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La statue de Zeus à Olympie

   

Un artiste renommé : Phidias

La biographie de Phidias n'est pas encore établie avec certitude car les textes à son sujet sont parfois contradictoires, notamment en ce qui concerne son procès à Athènes et l'antériorité ou non de la statue de Zeus par rapport à celle d'Athéna. La découverte et la datation des objets de l'atelier n'ont pas encore permis de proposer une chronologie totalement satisfaisante.
Pline l'Ancien mentionnant les œuvres de Phidias et le Zeus d'Olympie écrit : « floruit autem olympiade LXXXIII, circiter CCC urbis nostrae annum ».
Voici néanmoins les éléments vers lesquels convergent, pour l'heure, les spécialistes : Phidias, fils de Charmidès, est né à Athènes vers 490 av. J.-C. Il apprit l'art de la sculpture auprès d'Agéladas qui avait exécuté plusieurs statues d'athlètes du sanctuaire d'Olympie ; il eut aussi une certaine renommée en peinture.
Vers l'âge de 20 ans, il fit preuve d'une remarquable maîtrise technique et d'originalité en réalisant, pour la cité de Platées, une statue d'Athéna de 8 mètres dont le corps était en bois recouvert de plaques d'or et les mains et la tête en marbre du Pentélique (Attique). À la même époque débutaient les travaux de construction du temple d'Olympie.
Il réalisa ensuite, entre 464- 450, sur l'Acropole deux statues de bronze, l'Athéna Promachos (9 mètres) dont, dit Pausanias, les navigateurs doublant le cap Sounion pouvaient distinguer la pointe de la lance et l'aigrette du casque, et l'Athéna Lemnia.
À partir de 447, (il avait 43 ans), Périclès lui confia la décoration du Parthénon, les frontons et l'exécution de la statue chryséléphantine du naos l'Athéna Parthénos (11,5 m de haut). Phidias travailla à cette statue de 447 à 438, soit près de 9 ans. C'est cette technique d'assemblage de feuilles d'or et de pièces d'ivoire pour réaliser des statues colossales qui va faire de Phidias un sculpteur admiré de tous.
Mais, son succès ainsi que son amitié avec Périclès vont lui porter préjudice, et Phidias est accusé en 433 d'avoir détourné une partie de l'or et de l'ivoire destinés à la statue. Il est condamné et les témoignages divergent sur sa peine : pour les uns (Plutarque, Vie de Périclès, 31) il meurt en prison, pour d'autres, il est contraint à l'exil et se rend à Olympie où il réalise la statue chryséléphantine de Zeus.

En l'état actuel des connaissances, il est impossible d'affirmer avec certitude que la statue chryséléphantine de Zeus, reconnue par la postérité comme chef-d'œuvre de Phidias et « merveille du monde », est postérieure à celle d'Athéna Parthénos à Athènes, mais il est reconnu que l'architecture du Parthénon a été pensée pour accueillir en son naos une statue colossale de 11,5 m, alors que le temple d'Olympie était terminé lorsque Phidias y réalisa la statue de 13 m.

La période durant laquelle Phidias a travaillé à Olympie est incertaine, mais l'inauguration du Parthénon aux Grandes Panathénées de 438, a consacré sa renommée et il est fort probable que les commandes comme celle des Éléens devaient dès lors affluer. D'autre part, comme l'écrit M. Martin J. Price, « Pausanias note, sur un des reliefs de la statue, la présence d'un personnage "qui se met un ruban de la victoire dans les cheveux ; on dit qu'il représente Pantarkès, un jeune homme d'Élis, favori de Phidias. Il avait gagné à la lutte à la 86e Olympiade" (436 av. J.-C.). Cette référence à Pantarkès nous permet de situer assez exactement l'époque où Phidias travailla à Olympie. »

Phidias signa son œuvre de ces mots inscrits aux pieds de Zeus : « C'est Phidias, fils de Charmides, un Athénien, qui m'a fait. »

Si la vie de Phidias reste pleine d'ombres, l'artiste est une figure incontestée de l'art grec antique : Ingres représente Phidias sur un plafond du Louvre Apothéose d'Homère, Jacques Pradier le réalise méditatif… Est-ce pour son projet de statue de Zeus ?

Les témoignages sur Phidias sont des textes tardifs dont voici un petit aperçu, par ordre chronologique :
Cicéron
Strabon
Pline l'Ancien
Quintilien
Dion Chrysostome
Plutarque
Pausanias