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Les jardins de Babylone

 

Les jardins suspendus de Babylone

Les Jardins suspendus de Babylone,
gravure du XVIe siècle,
par l'artiste néerlandais Maarten van Heemskerck
Image Wikipédia

 

Parmi toutes les merveilles du monde, les Jardins suspendus de Babylone sont peut-être l'œuvre dont la réalité est la moins attestée. Certes, les auteurs antiques sont nombreux à l'évoquer et les descriptions de Strabon ou de Diodore de Sicile paraissent d'une grande précision, mais la légende qui a traversé les siècles en s'enrichissant n'est guère corroborée par les données archéologiques : on ne sait pas avec précision la date de la construction de ces jardins ; on ne sait pas comment cette merveille a disparu ; on hésite même à la localiser sur un plan de Babylone.

On a longtemps considéré que le premier à avoir désigné ces Jardins comme l'une des « Sept merveilles du monde » était Philon de Byzance, un savant ingénieur d'une grande habileté : on remarquait que ce qu'il admirait en premier lieu, c'était l'exploit technologique qui avait permis de construire des jardins qui donnent l'impression de flotter dans les airs, ainsi que de faire monter les eaux de l'Euphrate jusqu'à ce lieu, pour l'irriguer. Mais l'attribution du traité sur les Sept merveilles du monde à cet auteur est désormais contestée, et il serait l'œuvre d'un autre Philon, un rhéteur postérieur de six siècles. On soulignera alors que le premier à avoir dressé une liste qui nous ait été transmise est Antipater de Sidon, un poète du 1er siècle avant J.-C. Hérodote, qui lui est bien antérieur, avait évoqué Babylone mais sans faire référence à une liste de « merveilles » . Dans le poème d'Antipater, les Jardins suspendus figurent en troisième position, après les remparts de Babylone et la statue de Zeus à Olympie.

Il a suffi cependant que cette construction soit attribuée à la reine Sémiramis pour que l'imagination prenne son essor. Car la légende fait de cette reine la bâtisseuse de Babylone ; et la reine guerrière devient alors l'architecte d'une merveille qui défie les lois les plus solides de la nature. On ne reprendra pas ici dans le détail la légende de Sémiramis, mais on rappellera quelques éléments qui permettent de saisir pourquoi la construction de Babylone lui fut attribuée.

Quand les historiens antiques s'éloignent de la légende, c'est à Nabuchodonosor qu'ils attribuent cette œuvre, qui aurait alors été construite pour complaire à une épouse pleine du regret de son pays natal : il faut toujours une légende pour expliquer cette folie qui reste dans la mémoire des temps comme une image du « paradis » , puisque Eusèbe de Césarée peut ainsi qualifier ces jardins :

« kremastou_j paradei/souj o)noma/saj »

Et comme toutes les descriptions antiques que nous avons de cette merveille sont marquées par l'imagination, on ne s'étonnera pas que les artistes aient laissé libre cours à leurs rêves pour tenter de nous faire voir cette image du paradis.

Mais on se doit également d'évoquer la cité où ces Jardins furent construits : car les Anciens – et la liste d'Antipater de Sidon en témoigne – ont aussi admiré les remparts de Babylone et ont donné le titre de merveille à l'ensemble architectural que constitue la ville reconstruite par Nabuchodonosor, le luxe de ses murailles, la beauté de ses palais et la richesse de ses temples. Chez bien des auteurs ce ne donc sont pas seulement les Jardins qui constituent une merveille, mais l'ensemble de la cité dont le gigantisme trouve par ailleurs un symbole dans la Tour de Babel.