchus, mythe et culte -  Les chants choraux de l'Antigone de Sophocle

sommaire du site
Nous écrire

Les attributs de Dionysos

  Végétation      Nourriture et boissons     Sexualité     Animaux     Feu et eau 

Ces attributs sont importants pour lire les représentations iconographiques du dieu.

Peintre de Berlin 1686 (attribué à), Dionysos, vers 540-530 av. J.-C., , © Louvre.edu Peintre de Berlin 1686 (attribué à), grappe de vigne (détail), vers 540-530 av. J.-C., , © Louvre.edu Peintre de Berlin 1686 (attribué à), Dionysos, vers 540-530 av. J.-C., , © Louvre.edu Peintre de Berlin 1686 (attribué à), satyre (détail), vers 540-530 av. J.-C., , © Louvre.edu Peintre de Berlin 1686 (attribué à), Héphaïstos sur un âne, ménade, vers 540-530 av. J.-C., - © Louvre.edu
© Louvre.edu

La végétation
(épithètes Phloios, phloios étant l'enveloppe d'un fruit, Dendritès, de dendron, l'arbre)

Dionysos a pour attributs la vigne (ampelos) dans tous ses aspects, la branche (skutalè, oskhos) porteuse de grappes (botrus, staphulè) et de sarments (klèma), mais aussi le lierre (kissos), le roseau qui sert à confectionner les pipeaux (surinx) et la pomme de pin (strobilos).

Ces trois éléments entrant dans la composition du thursos (thyrse, bâton entouré de lierre et de pampre couronné d’une pomme de pin - Toledo 1982.88, base Perseus) que portent les Satyres et les Bacchantes, ou Dionysos lui-même. Ce bâton dans la légende a été une arme, l'arme des femmes déchaînées, en particulier dans le voyage en Asie.

La consommation de nourriture et de boisson
(épithète ômophagos)

Dionysos est lié à la dévoration de chair crue (ômos), ce qui a amené certains interprètes à le rapprocher d’autres dieux barbares d’anciens temps du cannibalisme, dieu dévorant et dieu dévoré comme le dieu égéen Zagreus.

Il est aussi le Dieu du vin et de l’hybris qui en découle (cf. le deuxième jour des Anthestéries et le concours de buveurs).

La sexualité
(épithète Phallèn)

Le vieux Silène et les Satyres sont représentés nus et le phallos, qu’ils portent plus ou moins droit (ithuphallos) en proportion de leur âge et de l’époque où il sont représentés, est le symbole de fécondité que l’on porte à Athènes lors des processions des Dionysies rustiques en décembre.

Les animaux

En tant que Dieu de la fécondité et de la puissance, Dionysos est associé au bouc (tragos), et au taureau dont il porte souvent la corne (taurokerôs) à la main dans l’iconographie.

Il est également associé au faon ou à la chèvre (Louvre G185, base Perseus) : Satyres et ménades portent parfois une peau de faon, la nébride (nebris), ou une peau de chèvre (égide). Il semblerait que le faon ou la chèvre soit une métaphore du corps déchiré (diasparagmos) de Dionysos par les Titans.

Dionysos est souvent représenté sur un âne, une panthère ou un léopard (panthèr, pardalis), ou même, après son mythique séjour indien, ou la connaissance de l’Inde issue de l’épopée d’Alexandre, menant un attelage de tigres.

Le culte de Dionysos dans la province d’Afrique, qui se développe en particulier sous la dynastie des Sévères, représentera le dieu sur un lion rugissant et Silène sur un dromadaire ! (mosaïques d'El Jem et du Musée de Sousse, Dionysos 3).

Les mythographes analysent cette chevauchée comme une intimité de Dionysos avec les animaux sauvages, que ses suivantes les ménades savent également dompter : Dionysos est celui qui libère et maîtrise à la fois la violence animale (cf. Marcel Détienne, Dionysos mis à mort, 2e partie : La panthère parfumée).

Le feu et l’eau

La torche (daïs) est un attribut de Dionysos : lors des Lénées en janvier-février, le dadouque (porteur de torche) est celui qui réveille les femmes dans la nuit et les invite à danser.

Mais le dieu est aussi, ce qui est lié à la fécondité, à l’humidité de la mer et des marais (Hyès, Limnaios).

Les instruments de musique

Satyre jouant de l'aulos, IIe siècle av. J.-C., , © Louvre.edu Satyre jouant du diaulos, vers 40-30 av. J.-C., , © Louvre.edu Bacchante, IIe siècle av. J.-C., , © Louvre.edu Ménade, vers 40-30 av. J.-C., , © Louvre.edu
© Louvre.edu

Les instruments propres à déclencher le délire bachique sont la flûte de Pan (syrinx) et le tambourin (tympanon). De nombreux vases montrent Dionysos entouré de satyres et de ménades (Harvard 1960.236, base Perseus)

Autres objets et pratiques

On voit aussi sur certaines représentations tardives, en référence peut-être aux cultes à mystère d'Eleusis, une corbeille en forme de van (liknon), référence au berceau de Dionysos qui l'aurait soustrait à la colère d'Héra (le bébé caché sous un linge), cette corbeille contenant des gâteaux en forme d'organes sexuels.

Les "orgies"  (orgia, du même radical que ergon, l'œuvre, est un mot pluriel) désignent toutes les actions accomplies au cours des cérémonies dionysiaques. Le propre des cérémonies dionysiaques est la sortie de soi, de la possession (katekhesthai) par la musique et la danse à la transe qui saisit les ménades du cortège comme les femmes de Thèbes sur le Cithéron ou de Delphes sur le Parnasse (voir texte du 4e stasimon d'Antigone). Cette course dans la montagne s'appelle l'oribasie (oreibasia, de oros, montagne et basis, action de marcher).