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Les jardins de Babylone

 

Les remparts de Babylone

Les Anciens ont autant admiré les remparts de Babylone que les Jardins suspendus. Antipater de Sidon les cite en premier lieu dans son épigramme.
D'une manière générale cependant, on considérait que le travail de restauration des remparts de la ville ainsi que son embellissement était dû au grand roi Nabuchodonosor II. Bérose l'indique clairement, si l'on suit Flavius Josèphe. Il est le premier à préciser la construction de la triple enceinte.

Hérodote,
Ctésias de Cnide et Diodore décrivent dans le détail la construction de la ville de Babylone : tous trois insistent sur quelques caractéristiques (voir le tableau comparatif des caractéristiques de la construction de Babylone).

Plan de Babylone
Wikipédia
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La taille de l'ensemble de la cité

C'est sans aucun doute ce qui frappe d'abord l'imagination des Anciens : l'immensité de la cité située en plein désert. Hérodote indique que la longueur totale des murailles était de 360 stades – ce qui fait à peu près 64 kilomètres – et Philon suit Hérodote sur ce point. Parfois les commentateurs augmentent ce chiffre pour aboutir à 365 !

Tous les auteurs insistent également sur la manière dont la ville a été située : l'Euphrate passe par le milieu de la cité. L'eau du fleuve était utilisée de plusieurs manières : d'une part, elle se déversait dans un fossé qui entourait les murailles ; d'autre part, elle servait pour l'irrigation des jardins. Il est probable que la citerne dont parlent plusieurs auteurs avait été construite pour réguler le courant du fleuve.

Certains, frappés par ce gigantisme, ont imaginé ce qu'il fallait d'effort pour une telle construction ; c'est pourquoi ils parlent de la présence de deux millions d'hommes : il s'agit là de développements qui n'ont aucune valeur scientifique.

Forteresse de Sémiramis. Description de l'univers,
D. Thierry, 1683, vol. 2
© BnF

Les murailles

Il ne fait pas de doute que la cité comportait trois remparts construits en briques cuites jointoyées avec du bitume (ou de l'asphalte). Ce qui frappait l'imagination des anciens – car le détail est repris par presque tous les auteurs – c'est que l'on pouvait faire circuler des chars sur les courtines. Mais les chiffres de l'Antiquité sont très exagérés.
Les archéologues modernes estiment en effet que les murailles extérieures ont 8 kilomètres de longueur ; le mur intérieur avait une épaisseur d'environ 6,5 mètres ; entre les deux premiers murs on trouvait un espace de 7 mètres. On a pu reconnaître un ensemble de 120 tours ; 8 portes permettaient d'accéder à la cité ; la principale était la porte d'Ishtar qui ouvrait sur la voie processionnelle.

L'ensemble est d'une grande puissance : la ville était donc protégée à la fois par le fossé rempli d'eau de l'Euphrate, des marais sur une partie de son pourtour, et les trois murailles garnies de bastions. C'est d'ailleurs, sans doute, à l'intérieur du bastion ouest que se trouvaient les Jardins suspendus.



Les murailles de Babylone en 1932
Image Wikipédia

Les deux palais de briques cuites et leur décoration

Le premier palais royal construit par Nabopolassar a été restauré par Nabuchodonosor. On a retrouvé l'enceinte qui mesure 322 x 190 m ; elle abrite un ensemble architectural considérable de cinq cours qui ouvrent des bâtiments d'habitations, des salles voûtées, des puits et des entrepôts.
Un second palais était construit sur l'autre rive du fleuve. Il ne semble pas qu'on ait retrouvé les vestiges de la galerie couverte qui aurait été construite sous le fleuve.

 

La porte d'Ishtar et la voie processionnelle

Les Anciens ne parlent guère de la porte d'Ishtar. Ils évoquent par contre la décoration des murailles. Les recherches archéologiques ont permis de comprendre que les parements avaient été ajoutés lors de la reconstruction des portes. Sur la porte d'Ishtar figurent des animaux blancs sur fond bleu : taureaux, dragons. Le long de la voie processionnelle qui conduisait au temple, on trouvait un revêtement de briques à glaçures représentant 120 lions. Ils symbolisent la puissance de la cité.

Lions du palais d'Artaxerxés, frise de lions pasants.
6e - 4e s. av. J.-C. Paris, musée du Louvre
(C) RMN / © Droits réservés.

Le temple de Bélos

Le dieu que les Grecs appellent Bélos a comme nom Marduk chez les Babyloniens, Hadad chez les Syriens, Baal chez les Sémites.
Il y avait à Babylone deux lieux consacrés à Marduk :
– au Nord, la Tour à étages ;
– au Sud, le Temple de Marduk.
Les deux lieux sont très proches, et dans leur description, les auteurs font parfois l'amalgame entre les deux lieux.

La Tour (Etemenanki) est décrite par Hérodote : un carré régulier de deux stades en tous sens ; au centre une première tour, sur laquelle s'élèvent, par degrés, jusqu'à sept tours. L'enceinte a été retrouvée : elle fait plus de 400 mètres de côté ; l'étage inférieur a une longueur de 91 mètres ; la hauteur totale est égale au côté, soit 91 mètres. Au sommet était construit un temple qui renfermait le trône de Marduk et son lit.

Le Temple lui-même (Esagil) est un bâtiment presque carré ; sa cella renfermait la statue de Marduk .Ctésias insiste sur la taille de la statue d'or ainsi que sur le mobilier qui ornait le lieu. On trouve dans la Bible, dans le Livre de Daniel une allusion à cette statue : « Le roi Nebucadnetsar fit une statue d'or, haute de soixante coudées et large de six coudées. Il la dressa dans la vallée de Dura, dans la province de Babylone » (Daniel III, 1).


L'ensemble des constructions réalisées par le roi Nabuchodonosor à Babylone méritait bien le titre de
« merveille » : la cité et ses monuments construits sous la direction d'un même roi, prodige d'architecture et merveille pour les yeux avec ses décorations et ses Jardins, passaient pour dignes de figurer à côté de la pyramide de Gizeh.

Le temps toutefois n'a pas épargné cet ensemble construit entièrement en briques, le plus souvent cuites et parfois simplement séchées : peu de temps après l'entrée triomphale d'Alexandre le Grand dans Babylone (Quinte-Curce), fut construite une nouvelle capitale ; et, en 275, la population reçut l'ordre de se transférer à Séleucie. Pendant quelque temps, mages et scribes chaldéens demeurèrent à Babylone et poursuivirent leurs travaux astrologiques. Mais la ville, abandonnée au premier siècle de notre ère, se détruisit lentement.

 
   

Reconstitutions

Babylone
http://www.cliolamuse.com/spip.php?article495

Musée de Berlin
Présentation de la Porte d'Ishtar et de plusieurs reliefs
http://de.wikipedia.org/wiki/Ischtar-Tor

Diaporama sur la porte d'Ishtar (Wikipédia)
http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Ishtar_Gate?uselang=de

Reconstitutions : porte d'Ishtar ; vue générale de la porte : en arrière-plan, les jardins
http://www.meisterdinger.de/irak/irak02a.htm

Musée de Berlin
Image Wikipédia

 

Forteresse de Sémiramis. Description de l'univers,
D. Thierry, 1683, vol. 2 © BnF.
Ancienne Babylone. Description de l'univers,
D. Thierry, 1683, vol. 2 © BnF.
Tour de Babel. Description de l'univers,
D. Thierry, 1683, vol. 2 © BnF.