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 D I O  N Y S O S 
Dossier
Introduction - Le mythe Les attributs du dieuLe culte  - Les fêtes à Athènes - Iconographie antique et moderne - Dionysos et le théâtre - Le théâtre grec et les Bacchantes - Textes grecs - Références et liens 
Activités
Pour une analyse iconographique - Bacchus, mythe et culte -  Les chants choraux de l'Antigone de Sophocle

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Introduction


Peintre du groupe E, Dionysos et satyres, 540 av. J.-C. -  © Louvre.edu

 

Parmi les dieux du Panthéon grec, Dionysos offre un intérêt tout particulier par les singularités et contradictions qu'il présente. Il permet ainsi une multiplicité de parcours pédagogiques dans lesquels l'intérêt de l'étude des textes sera naturellement renforcé par la richesse de l'iconographie qui concerne le dieu.

Car Dionysos est d'abord ce dieu " né de la cuisse de Jupiter ", le seul dieu admis parmi les Olympiens à avoir pour mère une mortelle, un dieu qui connaît plusieurs morts et plusieurs naissances. Quelle que soit son origine, qu'il vienne de Thrace ou soit autochtone, il est senti comme " l'étranger " : peu présent dans l'épopée homérique, le dieu fou, le dieu de la transe affirme son importance, en déferlant comme un conquérant sur la Grèce. L'étude de ce triomphe de Dionysos - particulièrement dans Les Bacchantes d'Euripide - peut être complétée par celle du mythe de Dionysos Zagreus. Ce sera l'occasion de montrer un autre aspect de la religion grecque : les cultes à mystères.

On n'oubliera pas qu'il apparaît aussi dans de nombreux épisodes mythologiques, qui permettront le développement de formes artistiques, dans l'antiquité comme dans l'art des XVIe et XVIIe siècles. L'étude des différentes représentations de Zeus et Sémélé, de Bacchus et Ariane, du démembrement de Penthée par les Ménades est du plus grand intérêt.

Par ailleurs Dionysos est, par excellence, le dieu de la fête et du vin. Mais il est, une fois de plus, " multiple " : il est Bacchos et Lusios, source de folie et libérateur, et il conserve presque toujours un caractère sauvage : Walter F. Otto analyse longuement cet aspect qui prend une dimension étonnante dans l'iconographie : innombrables sont les reproductions des fêtes, des ménades échevelées qui, au son de la flûte et du tambourin, dansent pour le dieu. Il est le dieu de l'Extase. Et, sous son autre aspect, il est en même temps le " doux et efféminé dieu du vin ". La fête dionysiaque, l'importance du vin dans la société méditerranéenne antique et l'imaginaire qui se développe autour de sa consommation sont un autre centre d'intérêt majeur.

Mais Dionysos est encore le dieu du masque ; et le théâtre est né des fêtes que l'on célébrait en son honneur. La comédie et la tragédie sont étroitement associées aux fêtes religieuses en l'honneur du dieu et au sacrifice célébré à cette occasion. Les Grandes Dionysies étaient aussi l'occasion pour les Athéniens d'affirmer l'excellence de leur cité. C'est peut-être avec ce dieu que le lien entre le politique et le religieux est le plus sensible.

Un dossier concernant Dionysos peut donc s'enrichir de travaux très divers qui, dans tous les cas, en permettant l'association du texte et de l'image plongent au plus profond de la culture grecque : sa mythologie, sa religion et ses cultes, son art, sa littérature et sa vie sociale et politique.

Dionysos et Ariane tirés par des Centaures, 230-235 - © Louvre.edu

 

Nicolas Poussin, L'enfance de Bacchus, vers 1630 - © Louvre.edu
Dionysos et Ariane (détail : masque de théâtre), fin du IIe siècle - © Louvre.edu