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La pyramide de Khéops

   

Techniques de construction

     La taille colossale de la construction a de tout temps –  d'Hérodote aux archéologues modernes – posé le problème du mode de construction dans un monde antique aux technologies encore rudimentaires, puisque le palan et la poulie sont encore inconnus. La durée de la construction a pu être évaluée grâce à une inscription gravée dans une des chambres de décharge ; le monument aurait été terminé en 25 ans, avant la mort de Khéops.

 Déroulement du chantier

    Le chantier de constructions impliqua nombre de tâches :
- creuser ce que l'on suppose être une "maquette" à taille réelle des galeries (située à proximité de la pyramide et découverte par l'archéologue anglais F. Petrie) ;
– déterminer l'orientation de la pyramide et en faire le tracé en l'orientant ;
– niveler le sol rocheux et creuser la chambre souterraine ;
– se procurer les matériaux : calcaire local pour la masse de la construction, granit d'Assouan acheminé par le Nil pour la chambre du roi, calcaire blanc provenant des carrières de Tura (ou Thoura, dans la région du Caire) pour le revêtement ;
– élever la pyramide et revêtir la masse des pierres de Tura, polies au préalable. Ces blocs ont aujourd'hui disparu, réemployés dans des constructions postérieures.

Connaissances mathématiques et techniques

   Avec quelles connaissances scientifiques les Égyptiens ont-ils pu édifier les pyramides ? La bataille fait rage. Il est sûr par exemple que la pyramide a été orientée au nord avec une remarquable précision ; et beaucoup ont voulu voir dans les mesures de la Grande Pyramide les traces de connaissances mathématiques avancées, s'appuyant en cela sur la tradition arabe de pyramides "réceptacles des sciences et des préceptes de sagesse", ainsi que sur les théories élaborées par Piazzi-Smith au XIXe siècle qui tentent de prouver que les Égyptiens connaissaient la valeur de pi. Or rien, dans les divers documents parvenus jusqu'à nous – papyrus, peinture, bas-relief, etc – ne permet d'attester de telles notions mathématiques dans l'Égypte antique, et plusieurs archéologues ont au contraire démontré que, si le savoir-faire technique est remarquable, des calculs géométriques simples suffisent pour édifier le monument.

   Ce qui est certain, c'est que la colossale entreprise d'édification du monument a supposé un chantier remarquable d'efficacité. Quelles étaient donc les techniques employées pour monter si haut des blocs extrêmement pesants ? Là aussi, égyptologues et amateurs d'antiquité ont émis de nombreuses hypothèses :

     élévation d'une rampe d'accès, soit autour du bâtiment en spirale, soit unique et rectiligne. Ces solutions posent des problèmes techniques : pour l'une, le trajet est trop long, et pose des difficultés aux angles ; pour l'autre, la rampe unique aurait dû être très longue pour avoir une pente qui permette de monter des blocs de pierre de plusieurs tonnes, et aurait exigé des travaux de terrassement énormes pour arriver au niveau du sommet de la pyramide. Ces deux systèmes auraient également pu être combinés. La dernière hypothèse en date, celle de Jean-Pierre Houdin, privilégie la solution d'une rampe intérieure, une sorte de couloir en creux ménagé dans la structure même ;

     montage par degrés, chaque degré servant d'appui pour hisser les pierres à l'aide d'un système de leviers ; cette théorie, émise par Peter Hodge, reprend les écrits d'Hérodote (Histoire, II, 125) ;

     pierres reconstituées : les pierres n'auraient pas été taillées puis hissées, mais coulées sur place, comme une sorte de béton moulé.

La question continue à faire couler beaucoup d'encre, et des titres frappants, annonçant que la solution imminente du "mystère" va être dévoilée
, apparaissent régulièrement dans la presse, voire à la télévision. Il n'en reste pas moins que les recherches scientifiques se poursuivent, utilisant les techniques les plus modernes (microgravimétrie, exploration par des robots, échos radars). Certains résultats ouvrent une nouvelle possibilité – elle aussi contestée : une chambre jusqu'alors inconnue pourrait se trouver au centre de la pyramide. Elle pourrait contenir la sépulture de Khéops, la "chambre du roi" ayant été précocement abandonnée à la suite de brisures apparues dans les poutres des chambres de décharge qui la surplombent.

Mythes et croyances
     
    Dès l'Antiquité, l'Égypte est considérée par les Grecs comme une source de science ésotérique. De plus, les sépultures royales égyptiennes étant soigneusement dissimulées pour échapper aux pillards, l'écriture hiéroglyphique étant longtemps restée impénétrable, les techniques de construction des monuments posant problème, le terrain est propice aux spéculations les plus diverses.

    Nombre d'archéologues rivalisent d'appellatifs peu amènes pour qualifier les théories les plus diverses qui ont fleuri, pour la plupart au XIXe siècle, sur les "mystères" des pyramides : "sottises", idées "farfelues", "élucubrations proclamées périodiquement par des ignorants et des marchands d'illusions". La pyramide recèlerait ainsi dans ses dimensions – parfois relevées de manière fantaisiste – des secrets, un message ésotérique renvoyant pour certains à un savoir perdu et crypté ; pour d'autres, elle serait à l'origine un observatoire astronomique ; pour d'autres encore, ne pouvant être l'œuvre de connaissances humaines, la Grande Pyramide serait le fruit d'une révélation divine et contiendrait, dans ses données chiffrées, des révélations prophétiques qui feraient écho aux révélations bibliques. Peut-être faut-il chercher, en partie, l'origine de certaines théories dans les particularités mathématiques de ces constructions. L'utilisation du "triangle égyptien" est rapprochée des calculs pythagoriciens, utilisés par les sectes ésotériques. La pyramide devient alors un symbole ésotérique courant, que l'on retrouve aussi parmi les symboles francs-maçons et... sur le billet américain d'un dollar.

  Pour certains enfin, la pyramide recèlerait encore des trésors considérables cachés dans son énorme masse et des passages secrets resteraient à trouver... Le rêve de la découverte est toujours bien vivant !