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 LES GAULOIS
Dossier
Présentation générale - Les Gaulois avant la conquête romaineAspects de la culture gauloise - La conquête romaine - Les Gallo-Romains - Les régions de la Gaule - Arts celtes et gaulois - Textes anciens - Textes modernes - Références et liens - Petit index des noms
Études
À la découverte des dieux gaulois - La vigne et le vin en Gaule - Héraclès en Gaule - La femme celte -

sommaire du site


Les Gaulois après la conquête romaine

 

 
La Romanisation


L'organisation de la Gaule par Auguste

Après la mort de César, la Gaule passe sous l'administration de Lépide avant que les accords de Brindes en 40 ne fassent passer le commandement à Octave. Celui-ci va s'occuper vraiment d'organiser le nouveau territoire. Son interêt est tel qu'il fait plusieurs séjours :
— 39-38 av. notre ère, Auguste en Gaule
— 27 av. notre ère, deuxiŤme visite d'Auguste
— 20-18 av. notre ère, gouvernement d'Agrippa, le gendre d'Auguste
— 10 av. notre ère, nouvelle visite d'Auguste et, petit à petit, il dessina la nouvelle province et organisa son administration.

Tout d'abord, en 27,  la Transalpine prend le nom de Narbonnaise et est attribuée au Sénat ; c'est reconnaître qu'elle est parfaitement « pacifiée » et peut prendre sa place dans l'espace romain. Le reste du pays, de conquête plus récente, agité encore par des troubles reste sous l'imperium du Prince.
En 27 ou en 16-13 (selon les historiens) le reste de la Gaule est partagé en trois provinces (Tres Galliae), la Belgique, la Lyonnaise et l'Aquitaine. Après regroupement de certaines entités trop petites, l'ensemble de la Gaule est constitué de 60 civitates.


Dion Cassius,
Histoire romaine, XLVI, 55

Le partage du monde en 44

Dion Cassius,
Histoire romaine, LI, 20

Répression de l'agitation en Gaule

Suétone,
Vie d'Auguste, 21

Intérêt pour la Gaule

Res Gestae Divi Augusti
(extraits)
L'action d'Auguste en Gaule

Cartographie CNDP 2010.

Peuples, cités et administrations

La romanisation progressive de la Gaule s'est effectuée grâce à deux éléments fondamentaux : une administration romaine et une participation des élites gauloises dans le cadre municipal.

En Narbonnaise, le gouverneur est un proconsul tiré au sort parmi les Sénateurs de rang prétorien. Il est accompagné d'un questeur propréteur qui s'occupe des finances. L'administration réside à Narbonne.

Les provinces impériales sont gouvernées par un légat de l'empereur, le legatus Augusti pro praetore. Choisi par l'empereur, il est doté de l'imperium et peut, le cas échéant, commander les troupes. Ces légats résident à Saintes (puis Bordeaux), pour l'Aquitaine, à Reims (et plus tard Trèves) et à Lyon. Cette cité est la capitale de la Gaule et son légat a un pouvoir supérieur à celui des autres provinces.
Les gouverneurs romains ont à leur service un officium (ensemble de bureaux) et une faible garnison (1 000 à 1 200 hommes). Car les forces principales (45 000 hommes) sont installées le long du Rhin.
Les gouverneurs sont responsables de la levée de l'impôt, réparti selon un cens qui a été dressé sous l'ordre direct d'Auguste pour Narbonne et qui est renouvelé périodiquement (normalement tous les 15 ans). Les impôts, importants et très divers (vingtième sur les héritages, taxe sur les affranchissements, sur les ventes d'esclaves, droits de douane, etc. ), demeuraient supportables et, au fil du temps, les différences entre les peuples disparurent.

Les civitates
Cependant les diverses « civitates » conservent une importance capitale. Après réduction de quelques entités trop petites, la Gaule s'organise en une soixantaine de cités aux statuts différents, la Narbonnaise en comptant une vingtaine.
Les cités les mieux traitées étaient dites « fédérées », civitates foederatae, qui conservent leur autonomie adminstrative et sont exemptes de tribu).
Les cités « libres », civitates liberae, étaient d'anciennes cités vaincues mais « pardonnées » ; elles bénéficiaient d'une exonération partielle des charges fiscales.
La plupart des autres cités étaient « stipendiaires », civitates stipendiarae : elles payaient le tribut.
Mais cette situation initiale disparut petit à petit et Tibère fut l'initiateur du nivellement des statuts en Gaule, ce qui ne se fit pas sans heurts, car les cités exemptes d'impot acceptaient difficilement d'être soumises à ces obligations.

Tableau des principales « civitates »

Les civitates au moment de la conquête
http://fr.wikipedia.org/wiki/Peuples_gaulois
Elles sont évoquées pour la plupart par Strabon, Géographie, Livre IV.

Le culte impérial
Outre l'organisation municipale et provinciale, Auguste organise le culte impérial, adhésion mystique à l'État Romain par l'image de son chef. C'est Drusus, beau-fils de l'empereur Auguste, qui organise ce culte pour les Trois Gaules. Les délégués des civitates de la Gaule sont réunis le 1er août 12 avant notre ère, jour de la fête de dieu honoré jadis à Fourvières et Drusus instaure le culte de Rome et d'Auguste qui durera trois siècles. Un autel est dressé sur les pentes de la Croix-Rousse, dans un espace « fédéral » : il ne nous en reste que l'inscription du socle ROM.ET.AVG.


 

Dion Cassius,
Histoire romaine, LIII, 15

Organisation administrative des Provinces

Suétone,
Vie de Tibère, 3, 4, 9

Tibère en Gaule

Tacite,
Annales, IV, 5

Les forces armées en Gaule

 

 

 

 

Strabon,
Géographie, IV, 3, 2

L'autel des Trois Gaules

 

 

Pour en savoir plus sur Lugdunum

 

Une cité importante :
Arles


 

L'octroi du droit de cité et l'accueil au sénat de Rome

En 48 de notre ère, l'empereur Claude, originaire de Lyon, fait accorder à certains peuples de la Gaule chevelue le droit de siéger au sénat de Rome. C'est un moment essentiel de l'intégration.

La Table claudienne
http://www.musees-gallo-romains.com/fourviere/collection/virtuelle1.html
http://jfbradu.free.fr/celtes/lyon/lyon.php3

 

Tacite,
Annales, XI, 23-25

Accueil au sénat des Éduens

 


Dernières luttes

Révoltes et conflits furent très importants au 1er siècle de notre ère. Mais ces mouvements semblent presque toujours avoir pour origine les excès du pouvoir Romain.

21 Révolte de Sacrovir et de Florus
Sous Tibère, le Trévire Florus et l'Héduen Sacrovir, un ancien soldat, soulèvent les Gaulois contre les taxes imposées par Rome. Leurs deux armées sont vaincues et leur défaite marque le déclin de la noblesse gauloise.

68 Révolte de Vindex
Un nouveau recensement, suivi de levées d'impôts supplémentaires destinées à la reconstruction de Rome après l'incendie de la ville sous Néron, poussa Vindex, un Gaulois de l'Aquitaine, à la révolte. C'était un haut fonctionnaire qui soutenait le sénat contre Néron ; sa révolte vise à changer d'empereur et à revenir à une forme antérieure de gouvernement. Les légions romaines massacrèrent l'armée gauloise à Besançon et Vindex se donna la mort.

69-70  La révolte de Civilis
L'année suivante c'est Civilis, un Germain, citoyen et officier romain qui se déclare partisan de Vespasien et attaque les armées du Rhin. Brillant soldat, il parvient à entraîner derrière lui certains peuples ; mais le conseil des Trois Gaules réuni à Reims choisit la paix romaine : la Gaule restera fidèle à l'empire.

C'est aux côtés de Civilis qu'apparaît le personnage de Velléda que Chateaubriand immortalisera dans son roman « Les Martyrs », en transformant profondément le personnage.



Tacite,
Annales, III, 43-46

Sacrovir

Tacite,
Annales, III, 40-42

Florus

Suétone,
Vie de Néron, 40

La révolte de Vindex

Dion Cassius,
Histoire romaine, LXIII, 22
-24
La révolte de Vindex

Suétone,
Vie de Galba, 9

Tractations entre Vindex et Galba

Suétone,
Vie de Galba, 11

La mort de Vindex

Tacite,
Histoires, IV, 13

Civilis et le début du conflit

Tacite,
Histoires, IV, 28-29

Les hordes barbares de Civilis

Tacite,
Histoires, IV, 61

La Velléda

En savoir plus sur Velléda dans l'œuvre de Chateaubriand

 

 

Voie romaine
Photo : B. Normand.
CRDP de Strasbourg.

 

Borne de Kauffenheim. © musée archéologique de Strasbourg.
Photo : musées de la ville de Strasbourg.

Pax Romana et le développement économique de la Gaule

Le développement des routes

Cnaeus Domitius Ahenobarbus, le fondateur de Narbonne en 118 avant notre ère, avait réaménagé la voie héracléenne qui est devenue la "Via Domitia". Elle est raccordée en Espagne sur la "Via Augusta" qui franchit les Pyrénées. Cette voie continue à être aménagée par la suite, comme en témoigne le discours de Cicéron, Pro Fonteio, dans lequel le célèbre avocat défend Fonteius, accusé d'avoir détourné quelques millions de sesterces destinés à améliorer le réseau routier.

La voie impériale de Narbonne à Carcassonne
http://voies.archeo-rome.com/voies04.html

Une fois la Gaule conquise, parallèlement à l'organisation administrative, Agrippa, le gendre d'Auguste, commence un important travail de création d'un réseau routier. Il était complété par une utilisation importante des voies navigables. Le point central est Lyon « en raison de la rencontre des fleuves » (Strabon). Une route joint Lyon à Saintes et à l'Aquitaine ; une autre conduit au Rhin et à Trèves ; une troisième mène chez les Bellovaques et les Ambiens ; une quatrième conduit à Marseille et dans la Narbonnaise.

Le tracé est souvent rectiligne, mais les itinéraires joignent des villes importantes, d'où un tracé assez complexe, dont la Table de Peutinger rend encore témoignage.

Table de Peutinger
http://fr.wikipedia.org/wiki/Table_de_Peutinger

L'empereur Claude (milieu du premier siècle de notre ère) ajoutera une route de Lyon à Bordeaux et une autre de Cologne à Boulogne-sur-mer. Plus tard, en raison du danger, on renforcera le réseau routier de la région du Rhin. La constitution du réseau secondaire se poursuivra jusqu'au milieu deuxième siècle.

Les routes sont construites et gérées en fonction de leur importance :
— les voies publiques sont entretenues par l'État : elles portent le nom de celui qui les a tracées;
— les voies vicinales sont construites par les administrations locales;
— des voies de traverses qui passent chez les particuliers sont accessibles à tous, pour autant qu'ils aient besoin de passer par ces chemins pour parvenir à leurs champs.

Les voies romaines et les bornes milliaires
http://archeolyon.araire.org/Bornemil/voiesrom.html

Bornes romaines de Rennes
http://voiesromaines35.e-monsite.com/rubrique,milliaires-de-rennes,1030826.html

Borne milliaire de Caen
http://www.ville-caen.fr/mdn/visites/pedago/Ressources/Dossiers/Gallo/gallo2.htm#1.4

Les assemblées des Gaules

Anatole de Bathélemy, « Les assemblées nationales dans les Gaules avant et après la conquête romaine »
http://www.mediterranee-antique.info/Gaule/Divers/A_Gaules.htm

Le développement des cités

L'organisation des civitates autour des cités entraîna l'important développement de ces capitales. Chacune s'embellit de monuments, notamment :
- de temples,
- de forums,
- de théâtres et d'amphithéâtres,
- de thermes,
- d'aqueducs.

 

 

Strabon,
Géographie IV, 6, 11

Le réseau routier

 

Strabon,
Géographie, IV, 1, 14

Le réseau fluvial

 

Inscription de Chardavon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les régions
de la Gaule

 

 

 

La richesse agricole

La Gaule est une région qui a toujours été considérée comme grande productrice agricole. Les Romains vont en poursuivre l'exploitation.

* Les céréales et le fourrage : les villae sont d'abord productrices de blé; les riches plaines du bassin parisien vont permettre une culture évoluée, dont témoigne la moissonneuse décrite par Pline l'Ancien et représentée dans le bas relief de Buzenol.
« Dans les vastes domaines des Gaules, une énorme caisse garnie de dents est conduite sur deux roues à travers les moissons par un bœuf qui la pousse devant lui, les épis arrachés par les dents tombant à mesure dans le coffre. »

Représentation de la moissonneuse
http://www.arbre-celtique.com/etude/02-societe/sciences/agricult/moisson2b.jpg

* L'élevage : la Gaule possède également un cheptel varié : porcs, bovins, chevaux ont une bonne renommée. Mais une partie de la nourriture carnée provient aussi de la chasse.

* Le vin : la culture de la vigne se développe pendant la période gallo-romaine : dès le premier siècle avant notre ère, un vignoble réputé se constitue à Béziers et la culture de la vigne s'étend dans les régions de Toulouse, Bordeaux, puis la vallée du Rhône avant de se poursuivre vers le Nord (le vin de Moselle est attesté au IVe siècle de notre ère).

* La Gaule cultive aussi des plantes textiles : le chanvre et le lin sont attestés dans de nombreuses régions. C'est ce qu'atteste Pline l'Ancien.

* Enfin, les forêts sont une source importante de richesses.

Les productions artisanales

Les ressources minières de la Gaule sont peu exploitées.

Par contre se développe un très important artisanat de céramique, avec des centres de production très vigoureux de poterie sigillée.
En première place, il faut citer le site de la Graufesenque chez les Rutènes. Vers le milieu du premier siècle de notre ère, ce centre de production exportera dans tout l'occident méditerranéen.
C'est ensuite le centre arverne de Lezoux qui semble avoir supplanté la Graufesenque ; puis la production se déplace en Rhénanie.

Article Wikipedia
http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9ramique_sigill%C3%A9e
Site consacré à la céramique sigillée
http://www.terra-sigillata.org/

De nombreuses villae semblent aussi avoir eu un atelier de fabrication de textiles.

Article sur l'artisanat en Lyonnaise
FERDIÈRE Alain, « La place de l’artisanat en Gaule romaine du Centre, Nord-Ouest et Centre-Ouest (province de Lyonnaise et cités d’Aquitaine septentrionale) », Revue archéologique du Centre de la France, t. 45-46, 2006-2007, mis en ligne le 08 avril 2008. http://racf.revues.org/index758.html

Le commerce

En développant le réseau routier en Gaule, Rome a favorisé le commerce. Grâce à la taxe du « Quarantième des Gaules », on est en mesure de comprendre l'importance des échanges :
- importation de métaux bruts, comme l'étain qui vient du Nord de l'Espagne ;
- importation de Bretagne du fer et du plomb ;
- importation du marbre d'Italie.
Par ailleurs quelques denrées continuent à être importées en Gaule :
- le vin italien;
- le garum, importé d'Espagne avant que les productions de la région d'Antibes et de Fréjus rendent inutile l'importation.

La Gaule exporte aussi :
- de la nourriture ( vin, volaille et une partie de ses céréales) ;
- de la céramique (Graufesenque trouvée à Pompéi ; Lezoux trouvée en Bretagne...)

- des étoffes ;
- de la métallurgie.

D'une manière générale, il semble qu'au IIIe siècle, la « balance commerciale » de la Gaule était excédentaire.
Sur l'industrie en Gaule
http://www.arbre-celtique.com/etude/02-societe/sciences/sciences.php


Strabon,
Géographie, IV, 1, 2

Richesse de la Gaule

 

 

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus
sur la vigne et le vin en Gaule

 

Pline l'Ancien,
Histoire naturelle, XIX, 2

Le lin en Gaule

 

Pour en savoir plus
sur la poterie sigillée

 

 

 

 

 

 

Martyre de Saint Pothin. Saint Pothin en prison. Vincent de Beauvais, 1463.
Partie de Miroir historial. Paris, folio 387. Jean de Vignay, traducteur. MaÓtre FranÁois, enlumineur.
Source : Bnf

Le 2e siècle : quelques événements marquants

Pax romana

Entre 70 et 250, la Gaule est, globalement, en paix. Elle est cependant le terrain de bataille entre Septime-Sévère et Clodius Albinus lors des affrontements qui précèdent l'arrivée au pouvoir des Sévère. En effet Albinus, qui avait été fait César en 193, est déclaré ennemi public en 195. Il quitte alors la Bretagne et s'installe à Lyon : c'est dans cette ville qu'aura lieu l'affrontement final, en 197. La ville aura beaucoup à souffrir de la guerre.

Mais, globalement, cette période est celle de la prospérité pour ce pays riche qui est désormais traversé par de nombreuses routes qui favorisent le commerce.
À la campagne se développent de vastes villas ; mais leurs propriétaires séjournent le plus souvent en ville, car les cités qui s'ornent souvent de thermes et de théâtres, offrent plus d'agréments. On trouve ainsi des thermes à Trèves, à Metz, à Paris (les thermes de Cluny datent de la fin du IIe siècle). La Gaule construit aussi de nombreux théâtres : Autun (148 mètres / 33 000 spectateurs), Orange, Lyon, ainsi que des amphithéâtres (Arles et Nîmes notamment, mais aussi Autun, Poitiers, Saintes, Bordeaux, etc.)

La culture n'est pas oubliée et la Gaule connaît un large développement de ses écoles supérieures : Marseille, Autun (avant le sac de la ville en 269), puis Trèves, Bordeaux, Toulouse, Limoges et bien d'autres cités sont des foyers de culture.

Le christianisme en Gaule

En 177, le martyre des chrétiens de Gaule, et notamment de sainte Blandine, à Lyon, nous montrent que cette religion s'était déjà largement répandue. Lors de ces persécutions furent tués Pothin, le premier évèque des Gaules, ainsi que ses compagnons originaires d'Asie.
Cette persécution sera suivie par d'autres au IIIe siècle, ce qui n'empêchera pas la communauté de se développer : à la fin du siècle, on recense 25 évêchés. Plus tard encore, lors du règne de Constantin, il y en aura une centaine.



 

 

 

 

 

 

 

Eusèbe de Césarée,
Histoire ecclésiastique, V

Les Martyrs de Lyon

Ernest Renan,
Marc Aurèle ou la fin du monde antique
Les Martyrs de Lyon

Chateaubriand,
Études historiques

Le martyre de Blandine







Vue aérienne de la reconstitution virtuelle de la villa d’Echternach (pars urbana) à l’origine,
Ier siècle avant notre ère.
Commande du service des Sites et monuments nationaux du Luxembourg. © Didier Bur

 

L'habitat en Gaule

À la campagne, villae et vici

L'exploitation agricole de la Gaule s'est organisée autour des villae, domaines de 100 à 250 hectares, auxquels sont comparables les fundi, grands domaines de l'aristocratie gauloise. Au centre, on trouve la villa, maison d'habitation du maître autour de laquelle sont placés les différents bâtiments nécessaires à l'exploitation. Les Romains ont donc développé un système qui, venu d'Italie, s'est répandu d'abord dans la Provincia avant de gagner toutes les régions de la Gaule où ce type de culture était possible.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Villa_rustica

Reconstitution d'une villa
http://www.etab.ac-caen.fr/lescourtils/villa_romaine.htm

Quelques exemples remarquables :
Loupian

http://www.loupian.fr/Villa_Gallo-Romaine.htm
Montmaurin
http://www.visitorama.com/ppi/31/montmaurin.htm

Ce type d'habitat n'est pas le seul : on trouve aussi en Gaule des vici ou villages. Souvent subordonnés à une villa, ils ne semblent avoir été indépendants que lorsqu'il n'y avait pas de villa proche.

L'habitat urbain

Il semble avoir été assez différent selon les régions.
Dans la Provincia, on trouve la maison transalpine à péristyle ou à atrium bien adaptée au climat. Plus au Nord, on trouve des maisons avec des toits à forte pente, cave et système de chauffage perfectionné.
Les maisons sont disposées dans un quadrillage de rues qui rappelle le camp romain ; le decumanus est orienté est-ouest et se croise avec le cardo, nord-sud. Ce plan est perceptible à Lutèce. Mais dans bien des villes les particularités topographiques sont venues troubler le bel ordonnancement des villes.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Villa_suburbaine

Quelques exemples remarquables :
Saint-Bertrand de Comminges

http://pedagogie.ac-toulouse.fr/histgeo/monog/comminge/sommaire.htm
Vienne antique
http://www.culture.gouv.fr/fr/arcnat/vienne/fr/index1.html
notamment, la maison
http://www.culture.gouv.fr/fr/arcnat/vienne/fr/fmaisondyn.htm
Lutèce
http://www.paris.culture.fr/

 

 

La vie culturelle et artistique

Les écoles en Gaule et les auteurs d'origine gauloise
Plusieurs documents iconographiques témoignent du développement des écoles en Gaule, notamment :
- le bas-relief du musée de Trèves
http://www.ac-grenoble.fr/lycee/diois/Latin/archives/ico/enfant%20romain/web/thumb.html
- une scène conservée au musée de Narbonne (Espérandieu n° 619)
- un bas-relief du musée luxembourgeois d'Arlon (Belgique) qui montre un maître, la férule sur l'épaule, accompagné d'un écolier.
L'enfant reçoit à l'école primaire un enseignement en grec et en latin, mais le grec semble alors en perte de vitesse.
De nombreuses autres stèles funéraires montrent l'enfant avec son matériel d'écolier : tablettes et étuis à stylets.

Après douze ans, rares sont les enfants qui poursuivent leurs études secondaires. Mais il était essentiel pour ceux qui visaient une charge publique d'être de bons orateurs. Ils suivaient alors des études de rhétorique. Marseille eut la première des écoles supérieures réputées ; puis les écoles d'Autun acquirent un grand renom. Au IIIe siècle, le plus célèbre professeur d'Autun, Eumène, fut le secrétaire de l'empereur Constance Chlore. Trèves aussi posséda de grandes écoles, ainsi que Bordeaux, comme en atteste Ausone.

La médecine gauloise
Le nombre important des sanctuaires dédiés aux dieux bienfaiteurs des « eaux » s'accompagnait de pratiques médicales. L'iconographie fournit une riche documentation. On a retrouvé également un nombre important de cachets d'oculistes et de fournisseurs en plantes médicinales.

http://elearning.unifr.ch/antiquitas/notices_images.php?id=43
http://www.ac-grenoble.fr/lycee/diois/Latin/archives/ico/medecine%20greco-romaine/thumb.html

Les spectacles en Gaule
La Gaule devenue romaine s'est couverte de théâtres (ou amphithéâtres): pas de grande cité sans cet édifice.
On trouvera une liste non exhaustive sur le site
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_monuments_romains

 

 









Pour en savoir plus
sur les auteurs
d'origine gauloise

 

Pour en savoir plus
sur la médecine
en Gaule

 

 

De la crise du IIIe siècle aux invasions

212 Édit de Caracalla

250 Persécutions des chrétiens sous l'empereur Dèce.
En décembre 249, l'empereur ordonne ainsi à tous les sujets de l'empire d'offrir un sacrifice solennel aux dieux. Un grand nombre de chrétiens renient la religion chrétienne et sacrifient aux dieux. D'autres se maintiennent dans la foi : le pape Fabien (236-250) est tué, Origène est supplicié (250) mais survit. La persécution ne fut pas trop systématique en Gaule, et, la crise passée, ceux qui avaient sacrifié aux dieux païens demandèrent à être réintégrés dans l'église.

En 260, Posthumus, général de l'empereur Gallien, est nommé empereur des Gaules à Cologne. L'empereur de Rome ne réagit pas et laissa le nouvel empereur consolider la ligne de défense contre les barbares. Il tenta d'unir la Gaule autour de l'idée du salut commun, mais fut assassiné par ses troupes en 269 : il avait refusé de leur livrer la ville de Mayence à piller. Les années qui suivirent furent celles de l'anarchie en Gaule. En 269, par exemple, la ville d'Autun est dévastée, et ne doit qu'à l'empereur de pouvoir renaître.Victorinus que Posthumus avait désigné comme successeur est assassiné en 271 et son successeur Tétricus se rallia à Rome qui avait un nouvel empereur, Aurélien.

À la mort d'Aurélien, les Barbares envahissent la Gaule. Pillages, occupations, déplacements de population sont désormais le lot des Gaulois. Autun, déjà touchée par les guerres civiles, doit réduire sa muraille de 6 km à 1,3 km. Sa superficie passe de 200 ha à 10 ha. Ce fut le cas le plus désastreux.
À la fin du siècle sévissent aussi les Bagaudes. L'ordre fut rétabli par César Maximien vers 286. Vers la fin du siècle, Constance, César chargé de la Gaule, parvient à éviter une invasion. Les règnes de Dioclétien et de Constantin furent une période de redressement économique et de paix intérieure ; les Alamans et les Francs furent contenus hors des frontières.

En 355, Julien est nommé César à Milan ; il réussit à s'imposer militairement face aux envahisseurs, et, à la mort de Constance II, en 360, il est proclamé empereur à Lutèce. Ammien Marcellin a longuement rapporté les exploits de Julien en Gaule (Ammien Marcellin, Histoire romaine, livres XIV et suivants). C'est à Paris que Julien prend la tête de l'empire (Ammien Marcellin, Histoire romaine, livre XX)
Après sa mort, en 363, ses successeurs tentèrent à nouveau de rétablir les lignes de défense de la Gaule, mais la montée en puissance des généraux barbares est alors inéluctable.
On possède pour cette période un recueil remarquable de Panégyriques, qui sont une source tout à fait intéressante pour comprendre l'organisation de la Gaule au IVe siècle de notre ère. En effet, en dehors du Panégyrique de Trajan qui ouvre le recueil, il s'agit d'un recueil de discours datant d'avril 289 à septembre 389.

En 410, Vandales, Alains et Suèves passent le Rhin gelé.
Rome est pillée en 410
. La Gaule est entièrement envahie. Pendant tout le siècle, les peuples Goths, Burgondes, Wisigoths, Vandales s'installent sur le territoire de la Gaule, tantôt cherchant à établir des royaumes, tantôt affrontant les Romains, tantôt acceptant une alliance. On trouve chez l'auteur Orose dans son Histoire contre les Paiens de nombreux récits qui concernent cette époque.


À la fin du siècle, vers 490-496, le baptême de Clovis marque la naissance d'un nouveau royaume.

     
 

Références et sites

La Gaule romaine d'après les auteurs antiques, reproduction d'un ouvrage pubié en 1884, Editions Errance, 2003.
COULON G., Les Voies romaines en Gaule, Éditions Errance, 2007
FERDIÈRE A., Les Campagnes en Gaule romaine. T. 1. Les hommes et l'environnement en Gaule rurale. T. 2. Les techniques de production en Gaule rurale, Éditions Errance, 1988.
GROS P., La Gaule narbonnaise, de la conquête romaine au IIIe siècle ap. J.-C., Picard, 2008.
LEURAT L., La Gaule romaine, 249 textes traduits du grec et du latin, Éditions Errance, 1977.

Panégyriques latins, texte établi et traduit par E. Galletier, 3 tomes, Les Belles Lettres, 1949.

Généralités sur les voies romaines
http://via-aurelia.net/Site%20aurelia/trajet.htm

Représentation d'une borne milliaire avec transcription
http://fr.wikipedia.org/wiki/Voie_romaine
http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Roman_milestone_St_Margarethen_Austria_201_aC.jpg

Le sanctuaire des Trois Gaules
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sanctuaire_f%C3%A9d%C3%A9ral_des_trois_Gaules

Lugdunum
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lugdunum

Drusus
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nero_Claudius_Drusus

Sidone Apollinaire et la civilisation gallo-romaine au Ve siècle
http://remacle.org/bloodwolf/historiens/sidoine/intro.htm

Sur l'industrie en Gaule
http://www.arbre-celtique.com/etude/02-societe/sciences/sciences.php

Sur la médecine gauloise
PELLETIER A. (dir.), La médecine en Gaule, Villes d'eaux, sanctuaires des eaux, Picard, 1985.
DEYTS, S., Les Ex-voto de guérison en Gaule, dossiers d'archeologie n° 128, 1988.
GOUREVITCH D., Médecine et archéologie à Reims
http://www.bium.univ-paris5.fr/sfhad/vol10/article05.htm
MOITRIEUX G., Hercules salutaris, Hercule au sanctuaire de Deneuvre, Presses Universitaires de Nancy, 1992.
SALLES C. Les Cachets d'oculistes : des ordonnances sur la pierre, dossiers d'archeologie n° 128, 1988.
VOINOT J., Les Cachets d'oculistes gaulois
http://www.snof.org/histoire/cachets.html

Sur les Invasions, on peut lire
OROSE P., Histoire contre les païens, Les Belles Lettres, 2 vol., 1991.