Vous êtes dans un espace d'archives.   Découvrez le nouveau site Musagora !

-

  L E S  S E P T   M E R V E I L L E S  D U  M O N D E
Dossier
Présentation - La pyramide de Khéops - Les jardins suspendus de Babylone - Le temple d'Artémis à Éphèse - La statue de Zeus à Olympie - Le mausolée d'Halicarnasse -  Le colosse de Rhodes - Le phare d'Alexandrie 
Activités
Pistes de travail

sommaire du site

Nous écrire


Les jardins de Babylone

 


La légende de Sémiramis

 

Sammuramat

  On pense que la légende de Sémiramis s'est développée à partir d'un personnage historique, la reine assyrienne Sammuramat, qui assura la régence de 810 à 806 av. J.-C. Elle était l'épouse de Shamshi-Adad V, et la mère d'Adad-Nirari III.
Elle est demeurée célèbre pour avoir ordonné une expédition contre les Mèdes ainsi que d'autres contre Mannaï. C'est sans doute à cette reine qu'Hérodote fait allusion.



Sémiramis
Image Wikipédia

   

Ninos et Sémiramis

  Mais la légende s'empare de cette figure remarquable et elle est bientôt assimilée à une autre figure mythique que l'on fait remonter au XIVe siècle avant J.-C.

  Elle est alors confondue avec Simia, la fille de Dercéto, une déesse mi-femme, mi-poisson qui vivait dans un lac voisin d'Ascalon, et de Caÿstros, le fils présumé d'Achille et de Penthésilée. Après la naissance de Sémiramis, sa mère l'abandonne et elle ne doit sa survie qu'à des colombes qui vont chercher sa nourriture dans la région. Le manège des oiseaux est observé par des bergers qui la découvrent et la confient à leur chef : c'est alors qu'elle reçoit le nom de Sémiramis.

  Devenue jeune fille, elle devient l'épouse d'Omnès, un conseiller du roi de Ninive, Ninos, lui donne deux fils, et l'aide dans ses entreprises militaires. C'est elle qui s'empare, lors d'une expédition, de la citadelle de Bactres. Elle est alors remarquée par Ninos qui s'éprend d'elle, pousse Omnès au suicide et l'épouse. Elle lui donne un fils, Ninyas. À la mort du roi, elle devient la régente du royaume qu'elle gouverne pendant 42 ans.
  La stèle transcrite par Polyen résume l'action de cette reine.

Ninos et Sémiramis
© BnF

 

 

   

  Selon la légende, elle fonde notamment Babylone, y construit les Jardins, tout en poursuivant une œuvre de conquérante : elle s'empare de la Médie, de l'Arménie, échoue devant l'Indus, mais se tourne alors vers l'Égypte et l'Éthiopie. Ayant appris que son fils complotait contre elle, elle disparaît. La légende veut qu'elle se soit transformée en colombe...

  Mais L'Histoire a surtout retenu qu'elle fut une bâtisseuse : Strabon, Diodore et Eustathe lui attribuent les grands travaux de Babylone.

Les remparts de Babylone
A Museum for Young Gentlemen and Ladies, by Unknown (1799). (Source : Gutemberg.org)

   

Le développement de la légende

  À partir de cette légende et par suite de confusions, elle prend parfois les traits d'Ishtar, déesse de la guerre et de la volupté, fille d'Atargatis. Cette déesse est une personnalité très complexe : à Suse, par exemple elle a la double nature mâle et femelle. Les Assyro-Babyloniens en feront une déesse.

  Elle est tout d'abord la « dame des batailles » . Devenue l'épouse d'Ashour, elle suit son mari dans ses expéditions : elle est alors représentée debout sur un char traîné par sept lions.

  Elle est aussi la déesse de la volupté et de l'amour. Mais la déesse en toutes circonstances se montre d'une grande violence, car elle est incapable de supporter le moindre obstacle à ses désirs. Sous son influence les hommes sont pris de passion et de jalousie, ils deviennent « pareils à des bêtes sauvages » .

  Son nom signifie pourtant la « bienveillante » et les rois doivent à son amour d'être élevés au trône.

  La déesse est donc une souveraine du monde, très populaire en Assyrie. Plus tard, en Phénicie elle devient Asarté ; et l'Aphrodite grecque lui doit certains de ses traits.

   

Les neuf Preuses

  Sémiramis figure en tête de la liste des neuf « Preuses », célèbres au XIVe siècle apr. J.-C. et que l'on retrouve sur le décor sculpté de la cheminée du château de Pierrefonds.

  C'est au XIVe siècle que paraît un roman en vers intitulé Les Vœux du paon, écrit par Jacques de Longuyon. Dans cette œuvre, on voit neuf Preux choisis dans l'Antiquité païenne, juive et chrétienne. Bientôt, Jehan Le Fèvre, officier au Parlement de Paris et auteur renommé, fait paraître (entre 1373 et 1397) un roman qui met en scène neuf Preuses, issues de l’histoire et de la mythologie de l’Antiquité païenne : Sémiramis, reine de Babylone, Sinope, Hippolyte, sa sœur, Ménalippe, Lampeto et Penthésilée, reines des Amazones, Tomyris, souveraine des Massagètes, Teuca, reine d’Illyrie et Déiphyle, femme de Tydée, roi d’Argos.

  Le motif sera repris en sculpture mais aussi sur de nombreuses tapisseries.

Pour plus de précisions :
http://clio.revues.org/document1400.html#tocto2
http://www.institut-de-france.fr/institut/sap/panneaux_et_cartels.pdf
http://www.musee-chateau-compiegne.fr/pages/page_id18842_u1l2.htm


   

De Boccace à Paul Valéry

  Depuis cette renaissance du personnage, la reine de Babylone ne cessera d'inspirer les écrivains, les musiciens et les peintres. On peut en citer quelques-uns :

Boccace (1313-175), De mulieribus claris (Des dames de renom)
Christine de Pisan, Le livre de la cité des Dames, 1405
Desfontaines, Sémiramis, tragédie, 1637 ou 1647
Gilbert, Sémiramis, tragédie, 1646
Pedro Calderón de la Barca, La Hija del aire, 1653
Mme de Gomez, Sémiramis, tragédie, 1716
Crébillon, Sémiramis, tragédie, 1717
Destouche, Sémiramis, opéra, sur un poème de Roy, 1718
Voltaire, Sémiramis, tragédie créée le 29 août 1748
Rossini, Semiramide, opéra, 1823
      
Texte : http://www.karadar.com/Librettos/rossini_semiramide.html
Hugo, Victor, La légende des siècles, 1859-1883
Valéry, Paul, Album de vers anciens, 1912
Rency, Georges, Les Chimères, conte : La reine nue, 1928
Valéry, Paul, Sémiramis, mélodrame, 1934


 

Tableau de Degas (1834-1837)
Sémiramis construisant Babylone

Musée d'Orsay