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  L E S  S E P T   M E R V E I L L E S  D U  M O N D E
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Présentation - La pyramide de Khéops - Les jardins suspendus de Babylone - Le temple d'Artémis à Éphèse - La statue de Zeus à Olympie - Le mausolée d'Halicarnasse - Le colosse de Rhodes Le phare d'Alexandrie
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La pyramide de Khéops

   

Visions modernes

De la Renaissance au XVIIIe siècle - L'expédition de Bonaparte en Égypte - XXe et XXIe siècles

   À partir du XVe siècle renaît l'intérêt pour les pyramides, qui ne faiblira plus : les descriptions des voyageurs  ou de ceux qui ont entendu parler de ces monuments  se succèdent en grand nombre. La pyramide reste mentionnée comme merveille dans nombre de textes, ce qui montre l'admiration des auteurs, mais suscite peu de commentaires.

La Renaissance : une redécouverte

     Une fonction retrouvée
Dès le XVe siècle, le mythe des greniers de Joseph a vécu, et les pyramides sont à nouveau prises pour ce qu'elles sont, des tombeaux : elles sont bien la sépulture de rois
. Dans le récit du voyage que fit en Égypte, en 1482-1483, Joos van Ghistele, chevalier flamand, il est précisé : "D'aucuns en font les greniers où Joseph rassembla le blé au temps où sévissait la famine [...]. Mais cela n'est pas vrai. [...] On raconte dans la région que ces édifices sont d'anciennes sépultures des rois d'Égypte, comme en témoigne Diodore de Sicile dans le deuxième livre de ses histoires". De plus, la pyramide est à nouveau reconnue comme merveille : "Parmi tous les édifices que l'on nomme pyramides, l'une d'elles était jadis une des sept merveilles du monde, ainsi que d'aucuns racontent. Elle était si grande, si somptueuse et s'élevait si haut qu'on ne pouvait trouver sa pareille." (traductions R. Bauwens-Préaux, IFAO) À la suite de missions diplomatiques en Égypte et de la redécouverte des textes grecs et latins, les voyageurs reviennent aux affirmations antiques. Jehan Thenaud, envoyé en mission par le roi de France et la République de Venise auprès du Sultan en 1512, Pierre Belon du Mans, qui fait partie de la suite d'un ambassadeur du roi de France Henri II auprès du Grand Turc en 1547, puis André Thevet, dans sa Cosmographie du Levant en 1554, y font référence.

    Les voyages se multiplient
Les voyageurs pénètrent dans l'intérieur de la pyramide, que leurs prédécesseurs n'avaient pas vu : les gravats qui bouchaient l'entrée, la crainte d'y faire la rencontre d'animaux dangereux, l'insécurité des lieux les en avaient empêchés.

Les XVIIe et XVIIIe siècles


Louis-François Cassas, dessin, 1785, collection privée, droits réservés
À la fin du XVIIe siècle et au XVIIIe siècle, les voyages et donc les récits et les dessins qui s'ensuivent se font plus nombreux. Les connaissances progressent et apparaissent des descriptions qui se veulent plus objectives et raisonnées ( par exemple La Pyramidographia, or a Description of the Pyramids in Aegypt, John Greaves, 1643).

     Une condamnation politique
Si au XVIIe siècle, Bossuet salue une réussite esthétique en vantant le "bon goût" des Égyptiens "qui n'ont aimé qu'une hardiesse réglée", le XVIIIe siècle, tout en constatant la prouesse technique, se montre plus réservé. On voit resurgir ici et là, dans un contexte idéologique fort différent, le propos d'Hérodote qui présente Khéops comme un tyran oppresseur d'un peuple réduit en esclavage. L'article "Pyramide" de l'Encyclopédie commence par ces mots : "En effet, quoique ce soit un ouvrage prodigieux d'architecture, c'est le plus inutile que les hommes ayent jamais exécuté." Article de l'Encyclopédie.
Adresse : http://portail.atilf.fr/cgi-bin/getobject_?a.100:408:6./var/artfla/encyclopedie/textdata/IMAGE/ (projet ATILF et Université de Chicago)

Voltaire condamne, pour des raisons politiques, mais sans nuance aucune, la construction des pyramides : "Elles ne prouvent autre chose que l'orgueil et le mauvais goût des princes d'Égypte, ainsi que l'esclavage d'un peuple imbécile, employant ses bras, qui étaient son seul bien, à satisfaire la grossière ostentation de ses maîtres." Un avis que partage Volney, ou Vivant Denon : "'Il n'y avait que des gouvernements sacerdotalement despotes qui pussent oser entreprendre de les élever, et des peuples stupidement fanatiques qui dussent se prêter à leur exécution." (Voyage dans la Basse et Haute-Égypte pendant les campagnes pendant les campagnes de Bonaparte, en 1798 et 1799, 1802)

     Le Siècle des Lumières
Volney, dans son Voyage en Syrie et en Égypte, pendant les années 1783, 1784, 1785, veut présenter une analyse aussi exhaustive et objective que possible de la situation de ces pays. Il se penche sur le cas des pyramides, et tente de faire le point des connaissances sur le sujet, avec un net souci de relativisme : "On juge mal les peuples anciens, quand on prend pour terme de comparaison nos opinions, nos usages. Les motifs qui les [les Égyptiens anciens] ont animés peuvent nous paraître extravagants, peuvent l'être même aux yeux de la raison, sans avoir été moins puissants, moins efficaces." Son esprit rationnel et critique le porte aussi à mettre en doute les affirmations des anciens, en particulier Hérodote, sur le mode de construction des pyramides. Son ouvrage aura, dit-on, une certaine influence sur le jeune Napoléon Bonaparte.