Vous êtes dans un espace d'archives.   Découvrez le nouveau site Musagora !

-

 LES GAULOIS
Dossier
Présentation générale - Les Gaulois avant la conquête romaineAspects de la culture gauloise - La conquête romaine - Les Gallo-Romains - Les régions de la Gaule - Arts celtes et gaulois - Textes anciens - Textes modernes - Références et liens - Petit index des noms
Études
À la découverte des dieux gaulois - La vigne et le vin en Gaule - Héraclès en Gaule - La femme celte -

sommaire du site

 

Les Gaulois avant la conquête romaine

       

 

Ce qu'en disaient les Anciens...

De nombreux auteurs nous rapportent l'opinion qu'avaient les Anciens sur l'origine du peuple Celte. Leurs idées sont souvent assez fantaisistes.

 

Ammien Marcellin,
Histoire romaine, XV, 9, 2
-7
Le nom des Celtes et les diverses origines

Néolithique, IIe moitié IIIe millénaire.
Saint-Germain-en-Laye, musée d’archéologie nationale. © RMN / Hervé Lewandowski.

Peuplement de la Gaule avant l'arrivée des Celtes

Quels peuples habitaient le pays que l'on appelle la Gaule avant l'arrivée des Celtes ?
Nous ne le savons d'abord que par les œuvres qu'ils nous ont laissées : menhirs, cromlech, dolmen et statues menhirs, entre le IVe et IIe millénaire.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Menhir
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dolmen
http://fr.wikipedia.org/wiki/Statue-menhir
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cromlech

La civilisation de Hallstatt (850-450 av. notre ère)

Entre le IXe et le VIIIe siècle apparaît en Europe la métallurgie du fer qui succède à l'âge de bronze. Ce changement important donne naissance à ce qu'on appelle la civilisation de Hallstatt (nom d'une bourgade autrichienne où l'on a découvert une nécropole d'une grande richesse).
Apparaissent en Europe de nombreux sites fortifiés, entourés de villages.
Le site archéologique de cette époque le plus remarquable en France est la
nécropole de Vix. La présence d'objets d'origine grecque atteste des échanges commerciaux importants qui eurent lieu à cette époque entre les Princes de la Gaule, l'Étrurie et la Grèce.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_de_Hallstatt
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tombe_de_Vix

Trésor de Vix
http://www.tresordevix.org/accueil.html




 

Une enclave grecque : Marseille

En 597 av. notre ère, les Phocéens s'installent à Marseille. Ce sont des Ioniens qui conserveront leur propre culture mais auront une influence non négligeable sur les Gaulois qui les entourent. Ils pratiquent en effet le commerce dans toute la Méditerranée et, pour développer leur activité, ils créent de nombreux ports. Ils sont aussi les importateurs de la culture de la vigne qui deviendra si importante dans le Sud de la Gaule.

Amis des Romains pendant une très longue période, les Marseillais perdront leur indépendance lors des guerres civiles de la fin du premier siècle avant notre ère, quand ils prendront le parti de Pompée contre César.


Pour en savoir plus
sur Marseille antique

L'expansion celte
Cartographie Cndp 2010.

flèche_retourLes Celtes en Gaule

La Tène (à partir de 500 av. notre ère)

On nomme ainsi (du nom d'un bourg suisse qui a été l'objet de découvertes archéologiques importantes) le second âge de fer. Les forteresses princières sont abandonnées au profit d'une multitude de fermes fortifiées. On en a trouvé plusieurs centaines au nord-est du bassin parisien.

L'arrivée des Celtes

C'est au cours du IVe siècle — et donc pendant l'âge de la Tène — que les migrations de Celtes s'intensifient en Gaule. On pense en effet aujourd'hui que cette arrivée des Celtes en Gaule n'a pas été brutale : des groupes, venus d'au-delà du Rhin se sont petit à petit implantés sur le territoire de la Gaule, faisant évoluer les peuples d'origine. Cette transformation importante a pour effet la création de la Gaule telle qu'elle sera présentée par Jules César.
Celtes ou Gaulois, les deux termes sont équivalents si l'on en croit Jules César qui précise en effet, dans la Guerre des Gaules que ceux que les Romains appellent Gaulois s'appellent « Celtes » dans leur propre langue. Chez les auteurs grecs, on désignait les Gaulois par deux termes :
Γάλλος et Γαλάτης qui a donné en français : galate.

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_T%C3%A8ne
http://fr.wikipedia.org/wiki/Celtes

Au cours de cette expansion, les Celtes peuplent une partie de l'Europe ; ils entrent aussi en contact avec des civilisations et s'affrontent souvent avec elles.
.


Hérodote
,
Histoires II, 33

Les Celtes



fleche_retourRésumé des relations entre les Romains et les Gaulois



Anquetil,
Histoire de France
, 1845
tome 1
(extrait)
 

L'établissement des Gaulois en Italie
(600 avant notre ère ?)

Tite-Live rapporte une tradition qui fait remonter les premières invasions gauloises en Italie à l'époque de Tarquin l'Ancien, c'est à dire aux environ de 600 av. notre ère. Cette tradition a été très contestée, car on a pensé que les Gaulois n'avaient dû s'établir que vers 400 av. notre ère. Il semble pourtant qu'avant la fameuse invasion de 390, des Celtes s'étaient déjà installés au Nord de l'Italie.


Tite-Live,
Histoire romaine, V, 34

Les Gaulois en Italie

 

 

 

 

Plutarque,
Camille XV

Les Gaulois et l'amour du vin

Plutarque,
Camille XVI

La cause de la guerre

Guerres entre les Celtes et les Romains

Les luttes entre les Celtes et les Romains sont souvent évoquées par les Historiens de l'Antiquité. Quelques dates s'imposent à eux, et nous fournissent un plan de travail.
Appien insiste sur les combats incessants que les Romains durent mener pour contenir les Gaulois, avant de les vaincre ; Polybe rappelle les épisodes les plus connus :
l'invasion de Rome en 390 : la bataille de l'Allia ainsi que la prise de Rome laisseront un souvenir durable aux Romains;
— la seconde vague de 358-354;
la bataille de Delphes en 279;
— la conquête du Nord de l'Italie.


Appien,
Celtica, I, 1

Les combats des Celtes et des Romains

Polybe,
Histoires, I, 6

Les luttes entre Celtes et Romains

Tite-Live,
Histoire romaine, V, 33

Traditions diverses concernant l'arrivée des Gaulois en Italie.


Plutarque,
Camille, XVIII

La défaite de l'Allia

Plutarque,
Camille, XXII

Le massacre des vieillards

Plutarque,
Camille, XXVII

Les oies du Capitole
Manlius Capitolinus

Invasion de l'Italie par les Celtes :
prise de Milan (396 av.)
et prise de Rome (390-388 av.)

C'est donc au tout début du IVe siècle que les Romains entrent en contact avec les Gaulois. A priori, les Romains étaient protégés par les Étrusques qui se trouvaient pour leur part directement en contact avec les tribus celtes qui avaient franchi les Alpes. Mais la demande d'aide des habitants de Clusium, selon Tite-Live, repris par Plutarque, fit intervenir les Romains.

Les Gaulois de Brennus battent les Étrusques près de Clusium, puis les Romains sur les bords d'un affluent du Tibre, l'Allia. Ils s'installent ensuite sur le forum, mettent Rome à sac, mais ne peuvent pas semparer du Capitole défendu par Manlius. Ils quittent la ville contre la promesse d'une rançon.

La rançon, considérée comme une humiliation terrible, n'est cependant pas payée par les Romains. En effet, l'arrivée providentielle de Camille interrompt les opérations de collecte : les Gaulois sont repoussés hors des frontières de la cité.



Tite-Live,
Histoire romaine, V, 35-36

L'invasion de 390

Tite-Live,
Histoire romaine, V, 38

La défaite de l'Allia

Tite-Live,
Histoire romaine, V, 39
et suivants
La prise de Rome

Tite-Live,
Histoire romaine, V, 47

Libération contre une rançon

Eutrope,
Breviarium, I, 20

La prise de Rome

Plutarque,
Camille, XL (LIII)

Amélioration de l'armement romain par Camille

Plutarque,
Camille
, XLI
Victoire de l'Anio

Les autres invasions gauloises au IVe siècle

La seconde attaque gauloise intervient entre 358 et 354 ; elle est marquée par la prise de Felsina, ville d'origine étrusque, à laquelle les Boïens — une importante tribu gauloise —- donnent le nom de Bononia. Ce peuple gaulois restera l'un des plus dangereux pour les Romains avec qui ils demeurent en lutte jusqu'en 191 av. notre ère.
De nouveau dictateur malgré son grand âge, Camille mène sa dernière action militaire : il extermine, à Albanum, des Gaulois qui avaient de nouveau envahi l'Italie.

En 347-343 une attaque est arrêtée par le dictateur L. Furius.

Enfin, trente ans plus tard, une nouvelle attaque se termine par la paix de trente ans conclue avec les gaulois Sénons. (332-329)

Tite-Live,
Histoire romaine, VI, 42

Titus Manlius Torquatus sur l'Anio

 

Carte du Nord de l'Italie,
Atlas Carrez (1886).



La résistance romaine et l'annexion du Nord de l'Italie (290-225 av. notre ère)

Les Romains eurent donc longtemps à lutter contre les Gaulois qui parcouraient l'Italie.
Polybe
, au Livre II de son Histoire rapporte en détail les événements, analyse les causes et précise les conséquences. Quelques extraits permettent de comprendre combien le « danger Gaulois » resta présent au cours du IIIe s.
En 290, les Gaulois Sénons attaquent Arretium. Après les avoir repoussés, les Romains établissent une colonie à Sena Gallica en 283 ; puis une autre à Ariminum en 268 : une partie importante de l'Ager Gallicus est alors annexée. 60 000 citoyens pauvres sont envoyés et reçoivent des terres.
En 225, eut lieu le dernier tumultus Gallicus. Après leur victoire, les Romains créent Crémone et Plaisance, puis construisent en 220 la via Flaminia, reliant Rome à Ariminum.
Cela n'empêche pas les conflits de se rallumer de temps en temps. Le récit de l'embuscade tendue par les Boïens en 216 est célèbre. Tite-Live rapporte plusieurs épisodes de cette lutte, ainsi que les circonstances de la victoire des Romains sur les Boïens en 193 et la conquête de Bononia en 191 av. notre ère.
En 187, on construit la via Aemilia.

C'est en 81 qu'est créée la province de la Gaule cisalpine, alors administrée par un propréteur. Elle est annexée à l'Italie en 42-41 av. notre ère.


Polybe,
Histoires, II, 2, 19

Fondation de Sena en 283

Polybe,
Histoires, II, 2, 21

Les causes de la dernière attaque gauloise en 225

Polybe,
Histoires, II, 30-31

La défaite des Gaulois en 225

Tite-Live,
Histoire romaine, XXIII, 24

Une embuscade gauloise en 214

 

 

Le Suicide de Brennos
Vincent de Beauvais, 1463.
Partie de Miroir historial, Paris, Folio 146.
 Jean de Vignay, traducteur.
Maître François, enlumineur.
Source : Bnf

 

Les Celtes à l'assaut de Delphes en 279 avant notre ère

En 279, des tribus gauloises envahissent la Thrace et la Macédoine. Le celte Bolgios bat l'armée de Ptolémée Ceraunos, puis elle poursuit sa route. Une partie de son armée envahit alors la Grèce.

L'un des événements qui eut le plus de retentissement au IIIe s. fut l'attaque menée par les Celtes contre Delphes. Les circonstances de cette attaque nous sont décrites avec précision tant par Pausanias que par Trogue Pompée. On lira avec intérêt le texte de Polyen qui atteste que les femmes gauloises avaient le droit d'assister aux assemblées. La défaite des Celtes devant Delphes attestait pour les Anciens la puissance des divinités.

Cependant, d'autres sanctuaires n'eurent pas la chance de Delphes. En effet, les Celtes avaient poursuivi leur route vers la région de Troie ; ils saccagèrent Éphèse, Milet ; le temple d'Artémis et d'Apollon de Didymes fut mis à sac en 277-276...

C'est le début d'une longue migration qui conduira les Celtes à fonder un état au centre de la Turquie actuelle : c'est la Galatie.

 

Pausanias,
Le Tour de Grèce, 10, 22

Les pires des Barbares

Diodore de Sicile,
Bibliothèque historique,
XXII, 3

Assassinat de Ptolémée Ceraunus

Justin,
Abrégé de l'Histoire de Trogue-Pompée
, XXIV
Brennus à l'assaut de Delphes

Polyen,
Stratagèmes, 7, 35

Une ruse de Brennus

Pausanias,
Le Tour de Grèce, X, 23

Les Gaulois à l'assaut de Delphes

Diodore de Sicile,
Bibliothèque historique XXII, 13

Prise de Delphes

En savoir plus
sur les Galates

 

Les Gaulois face à Pyrrhus (272 av. notre ère)

En 282, les Romains entrent en conflit avec la grande ville grecque du Sud de l'Italie, Tarente. Les habitants de cette ville demandent de l'aide au roi d'Épire Pyrrhus qui vient combattre les Romains en Italie, et en Sicile. Lorsque Pyrrhus battu à Bénévent quitte l'Italie (275 av. notre ère) après avoir échoué dans son expédition contre les Romains, il se lance à l'assaut du royaume de Macédoine d'Antigone Gonatas. Or celui-ci est soutenu par une armée de Gaulois que Pyrrhus doit affronter et dont il est vainqueur en 272.
Cette victoire a été célébrée dans l'Antiquité, tant était grande la peur que les Gaulois avaient inspirée auparavant. Quant à Pyrrhus, il pouvait ainsi effacer l'échec subi face aux Romains.

 


Pausanias,
Le Tour de Grèce, I, 13, 2-4

Victoire sur les Gaulois

Plutarque,
Pyrrhus, 26, 3-10

Victoire sur les Gaulois

Anthologie, VI, 130
Les boucliers gaulois

 

Les Gaulois face à Hannibal (216 av. notre ère)

L'un des épisodes qui explique le mieux le désir des Romains de s'emparer du Sud de la Gaule réside sans aucun doute dans l'attitude que les Gaulois ont adoptée au moment de l'invasion de l'Italie par Hannibal, lors de la seconde guerre punique. Après avoir pris Sagonte en 219, le général carthaginois s'élance vers Rome en traversant les Pyrénées, puis les Alpes. Il traverse alors des territoires gaulois et les Romains demandent aux Gaulois de faire barrage à l'envahisseur.
Les faits sont complexes, parce que les diverses tribus n'ont pas agi de façon semblable envers les Romains. Mais, de toute façon, lorsqu'on parcourt les divers extraits de l'œuvre de Tite-Live, on s'aperçoit que l'écrivain estime qu'on ne pouvait se fier aux habitants de la Gaule — en dehors de Marseille, bien entendu.
Une première demande d'assistance est repoussée sans ménagements ; Hannibal sait se montrer plus habile et il obtient la neutralité des tribus des régions qu'il traverse ; et lorsque certaines tribus gauloises accepteront d'être utilisées comme troupes auxiliaires par les Romains, jamais les conquérants ne seront assurés de la fidélité de ces troupes. De tels « alliés » sont donc plus dangereux encore que des ennemis déclarés !
Tite-Live rapporte d'ailleurs que tantôt les Romains (XXI, 25, 6), tantôt Hannibal, comme au passage du Rhône (XXI, 28, 1) eurent à souffrir des Gaulois — mais ce ne furent que des escarmouches sans importance.
Tite-Live ne manque pas cependant de montrer qu'Hannibal rappelle les exploits de Brennus pour encourager ses propres troupes. Il souligne aussi l'amitié qu'il noue avec le peuple des Allobroges (XXI, 30, 5 et suivants) — Gaulois qui habitaient dans ce qui deviendra plus tard la Savoie —, tout en rappelant que les montagnards des Alpes ont tendu des embuscades aux Carthaginois (XXI, 34, 6)...
En somme, l'expérience des Romains et celle d'Hannibal montrent qu'à terme les Romains devront nécessairement « pacifier » ces peuples pour ne plus avoir à craindre de mauvaises surprises.

Polybe, dans son Histoire, présente quelque peu différemment les faits. Il évoque cependant la révolte des Boïens de Cisalpine, et leur désertion à l'arrivée d'Hannibal.



Tite-Live,
Histoire romaine, XXI, 20

Le refus des Gaulois

Tite-Live,
Histoire romaine, XXI,24

Habileté d'Hannibal

Tite-Live,
Histoire romaine, XXI, 28

Les Gaulois face à Hannibal

Polybe,
Histoires, III, 40-41

Les Boïens se révoltent en tentant de profiter de l'invasion de l'Italie par Hannibal

Polybe,
Histoires, III, 67

Trahison des Gaulois

 

La politique marseillaise

Tite-Live souligne que seuls les Marseillais furent de quelque secours aux Romains contre Hannibal. L'amitié entre les Romains et Marseille est une donnée historique sûre. En effet, Marseille avait pris des territoires aux Ligures et les Gaulois arrivés par la suite firent souvent alliance avec ces peuples pour tenter de limiter la puissance de Marseille.
Cette amitié entre Rome et Marseille durera jusqu'à la guerre civile : c'est alors que la cité qui a embrassé le parti de Pompée sera assiégée par César et perdra son indépendance.

 

Tite-Live,
Histoire romaine XXI, 20

L'aide des Marseillais

Justin,
Abrégé
, XLIII
Comment Marseille devint l'amie de Rome

Pour en savoir plus
sur les rapports
entre Rome et Marseille



Les « oppida » gaulois

Il faut rappeler cependant que les Gaulois à cette époque avaient construit des « oppida ». On appelle « oppidum » une hauteur fortifiée ; le plus souvent elle est construite sur un site naturellement protégé comme une colline, un méandre de rivière ou un éperon rocheux ; il est entouré de remparts en terre, pierre et bois (murus gallicus).

 

 

Bibliographie complémentaire

GOUDINEAU C., Regards sur la Gaule, coll. « Babel », Actes Sud, 2007.
KRUTA V., Les Boïens de Cispadane : essai de paléoethnographie celtique, Études Celtiques, n° 17, 1980.