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Le phare d'Alexandrie
La dernière des merveilles antiques...
Le Phare ne fait pas
partie des listes antiques des sept merveilles du monde, sauf à
penser qu'il occupait la septième place du manuscrit de Philon
de Byzance qui s'arrête à la sixième.
Il n'entre dans la liste officielle qu'au
début du Moyen Âge, dans deux manuscrits occidentaux
attribués à Grégoire de Tours et à Bède
le vénérable,
Michel Reddé, dans le numéro
des Dossiers d'Archéologie consacré aux Sept
Merveilles du Monde en 1995, dit pourtant que le Phare d'Alexandrie
est "la plus jeune et peut-être aussi - la Grande Pyramide
mise à part - la plus connue".
En effet, le Phare
n'est
construit qu'au début de l'époque hellénistique,
qui est précisément l'époque où l'on
décerne les distinctions dans tous les domaines, et où
l'on fait, en particulier dans le domaine littéraire, des
tris et des classements par sept (par exemple les meilleures tragédies
d'Eschyle, de Sophocle ...) ;
c'est
le bâtiment le plus utilitaire par rapport à des édifices
à valeur religieuse (un temple, deux tombeaux, deux statues)
ou ornementale (les murailles et les jardins de Babylone).
... mais non la moindre !
Le Phare frappe cependant
l'imagination des Anciens comme le symbole de l'entrée du
plus grand port du monde, au point de devenir un modèle pour
les ports de l'Empire romain, une sorte de symbole à la fois
de maîtrise technique et de développement commercial.
L'éloignement politique et religieux
entre Occident et Orient au Moyen Âge, et le fait que le Phare
soit désormais en terre d'Islam, a créé une
divergence dans les représentations que l'on s'en fait :
les voyageurs occidentaux, vaguement imprégnés des
textes anciens, mais se recopiant les uns les autres, glissent vers
le fantasme. Les voyageurs arabes, au contraire, qui sont très
mal connus de l'Occident, décrivent avec précision
un bâtiment que les textes anciens dont nous disposons ne
décrivaient pas dans le détail.
Le fantasme va être amplifié
par l'effondrement du phare à la suite de séismes.
Les représentations figurées anciennes n'étaient
pas toujours faciles à interpréter. Les représentations
du Phare par les peintres et les graveurs sont de libres variations
sur le thème de la tour merveilleuse.
Comme le colosse de Rhodes, le Phare s'est effondré
dans l'eau. Une merveille engloutie suscite encore plus de désirs.
L'archéologie sous-marine étant une des techniques
de pointe les plus spectaculaires, et la ville d'Alexandrie étant
un lieu hautement symbolique (rencontre entre égyptologues
et hellénistes du monde entier, reconstruction de la Bibliothèque...)
c'est la merveille disparue qui de nos jours fait couler le plus
d'encre et dont la recherche est la plus médiatisée.
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