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Le colosse de Rhodes

 

 

Lysippe

Un bronzier hors pair
Lysippe est un artiste du IVe siècle avant J.-C. spécialisé dans les sculptures en bronze. Il était originaire de Sicyone au nord du Péloponnèse.
Durant la deuxième moitié du IVe, il réalisa un nombre impressionnant de statues, 1 500 d'après Pline. Malheureusement il ne nous reste aucune œuvre originale car les grands bronzes ont été pour la plupart détruits. Seules nous restent des copies de marbre de l'époque romaine.
Lysippe donne de nouvelles proportions à la représentation du corps humain, ce qui fonde les caractéristiques de l'art hellénistique. Depuis Polyclète, le rapport entre la taille du corps et de la tête était de 1/7, Il devient de 1/8 : les têtes sont donc plus petites et les corps paraissent plus élancés. Lysippe est aussi célébre pour le mouvement qui anime ses sculptures, à ce titre, l'Apoxyomène dont le bras droit est tendu vers le spectateur alors que le gauche est replié vers la poitrine est un exemple caractéristique.
Lysippe fut aussi le sculpteur attitré d'Alexandre. Voir l'un de ses portraits au Louvre.

Une statue colossale de Zeus et un quadrige d'Hélios
Pour leur relation avec Rhodes, ces deux œuvres sont particulièrement intéressantes.
D'après Pline, il réalise une sculpture colossale de Zeus de quarante coudées, soit près de dix-huit mètres à Tarente. Cette œuvre pouvait résister à toutes les tempêtes, on disait que Lysippe l'avait protégée en faisant construire non loin une colonne propre à casser les assauts du vent mais il avait dû inventer aussi la structure métallique que réutilisera son élève Charès à Rhodes.

Quant au quadrige d'Hélios, on ne sait s'il se trouvait sur le pilier de l'acropole de Rhodes ou sur celui qui se dressait devant le temple d'Apollon à Delphes. Pline rapporte en effet que cette sculpture de bronze à la fin du IVe siècle l'a couvert de gloire mais on en ignore l'emplacement. On sait par ailleurs que les Rhodiens avaient offert au sanctuaire de Delphes, probablement après la mort d'Alexandre le Grand quand ils parvinrent enfin à chasser les conquérants macédoniens, semblable quadrige qui regardait du haut de son piedestal l'entrée du temple d'Apollon à l'est. D'autre part, certains pensent que le quadrige de Lysippe se trouvait sur le socle au milieu d'un bassin sur l'acropole de Rhodes et que Cassius, lors du pillage qu'il fit de la cité en 42, n'avait pas osé le faire fondre. C'est ainsi qu'est interprété l'extrait suivant de Valère Maxime, Actions et paroles mémorables I, 5, 8 :
Consentaneo uocis iactu C- Cassii aurem fortuna peruellit, quem orantibus Rhodiis ne ab eo cunctis deorum simulacris spoliarentur, Solem a se relinqui respondere uoluit, ut rapacissimi uictoris insolentiam dicti tumore protraheret abiectumque Macedonica pugna non effigiem Solis, quam tantummodo supplicibus cesserat, sed ipsum solem re uera relinquere cogeret.

C'est encore par un mot jeté au hasard et plein d'à­propos que la Fortune donna un avertissement à C. Cassius. Les Rhodiens la suppliaient de ne pas les dépouiller de toutes les images de leurs dieux. « Je laisse le Soleil », leur dit-il. Elle lui suggéra cette réponse hautaine pour mettre au jour l'insolence de ce vainqueur insatiable et avec la pensée de le forcer, après sa défaite en Macédoine, à laisser non pas une image du Soleil, seul objet qu'il avait accordé à leurs prières, mais la lumière même du Soleil.

Texte et traduction Itinera Electronica

Au pied du socle de l'acropole, on observe une structure qui ressemble aux bords d'un large bassin : le char du soleil aurait-il été mis en scène comme surgissant des flots de la mer ? Y aurait-il eu, à Rhodes dans l'Antiquité, la même mise en scène du char du Soleil surgissant de l'eau que celle que fit Tuby en bronze doré, au XVIIe dans les jardins de Versailles pour le bassin d'Apollon, dieu du Soleil et emblème du Roi ?

bassin d'Apollon, Versailles
Photographe : Melodie Mesiano
Licence Creative Commons

Pour en savoir plus
Pistes textuelles sur Perseus.
La prise de Rhodes en 42 par Cassius, assassin de Jules César :
Appien, Guerres Civiles, IV
Plutarque, Vie de Brutus