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 D I O  N Y S O S 
Dossier
Introduction - Le mythe Les attributs du dieuLe culte  - Les fêtes à Athènes - Iconographie antique et moderne - Dionysos et le théâtre - Le théâtre grec et les Bacchantes - Textes grecs - Références et liens 
Activités
Pour une analyse iconographique - Bacchus, mythe et culte -  Les chants choraux de l'Antigone de Sophocle

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Les fêtes de Dionysos à Athènes

  Dionysises rustiques     Lénées     Anthestéries    Grandes Dionysies 

Quatre fêtes sont consacrées à Dionysos, du début de l’hiver au début du printemps :

LES DIONYSIES RUSTIQUES

Elles s’échelonnaient tout au long du mois de Posidéôn : chaque dème organisait son thiase. On promenait en procession une représentation du phallos, signe de fécondité, tout en dansant ou en chantant, pour aboutir à un sacrifice qui consistait en une galette ou une bouillie de céréales (Aristophane, Les Acharniens, vers 237 et suivants).

LES LÉNÉES OU LÉNÉENNES

C’est la plus ancienne des fêtes consacrées à Dionysos : on se dirigeait vers le sanctuaire de Dionysos appelé Lénaion, probablement au pied du versant ouest de l’Acropole. Il semble que cette fête comporte des orgies (faire les Lénai = faire les bacchants ou les bacchantes) menées par le dadouque (celui qui tient une torche, dais, daidos), qui invite les participants à invoquer Iacchos, fils de Sémélé, pourvoyeur des richesses de la terre. Cette invocation sera conservée dans l’inauguration du concours théâtral.

LES ANTHESTÉRIES

Jeune garçon tenant une grappe de raisin, marchant vers un oiseau, vers 410 av. J.-C. - © Louvre.edu Femme sur une balançoire, vers 520-530 av. J.-C., © Louvre.edu
© Louvre.edu

Elles ont lieu avant la pleine lune de mars et sont liées à la poussée de la végétation (anthos = la fleur). On pense que ces fêtes, qui duraient trois jours, libéraient l’interdit sur la consommation des produits conservés pendant l’hiver. Le premier jour, on ouvrait les jarres (pithoi) où était conservé le vin nouveau. Le deuxième jour, avait lieu un concours de buveurs (le vin était versé dans des cruches, choes). " Ce concours était ouvert aux hommes et aux petits garçons à partir de l'âge de trois ans. A cette occasion, ils recevaient une cruche adaptée à leur capacité " (Louvre.edu, Sophie Padel). Le champion était couronné de lierre et recevait une outre de vin. C’est la fête de l’humidité bienfaisante : on portait l’image du dieu sur un char en forme de bateau.
Avait lieu ensuite, au sanctuaire appelé le Boukoleion, une hiérogamie, union de l’Archonte-Roi et de sa femme représentant l’union de Dionysos et de la Basilinna, l’ancienne reine d’Athènes.
Le troisième jour, fête des marmites (khytroi), était le jour des morts : on fabriquait une bouillie faite de plusieurs céréales, la panspermie, qu’on devait consommer en famille avant la tombée de la nuit. On sacrifiait à Hermès psychopompe (conducteur des âmes en enfer) et on chassait les mauvais esprits des morts :
" Dehors les Kères, finies les Anthestéries ".

LES GRANDES DIONYSIES 

Le premier jour était consacré à des sortes de chœurs appelés dithyrambes (dithurambos, probablement le double thriambos, qui a donné le latin triumphus), éloges en l’honneur des dieux : cinquante hommes dansaient en chantant, au son des flûtes et des tambourins, autour de l’autel de Dionysos - autel qu’on appelait thymélè -, sur l’Agora non loin de l’autel des douze dieux. Primitivement ces dithyrambes se passaient la nuit à la lueur des torches et conduisaient à des phénomènes d’extase ou d’hystérie.
Le deuxième jour, avaient lieu des joutes (agones) athlétiques ou poétiques (concours de rhapsodes).
Les trois jours suivants étaient consacrés au théâtre : tragédies, dès 534 (étymologiquement chants en l’honneur du bouc, tragos, animal associé à Dionysos), chaque cycle de trois tragédies étant suivi en fin de journée d’un drame satyrique (dont le chœur est constitué de satyres, hommes-boucs). Par ailleurs, issues selon certains des cortèges de paysans avinés, les comédies (chants des komoi, des villages) ne deviennent des textes dialogués qu’à partir de 486.
Du point du vue du culte de Dionysos, les Grandes Dionysies finissent par un cortège triomphal et le couronnement du dieu.