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  L E S  S E P T   M E R V E I L L E S  D U  M O N D E
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Présentation - La pyramide de Khéops - Les jardins suspendus de Babylone - Le temple d'Artémis à Éphèse - La statue de Zeus à Olympie - Le mausolée d'Halicarnasse - Le colosse de Rhodes Le phare d'Alexandrie
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La pyramide de Khéops

   

Visions modernes

De la Renaissance au XVIIIe siècle - L'expédition de Bonaparte en Égypte - XXe et XXIe siècles

Le XXe siècle : la bande dessinée

    Mystère et exotisme

Le XXe siècle n'est pas en reste, et l'intérêt pour l'Égypte des pharaons ne faiblit pas, stimulé par des découvertes archéologiques, comme celle de la tombe de Toutankhamon en 1922, qui a donné lieu à Paris, en 1967, à une exposition restée dans les mémoires. La bande dessinée, avide de mystère et d'exotisme, a fait, dès Tarzan en 1933 ou Tintin en 1934 (Hergé, Les Cigares du Pharaon) la part belle à l'Égypte et aux pyramides. Bien des titres renvoient à une dimension fantastique : la malédiction des pharaons tirés de leur sommeil éternel, les momies douées de pouvoirs paranormaux (La vengeance de Ramsès, série Papyrus, Bibi Fricotin et le secret de la momie, etc). La forme graphique de la pyramide, sa renommée, son lien avec le monde des momies, en font la marque aisément reconnaissable et incontournable de l'Égypte. Dans Les Cigares du Pharaon, Tintin, à peine débarqué à Port-Saïd de son périple vers Shanghai, trottine à dos d'âne, en compagnie de l'égyptologue Philémon Siclone, dans le désert à quelque distance... des pyramides de Gizeh.

    Un ouvrage clé : Le Mystère de la Grande Pyramide

Edgar Pierre Jacobs, dans Le Mystère de la Grande Pyramide (Les aventures de Blake et Mortimer, 1954-55) allie volonté pédagogique plan, textes informatifs  et construction d'un scénario efficace ; cet ouvrage devient une référence incontournable de "l'égyptomanie" dans la BD.
    Si le mystère concerne bien la Grande Pyramide, le plateau de Gizeh n'apparaît toutefois qu'à la page 49 du premier tome. Mortimer contemple "l'énigmatique sphinx", puis observant la Grande Pyramide dessinée dans une superbe contre-plongée, s'exclame il connaît bien ses classiques : "Oui, tout me dit que cette montagne de pierre n'a pas livré tous ses secrets".
    A partir de là, dans de nombreuses vignettes du tome suivant, La chambre d'Horus, la pyramide sert de toile de fond à l'action, qui se dénouera dans une "chambre d'Horus" située sous la pyramide, une chambre au trésor qui a attiré la convoitise du bandit Olrik. Cette chambre secrète relève de la fiction, même si Jacobs en appuie habilement la découverte sur un papyrus crédible, mais inventé, de Manethon. Jacobs s'inspire de découvertes archéologiques faites en d'autres lieux pour y créer un univers souterrain dangereux, fascinant, et regorgeant de trésors cachés.
    En quittant la chambre d'Horus, les deux héros perdront opportunément la mémoire pour se retrouver... dans la "chambre du roi" de la Grande Pyramide et rejoindre une réalité archéologique abandonnée au cœur de l'action. Et c'est une autre vignette, dans la dernière page, qui soulignera à nouveau l'intangibilité de la pyramide : le gardien du secret "regarde s'éloigner" Blake et Mortimer. Comme Olrik, le profanateur frappé de folie, ils ont tout oublié du secret bien préservé... que les lecteurs, par un habile tour de passe-passe, maîtrisent parfaitement !
    L' illusion de réalité précision et exactitude du dessin, utilisation de documents archéologiques crédibles donne au récit toute sa vraisemblance. La dimension fantastique, le mythe du trésor caché et de la malédiction qui poursuit le profanateur, le personnage de l'archéologue loufoque et inévitablement première dupe des bandits, une évidente fascination pour l'antique civilisation égyptienne : on trouve là un condensé des éléments qui feront de l'Égypte le cadre de nombreuses bandes dessinées sans parler de films et de péplums. On peut citer, par exemple, Le Sphinx d'or, et Le Prince du Nil, (Les aventures d'Alix, 1956, 1974) de Jacques Martin.

    Un mythe désacralisé

D'autres BD désacraliseront le mythe égyptien. Sans parler du petit chien Idéfix qui permet d'échapper au piège de la pyramide, dans Astérix et Cléopâtre, de René Goscinny et Albert Uderzo (1965), on gagnera à s'attarder sur Momies en folie (Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec) de Tardi. Le fantastique est dans cet ouvrage à prendre au deuxième degré ; les mystères de la vie après la mort et du réveil des momies ne peuvent se résoudre que dans une pyramide :
" Que fait une momie qui revient à la vie à PARIS 25 siècles après le sien ?
- Rien, elle fait rien ! Elle doit être trop dépaysée, la pauvre, ou alors elle va consommer un Picon absinthe au Zeyer...
- ... Elle cherche une pyramide ! Correct ?"
Bien sûr, la pyramide, il faut la chercher parmi les tombes du cimetière du Père-Lachaise, ou au parc Monceau. Car Paris aussi a construit ses pyramides...

Pyramide du parc Monceau, Paris,  photo Maro   Pyramide du parc Monceau, Paris, détail, photo Maro
Pyramide du parc Monceau, Paris, photo Maro

Mais "la momie d'Adèle et ses copines du Louvre ont pris la mer", et on les voit prendre le frais sur le pont du paquebot qui les ramène vers "de vraies pyramides", celles de Gizeh bien sûr. La dérision règne en maître.

Le XXIe siècle : l'ère du numérique

    À l'heure actuelle, livres, articles et sites internet se multiplient : en effet, le progrès scientifique permet de recueillir de nouvelles données, le développement technologique de procéder à des reconstitutions virtuelles et de les diffuser sur Internet pour satisfaire la curiosité du public  l'intérêt dans ce cas étant focalisé sur le mode de construction. L'animation en 3D et la reconstitution virtuelle viennent appuyer des recherches ; elles donnent cependant une illusion de réalité à des théories qui ne sont pas encore toutes vérifiées sur le terrain.