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Présentation - La pyramide de Khéops - Les jardins suspendus de Babylone - Le temple d'Artémis à Éphèse - La statue de Zeus à Olympie - Le mausolée d'Halicarnasse - Le colosse de Rhodes Le phare d'Alexandrie
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La pyramide de Khéops

   

Visions antiques

Écrire l'histoire - Merveille et modèle ?

L'étymologie du mot pyramide

    L'origine du mot pyramide fait l'objet de plusieurs hypothèses.
    Dès l'Antiquité, le terme est utilisé à la fois pour désigner le monument et la forme géométrique. La racine serait grecque et se rattacherait au mot pur, "le feu". Platon, rapprochant les figures géométriques des éléments, affirme dans le Timée (56) : "Le solide qui a pris la forme de la pyramide est l'élément et le germe du feu." Plutarque trouve une similitude entre la forme pyramidale et le feu : "La pyramide, par ses arêtes, qui sont grêles et prolongées, et par ses angles aigus, représente l'activité du feu et le mouvement" (Sur les sanctuaires dont les oracles ont cessé, 34). On retrouve cette même idée, au IVe siècle après J.-C., chez l'auteur latin Ammien Marcellin : "Cette figure porte chez les géomètres le nom de pyramide parce qu'elle se termine en cône, imitant en cela le feu que nous nommons pur".
    Plus tard, quand en Orient on identifiera les pyramides comme les greniers de Joseph, le mot sera rattaché au mot puros, "le blé, le froment" : c'est cette hypothèse qui prévaut au XIIe siècle, dans l'Etymologicum magnum. Une hypothèse moderne donnerait plutôt pour origine le puramis, un gâteau de miel et de farine, de forme que l'on suppose, sans en avoir la certitude... pyramidale.

    Est évoqué bien plus tard, au XIXe siècle, un emprunt à l'égyptien ; le mot, hellénisé, aurait été formé à partir de la racine pr-m-us, terme de géométrie signifiant hauteur ou arête.

Une histoire reconstituée

Témoins et compilateurs
    Comme pour plusieurs autres merveilles, quatre auteurs sont nos sources principales. Il s'agit, dans l'ordre chronologique, d'Hérodote, de Diodore de Sicile, de Strabon et de Pline l'Ancien. Tous quatre ont pour caractéristique commune leur curiosité pour le monde qui les entoure.
     Hérodote a mené son Enquête en visitant l'est du bassin méditerranéen, et en particulier l'Égypte : "Je vais raconter maintenant ce qui s'est passé en Égypte, de l'aveu unanime des Égyptiens et des autres peuples ; et j'y joindrai des choses dont j'ai été témoin oculaire" (II,147). Diodore de Sicile, qui a fondé une partie des informations qu'il livre dans sa Bibliothèque historique sur des voyages, connaît, lui aussi, l'Égypte. Il en va de même, à la fin du premier siècle avant Jésus-Christ, pour Strabon, qui décrit les lieux dans un des volumes de sa Géographie.
     Si Pline l'Ancien ne connaît pas les lieux, il a une connaissance approfondie des auteurs grecs et latins qui l'ont précédé (XXVI, 77-80). Sa soif de connaissance est quasi universelle : il traite, dans son ouvrage, l'Histoire naturelle, de la nature sous toutes ses formes, ainsi que des œuvre humaines faites de pierre, de bronze, etc. C'est dans ce cadre qu'il parlera, au livre XXXVI, des pyramides. Les auteurs latins ne les citent qu'en passant : ainsi Tacite, quand il raconte la visite de Germanicus en Égypte, ou Pomponius Mela.

Des connaissances fondées ?
    Trois des auteurs sont donc vraisemblablement des témoins visuels. Quand Hérodote décrit le mode de construction, précise le nombre d'ouvriers, il se réfère explicitement à des propos recueillis dans son enquête sur place auprès de prêtres. Mais ces derniers rapportent des faits vieux de plus de deux mille ans. On peut supposer qu'ils répondaient aux questions en fonction de leurs propres connaissances, qui déformaient peut-être un passé si lointain. Hérodote, un Grec visitant l'Égypte, n'était pas à l'abri non plus d'erreurs de compréhension ou d'interprétation. De fait, sa description, quoiqu'exacte sur nombre de points, contient plusieurs erreurs. Mais il existe aussi des évocations plus fantaisistes. Ainsi Philon de Byzance, auteur des Sept merveilles du monde, décrit une pyramide revêtue de pierres polies et brillantes de pas moins de sept couleurs différentes, formant une "broderie": on peut douter qu'il ait été, comme il l'affirme, un témoin oculaire...