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Le phare d'Alexandrie

 

 

Contexte et fonction

 

Les phares avant le Phare

    Allumer des feux sur des promontoires naturels est une pratique très ancienne. La construction des tours à feux à l'entrée des ports est attestée à l'époque grecque classique à Thasos et pour le port du Pirée - les archéologues ont découvert plusieurs ruines près du tombeau de Thémistocle et à l'entrée de l'anse de Mounychia -, ainsi que sur le détroit du Bosphore.

 

Le contexte alexandrin et la date de la construction

     La situation de la côte alexandrine, basse et dépourvue de points de repères, tout en ayant des récifs et des hauts-fond dangereux, rendit particulièrement indispensable au bon fonctionnement des ports d'Alexandrie la construction d'une tour à feu qui se voie de loin.
C'est pourquoi le Phare est un des premiers monuments ptolémaïques : commencé vraisemblablement sous le premier souverain de la dynastie lagide, Ptolémée 1er Sôter, il est achevé sous Ptolémée II Philadelphe.
     Nos sources pour la datation de la construction sont la chronologie d'Eusèbe reprise par Jérôme, qui situe la fin de la construction du Phare au moment de la 124e Olympiade, à la prise de fonction de Ptolémée II (284-283)

transcription :
http://www.ccel.org/ccel/pearse/morefathers/files/jerome_chronicle_06_latin_part2.htm   chercher "Pharum" dans la page


Activité 1 : lecture du manuscrit Merton 315
     Une seconde source, l'encyclopédie byzantine de la Souda (Xe siècle), lie le début de la construction au début du règne du Pyrrhus d'Epire, c'est-à-dire 297. On peut donc raisonnablement penser que la construction a duré une quinzaine d'années, de 297 à 283.

 

Sostrate, architecte ou mécène ?

     On considère le plus souvent que le Phare est l'oeuvre de l'architecte Sostrate de Cnide. Ce Sostrate est connu dans toute la Méditerranée orientale, mais il joue aussi des fonctions d'ambassadeur. C'est pourquoi on se demande encore si ce n'est pas un riche mécène. Le Phare coûta en effet une somme considérable
     Le poète Poséidippos, contemporain de la construction, emploie le verbe relativement vague estêsen "éleva, érigea", et le géographe Strabon, à l'époque romaine, emploie le verbe anethêken ("a dédié", "a consacré"). Ce n'est qu' à partir de Pline l'Ancien qui au livre XXVI de son Histoire naturelle, que Sostrate est déclaré clairement "architecte".
     Sostrate est surtout célèbre pour le privilège que lui aurait accordé Ptolémée : graver son nom sous le nom des souverains, de sorte que l'usure du temps lui rende hommage : c'est l'anecdote que raconte Lucien dans son traité Comment on doit écrire l'histoire, pour opposer une gloire durable à une gloire immédiate.

 

Sa fonction ?

     Elle est essentielle à la prospérité commerciale du port d'Alexandrie. Elle sert à éviter les naufrages : le feu qui est entretenu au sommet permet, le jour, par sa fumée, de guider les navires jusqu'aux passes des deux ports, en particulier le chenal du Grand Port, dit "de la corne du Taureau", mentionné dans l'épigramme de Poséidippos et dans le texte du livre V de l'Histoire naturelle de Pline ; la nuit, par sa lumière visible de très loin, il permet de guider les navires jusqu'au point où ils peuvent jeter l'ancre, et mouiller jusqu'à ce que le jour leur permette de pénétrer dans le port en toute sécurité : "signe du moment où il faut jeter l'ancre", c'est ainsi qu'il faut interpréter sumbolon ormou dans l'épigramme de deux vers de Diodore dans l'Anthologie Grecque.