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 Le Mythe d'Europe 
Dossier
 Le mythe d'Europe - Iconographie antique :  statuettes et métopes,  céramiques,  fresques et mosaïques - Iconographie moderne : gravure (Ovide illustré), peinture de la Renaissance au XXe siècle - Europe dans la littérature - Choix de textes -  Références et liens 
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Iconographie antique
Fresques et mosaïques romaines

  Sélection   Analyse comparée   Étude d'une œuvre  

 

Sélection d'œuvres représentatives

Fresque de la maison de Jason à Pompéi, Musée de Naples Fresque de la Casa Sannatica, Herculanum Mosaïque de la Villa San Marco, Stabies - Musée Condé à Chantilly Mosaïque de la maison d'Ikarios à Uthina Mosaïque du musée d'Arles
  1. Fresque, Maison de Jason, Pompéi - Naples, Musée archéologique - Italie (15 av. J.-C. - 15 ap. J.-C.)
    Le site sur Pompéi est de Luis Sala (http://pompeya.desdeinter.net/pompeya.htm).
    Armand Lugrin (Gymnase du Burier en Suisse) propose une visite virtuelle de Pompéi (comparaison entre les vues de synthèse du jeu "Pompéi ou la colère du volcan" édité par la RMN, d'autres reconstitutions et des photos des ruines de Pompéi).
    Sur le site de la Société archéologique du Midi de la France, un carnet de photographies de la fin du XIXe siècle (~1880) comprenant un beau tirage sépia de la fresque par G. Sommer (~1880).
  2. Fresque, Casa Sannatica, Herculanum - Italie (1er siècle ap. J.-C.)
    Les photographies de la Villa Sannatica sont de Luis Salas et publiées sur le site : http://herculano.desdeinter.net/ercolano.htm
    Le même site propose de nombreuses reproductions des mosaïques, des fresques conservées au Musée archéologique de Naples.
  3. Mosaïque, Villa de San Marco, Stabies - Italie (1er siècle ap. J.-C.) - Musée Condé, Château de Chantilly - France
    Cette mosaïque appartient au Cabinet d'Antiques du duc d'Aumale conservé au musée du Château de Chantilly.
  4. Mosaïque, Maison d'Ikarios, Uthina (Oudna) - Tunisie (seconde moitié du 2e siècle ap. J.-C.)
    Emblema inséré dans un tapis composé de décors animaux et végétaux. L'emblema est tourné vers le seuil de la pièce.
  5. Mosaïque du musée d'Arles- France (fin du 2e-début du 3e siècle ap.J.C.)
    "Découverte en 1900. La mosaïque-qui mesurait 4 mètres de côté et dont seul le panneau figuré a été déposé- est parfaitement conservée à l'exception de grosses tesselles blanches, dans l'angle supérieur droit, attestant de réfections antiques..." (Commentaires Véronique Blanc-Bijeon in Musée de l'Arles Antique, Actes Sud)

    Mme Wattel de Croizant signale que les représentations du mythe d'Europe témoignent d' un certain nombre de contaminations et que le modèle ancien a servi pour des représentations qui paraissent éloignées du mythe même d'Europe. Une mosaïque de Nîmes peut alors être vue comme un point ultime de cette contamination et peut permettre de travailler avec les élèves qui, eux-mêmes, pourront analyser les ressemblances et les différences - guidés par leur professeur.
    Mosaïque, Musée archéologique, Nîmes
    - France (seconde moitié du 2e siècle ap. J.-C.)
    " Découvert en 1970 rue Sainte-Marguerite à Nîmes, ce panneau appartient à un pavement mosaïqué qui a été déposé en quatre éléments. Le thème décoratif retenu pour ce sol était celui de Neptune et de son cortège de Néréides chevauchant des monstres marins. Les personnages mythologiques sont représentés dans des hexagones posés sur un tapis de motifs géométriques polychromes très harmonieux. Seules, deux figures de Néréides sont conservées sur l'ensemble du pavement qui peut être daté de la seconde moitié du IIe siècle de notre ère. La mosaïque a pu constituer le sol d'un triclinium. " (Notice du Musée archéologique)

Éléments pour une analyse comparée

Fresque de la Maison de Jason à Pompéi (15 av. J.-C. - 15 ap. J.-C.) © Musée archéologique de Naples
Fresque de la maison de Jason à Pompéi, Musée de Naples
 

La scène représentée précède l'enlèvement.

  Europe est assise en amazone sur le taureau et se retient de la main gauche à la tête de l'animal. De la main droite, elle lève le pan de son himation, ce qui dénude la poitrine. Sa peau est très blanche. On devine un collier autour de son cou.
  Le taureau est au centre de la scène, représenté de trois-quart face. Il est puissant mais ne produit aucun effroi.
  Le décor : à droite, trois jeunes femmes, les compagnes de l'héroïne, vêtues et coiffées avec élégance. Le paysage est marqué par une colonne, une source, un bosquet, des arbres au feuillage léger.
Fresque de la Casa Sannatica, Herculanum (1er siècle ap. J.-C.)
Fresque de la Casa Sannatica, Herculanum
 

La scène représentée est celle de la traversée de la mer.

  Europe, entièrement nue, apparaît de dos, presque allongée sur l'eau et elle se laisse entraîner par le taureau à l'encolure duquel elle s'accroche.
  Le taureau emporte Europe à travers les flots. Son mufle se tourne vers le visage de la jeune fille : il semble lui donner un baiser.
  Le décor : le paysage marin est représenté assez sommairement. La scène prend une connotation érotique assez forte.
Mosaïque nymphée, Villa de San Marco à Stabies (1er siècle ap. J.-C.) - © Institut de France
Mosaïque de la Villa San Marco, Stabies - Musée Condé à Chantilly
 

La scène représentée est celle de la traversée de la mer.

  Europe, assise en amazone, se retient de la main gauche à une corne du taureau ; elle ramène de la main droite le pan de son himation, ce qui dénude largement la poitrine et le ventre. Elle tourne le visage vers le lieu d'où elle a été enlevée, mais ne marque guère d'expression. La coiffure est en queue de cheval.
  Le taureau apparaît en mouvement, une patte levée, mais assez petit, si on le compare à la jeune femme. Le corps est puissant, la tête petite.
  Le décor : les deux espaces terrestres sont évoqués par des rochers. Le taureau se dirige vers la droite. Au premier plan on aperçoit un dauphin.
Mosaïque de la maison d'Ikarios, Uthina (2e siècle ap. J.-C.)
Mosaïque de la maison d'Ikarios à Uthina
 

La scène représentée est celle de la séduction. Elle évoque le monde de Moschos.

  Europe est représentée de dos, assise sur le taureau ; elle semble en déséquilibre et se rattrape à la corne de l'animal. Le buste est nu à l'exception d'un strophonion. La coiffure est remontée en un chignon très soigné.
  Le taureau paraît immobile ; la tête était sans doute assez expressive.
  Décor : à gauche se détache Éros porteur de foudre ; à droite, une colonne surmontée d'un canthare et un arbre à feuillage léger. À l'ombre de la colonne apparaissent deux femmes : l'une, agenouillée, offre au taureau des roses récemment cueillies ; l'autre, derrière elle, semble attirer le taureau avec un branchage. Elles portent la même coiffure qu'Europe, un chignon noué sur la nuque.
Mosaïque inscrite dans une forme hexagonale (2e siècle ap. J.-C.) - © Musée archéologique de Nîmes
Mosaïque de Nîmes, Musée archéologique de Nîmes
 

La scène représentée est celle de la traversée de la mer.

 

Europe, assise en amazone, ramène son himation sur la tête. Le vêtement semble glisser en dénudant le corps. Son visage est tourné vers le mufle du taureau qui se retourne vers elle.La coiffure, très simple, tombe sur les épaules.

  Le taureau apparaît comme un animal hybride : le haut du corps est celui d'un taureau qui retourne sa tête vers le jeune fille, mais le bas du corps est celui d'un monstre marin (cf. Nonnos de Panopolis).
  Le décor : aucun autre détail n'intervient dans la représentation. On voit ici une très forte contamination avec les représentations des dieux marins et des Néréides

Notes pour une étude

Nous avons choisi d'étudier plus en détail la fresque de la Maison de Jason à Pompéi (entre 15 av. J.C. et 15 ap. J.-C.).

Fresque de la maison de Jason à Pompéi, Musée de Naples

La représentation du mythe d'Europe faisait partie d'un ensemble comprenant également la lutte d'Héraclès contre le centaure Nessus et une image du concert de Pan et des Nymphes.

Les trois compagnes d'Europe semblent marquer une expression différente : la première vient flatter le museau de l'animal alors que la deuxième paraît impassible et que la dernière semble se tenir en retrait.

Ce qui frappe c'est le caractère assez figé de l'ensemble : les sentiments sont à peine esquissés, il n'y a pas de mouvement ; la scène s'inscrit dans un paysage assez inattendu, puisqu'il est dominé par une colonne et un bosquet.

Le jeu de couleur des vêtements, le thème de la poitrine dénudée donnent aussi un caractère assez convenu à cette scène. La violence du rapt semble disparaître et l'ensemble est sans grande tension dramatique.

Odile Wattel-de-Croizant propose comme hypothèse que l'espace est celui d'un temenos cultuel et que l'artiste a mis l'accent sur " l'harmonie de la Nature, la prédominance des forces du Bien sur celle du Mal ", en relation avec les deux autres scènes.

Bibliographie
Odile Wattel-de-Croizant, Les mosaïques représentant le mythe d'Europe (Ier-VIe siècles), évolution et interprétation des modèles grecs en milieu romain, De Boccard, 1995
Adolphe Reinach, La peinture ancienne, Textes grecs et latins, Macula, 1985.