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Le colosse de Rhodes

 

 

Iconographie antique et moderne

Le colosse aux jambes écartées

Une tradition iconographique engendrée par le texte du XIVe siècle
Gravures et peintures
Cette représentation du colosse les jambes écartées qui n'est issue d'aucune source littéraire ou archéologique antiques trouve son origine dans une tradition rapportée par un pélerin italien de la fin du XIVe siècle, Martoni.
La représentation du colosse inspire auteurs et créateurs de toute l'Europe :
Le peintre hollandais, Maarten van Heemskerck publie des gravures des sept merveilles du monde en 1572 : pour le colosse, il reprend les données du texte de Martoni. Le vêtement n'a rien d'antique. L'absence de rayons autour de la tête et la présence du carquois font davantage penser à Apollon qu'à Hélios.


Marten van Heemskerck (1498-1574)
image Wikipedia

– Gravure à l'encre : il s'agit de la même scène non colorisée.
– Gravure à l'encre de 1570 dans laquelle il est possible de zoomer, image du Courtauld Institute of Art à Londres. On notera que la scène est inversée par rapport à l'image ci-dessus.
– Tableau de 1535 : l'enlèvement d'Hélène dans un décor avec les sept merveilles du monde. Image du Walters Art Museum à Baltimore. Cliquer sur l'image pour l'agrandir et retrouver le colosse de Rhodes.

L'Histoire de la reine Artémise : L'Attaque surprise ou le Colosse de Rhodes, Antoine Caron
Plume et encre brune, lavis avec rehauts de blanc sur pierre noire, 440 x 550 millimètres. De 1563 à 1570 environ.

L'explorateur et écrivain français, André Thevet dans La Cosmographie Universelle en 1575 représente à son tour le colosse jambes écartées, mais celui-ci brandit une épée dans sa main droite et la hampe de sa lance prend appui sur l'un des côtés de la jetée. Il porte autour du cou une sorte de grand médaillon, comme un miroir. La chevelure plus hirsute semble préfigurer les rayons que les représentations postérieures vont emprunter aux représentations antiques du dieu Hélios. La représentation du glaive est probablement issue de la mosaïque du phare d'Alexandrie (statue au-dessus du phare d'Alexandrie, mosaïque byzantine en Cyrénaïque, Lybie).

Louis de Caullery, peintre flamand du début du XVIIe siècle (vers 1580 – vers1622) s'est inspiré de la gravure de van Heemskerck. La toile se trouve au musée du Louvre.

Hélios apparaît, tête auréolée de rayons, dans The Seven Wonders of the World Colossus Solis. Il s'agit d'une copie faite par Crispijn de Passe d'après Maarten de Vos.
Gravure, hauteur : 225 millimètres, largeur: 260 millimètres, école flamande, 1614 environ

Colosse tête auréolée enjambant le port de Rhodes, British museum
© The Trustees of the British Museum

Le jésuite allemand, Athanasius Kirchner dans Turris Babel retravaille en 1679 la représentation de Maarten van Heemskerck avec un colosse nu aux jambes plus tendues, tenant un flambeau dans la main gauche et un sceptre dans la main droite. La tête d'Hélios est auréolée de rayons.

L'architecte et sculpteur autrichien, Fischer von Erlach , dans son traité historique de l'architecture en 1721, Historischen Architektur, interprète à partir des gravures de ses prédécesseurs : le colosse, au vêtement fort peu antique, se tient bien droit sur ses jambes écartées à l'entrée du port ; il porte, bras tendu, dans sa main droite une vasque allumée, et tient une flèche dans sa main gauche. On aperçoit son carquois comme chez Heemskerck, mais la tête est couronnée de rayons. Comme l'indiquent les légendes au bas du document, l'architecte autrichien a lu les textes de Pline et Strabon.

Le militaire et archéologue belge Bernard Eugène Antoine Rottiers étudie au début du XIXe siècle les vestiges de Rhodes, et P.-J. Witdœck dessine le colosse en 1826 d'après son essai de reconstruction. Cette image est celle qu'on retrouve aujourd'hui encore sur bon nombre d'objets touristiques vendus à Rhodes. Le colosse, nu, tient dans sa main droite la vasque allumée au-dessus de sa tête auréolée de rayons, il porte un carquois et repose sa main gauche sur la cuisse.

Illustration du chapitre sur les monuments magiques dans Dogme et rituel de la haute magie d'Éliphas Lévi en 1856

Arbre de vie de Séphirot avec les sept merveilles du monde
image Gutenberg.org

Les sept merveilles du monde sont inscrites dans l'arbre de vie associées aux sept métaux et aux sept planètes astrologiques. Le colosse est représenté nu les jambes écartées de part et d'autre de l'entrée du port, tenant une flèche dans la main droite et une vasque allumée dans la main gauche.

Timbre grec

Timbre hongrois


source image

Cinéma
Sergio Leone réalise en 1961 Le colosse de Rhodes dont l'affiche reprend les données du texte de Martoni. Mais on remarquera la position des mains et de la vasque. La tête n'est pas auréolée de rayons et Hélios a perdu son carquois.
La lecture du synopsis de ce peplum permet de mesurer la licence du réalisateur par rapport au contexte historique.

La tradition issue du texte du XIVe siècle est, on le voit, très tenace. Pourtant, dès la fin du XIXe siècle, les progrès de l'archéologie et les calculs des scientifiques permettaient de proposer d'autres hypothèses sur la position du colosse.

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