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La statue de Zeus à Olympie

   

Les sacrifices

À l'origine, le sanctuaire n'était pas exclusivement dédié au culte de Zeus mais, comme en témoignent les fouilles archéologiques, au couple Zeus-Héra. Le temple, aujourd'hui appelé Héraion, fut construit vers 600 av. J.-C., alors que les travaux pour celui de Zeus débutèrent en 470 av. J.-C. Nos connaissances des rites accomplis à Olympie sont dues essentiellement à Pausanias, qui écrit au IIe siècle apr. J.-C.

Les sacrifices habituels
Les Éléens accomplissaient régulièrement des rites en l'honneur de Pélops, Héra et Zeus, soit à l'extérieur sur les autels de Zeus ou d'Héra, soit à l'intérieur du prytanée. Les offrandes habituelles prenaient la forme de libations (vin versé sur l'autel), de dépôt de rameaux d'olivier (plante de Zeus), et de galettes et les prières étaient chantées.

« Chaque mois les Éléens sacrifient sur tous les autels dont j'ai fait mention. Ils couvrent l'autel de feuilles d'olivier, brûlent de l'encens et de la farine de froment pétrie avec du miel, et usent de vin dans leurs libations, excepté lorsqu'ils sacrifient aux Nymphes, ou à cette divinité qu'ils nomment la Maîtresse, ou à tous les dieux en général, car alors ils ne se servent point de vin. Le soin de ces sacrifices est confié au prêtre qui est en tour de présider, car chacun a son mois d'exercice. Il est assisté des devins, de ceux à qui il appartient d'apporter les libations, des interprètes, d'un joueur de flûte, et de celui qui fournit le bois. Quant aux paroles qu'ils prononcent en faisant les libations dans le prytanée, et aux hymnes qu'ils chantent, je me crois dispensé de les rapporter dans ces mémoires. Non seulement les Éléens font des libations aux dieux de la Grèce, mais ils en font encore à Jupiter Ammon, à Junon Ammonia, et à Parammon : Parammon est un surnom de Mercure. On voit que de tout temps ils ont eu recours à l'oracle de Lybie : des autels consacrés par les Éléens dans le temple de Jupiter Ammon en font foi ; l'inscription marque et la nature des choses sur quoi ils consultaient l'oracle, et la réponse de l'oracle, et les noms de ceux qu'ils avaient envoyé le consulter. Ils font aussi des libations en l'honneur de leurs héros et des femmes de ces héros. Dans ce nombre ils comprennent les héros d'Étolie comme ceux d'Élide. Tout ce qui se chante dans le prytanée est écrit en langue dorique ; mais ils ne savent pas eux-mêmes qui est l'auteur de ces cantiques. Enfin ils ont dans le prytanée une salle pour les festins publics vis-à-vis de l'endroit où ils gardent le feu sacré ; et c'est là que sont traités ceux qui remportent la victoire aux jeux olympiques. […] Les étrangers sont reçus tous les jours à faire des sacrifices, sans qu'il soit besoin d'attendre les jours plus solennels, comme les temps de foires. Pour les Éléens, il ne se passe point de jour qu'ils ne sacrifient à Jupiter Olympien.

Chaque année, le dix-neuf de Mars, les devins apportent de la cendre du prytanée ; ils la délayent dans de l'eau du fleuve Alphée, et en font une espèce de mortier dont ils enduisent l'autel : ce mortier ne se peut faire avec d'autre eau. C'est pourquoi l'Alphée passe pour être de tous les fleuves le plus agréable à Jupiter. […] Dans tous les sacrifices que les Éléens font à ce Dieu, ils observent inviolablement de ne brûler que du peuplier blanc. Je crois que la raison de cette préférence, est qu'Hercule a le premier apporté cet arbre de la Thesprotie en Grèce, et qu'il ne se servait pas d'un autre bois pour faire rôtir les cuisses des victimes. Il trouva cet arbre sur les bords de l'Achéron, et l'on croit que c'est pour cela qu'Homère en parlant du peuplier blanc, le nomme le chêne de l'Achéron. […]

Une autre merveille que l'on raconte de l'autel de Jupiter à Olympie, c'est que les milans qui de tous les oiseaux de proie sont les plus carnassiers, respectent le temps du sacrifice. Si par hasard un milan se jetait sur les entrailles ou sur la chair des victimes, on en tirerait un mauvais augure. On conte aussi qu'Hercule fils d'Alcmène sacrifiant un jour à Jupiter dans Olympie, fut si incommodé des mouches, que sur le champ, soit de son propre mouvement, soit par le conseil de quelqu'un des assistants, il immola une victime à Jupiter Apomyius ; et le sacrifice ne fut pas plutôt achevé que l'on vit toutes les mouches s'envoler au-delà de l'Alphée.
Depuis ce temps-là les Éléens ont coutume de faire tous les ans un sacrifice pour être délivrés de l'importunité des mouches durant les jours de fêtes qui sont consacrés à Jupiter. » (Pausanias, Le Tour de la Grèce, livre V, 13-14- 15, traduction Abbé Gédoyn 1794 sur le site Méditerrannées).

De là l'épithète étrange de « Zeus chasse-mouche… »

Prêtres et prêtresses
La tablette de Pitsa met en image une scène de sacrifice où l'on voit deux vases à libations, les instruments de musique, les rameaux, l'autel et la bête à sacrifier. Sur cette tablette, des femmes accomplissent le rituel. À Olympie, seize femmes étaient chargées des rites attachés au temple d'Héra, mais le culte de Zeus était assuré par des hommes.

« Ces seize matrones, ainsi que les directeurs des jeux olympiques au nombre de dix, n'entrent point en fonction qu'elles ne se soient purifiées par le sacrifice d'un porc et avec de l'eau de la fontaine Piera, qui est dans la plaine par où l'on va d'Olympie à Élis. Toutes ces choses me sont connues telles que je les rapporte. […] Parmi les ministres du temple de Jupiter il y en a un qui a soin de faire provision de bois, et d'en fournir pour un certain prix, soit aux villes, soit aux particuliers qui viennent faire des sacrifices, et ce bois est du peuplier blanc. Que si quelqu'un soit Éléen ou étranger mangeait des chairs de la victime immolée à Pélops, l'entrée du temple de Jupiter lui serait interdite. » (Pausanias, Le Tour de la Grèce, livre V, 15, traduction Abbé Gédoyn 1794 sur le site Méditerrannées).

Des sacrifices à l'intérieur du temple ?
On pense habituellement que les sacrifices (sanglants ou non) avaient toujours lieu à l'extérieur des temples, or Pausanias indique l'existence d'un autel à l'intérieur même du temple de Zeus :
θύουσι […] τῷ Ὀλυμπίῳ Διὶ ἰόντες ἐπὶ τὸν βωμὸν τὸν ἐντὸς τοῦ ναοῦ
Pausanias, Le Tour de la Grèce, livre V, Chapitre 14, 4.
Il faut donc imaginer des rites d'offrandes et de prières dans le temple même, comme dans le temple d'Apollon à Delphes ou à Éleusis.

 

Pour plus d'informations :
La religion grecque sur le site Musée vivant de l'antiquité de l'académie de Versailles.
La thusia ou le sacrifice sanglant chez les Grecs anciens par Laurent Malonda.
Écouter des extraits de musique antique sur le site Kerylos.