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La statue de Zeus à Olympie

   

Dion Chrysostome

Dion de Pruse , à qui sera donné le surnom de Chrysostome (c'est-à-dire Bouche d'or), est né en 40 à Pruse en Bithynie (Asie mineure), dans une famille riche. Il se fit admirer à Rome et dans tout l'empire sous Néron et ses successeurs, pour sa clairvoyance politique. Le consul Vespasien avait entrepris un voyage jusqu'à Alexandrie pour prendre son avis sur la conduite des affaires publiques et Dion l'avait engagé à laisser choisir les Romains entre la république et la monarchie. Mais Vespasien ne tint pas compte de ce conseil et renversa Vitellius pour prendre le pouvoir à son tour. Impliqué sous Domitien dans une conspiration, Dion se réfugia dans le pays des Gètes, près de la mer noire, où il resta longtemps ignoré. A la nouvelle de la mort de Domitien en 96, l'armée romaine campée sur les bords du Danube était sur le point de se révolter : Dion, qui se trouvait dans le camp, déguisé en mendiant, se fait aussitôt connaître, harangue les troupes et fait proclamer Nerva. Il jouit de la faveur de ce prince et de Trajan. Il meurt en 112. Il reste de lui 80 discours, parmi lesquels on remarque 4 Discours sur la royauté, qui sont un panégyrique détourné de Trajan. (source Wikipedia)

Dion, durant ses quatorze années d'exil et d'errances, fait sienne peu à peu la doctrine des cyniques : se dépouiller de tout besoin, s'endurcir et dompter ses désirs. Lors des jeux de 97 ap. J.-C., Dion Chrysostome, dont la réputation d'orateur est déjà acquise, est invité à faire un discours devant le temple de Zeus (Discours olympique) : il se présente modestement comme un pélerin qui considère "les choses divines plus belles et plus utiles que les choses humaines si importantes soient-elles" (XII, 20), explique qu'il n'est pas un philosophe qui fait école, ni un sophiste mais implicitement il se place dans la tradition de Socrate. Il prétend s'interroger sur la manière dont honorer au mieux la divinité : faut-il proposer un hymne, un panégyrique ?... et amène finalement son auditoire à s'interroger sur l'idée de dieu que se font les hommes et la représentation anthropomorphique. Ce texte est remarquable pour montrer un état de la réflexion religieuse en Grèce au I er siècle ap.J.-C., au moment même où un autre romain, Paul, qui lui était d'origine juive, diffusait le christianisme en Grèce.

Voici plusieurs extraits du discours :
Dion s'adresse à la foule assemblée devant le temple de Zeus à Olympie à l'occasion des jeux olympiques de 97 ap.J.-C. (XII,25)
texte grec / texte français/ texte bilingue

Dion examine les origines de l'idée que les hommes se font de la divinité. La première est innée, la seconde leur vient des poètes, la troisième du législateur, la quatrième des arts plastiques (XII, 44)
texte grec / texte français/ texte bilingue

Dion imagine que Phidias ait eu à rendre compte de son travail devant un tribunal de grecs qui lui reprocheraient l'anthropomorphisme de la statue chryséléphantine ( XII, 49)
texte grec / texte français/ texte bilingue

Prosopopée de Phidias : difficulté de l'art du sculpteur par rapport au poète (XII, 69-70)
texte grec / texte français/ texte bilingue

Prosopopée de Phidias : réaliser une statue qui représente des qualités du dieu des dieux (XII, 74 -77)
texte grec / texte français/ texte bilingue

Prosopopée de Zeus (fin du discours) : il remercie les Éléens du culte dont ils l'honorent et des jeux, mais aussi, citant Homère, leur reproche le mauvais état de la statue ou une certaine déchéance de la religion grecque (l'interprétation des deux vers du chant XXIV l'Odyssée est contestée)
texte grec / texte français/ texte bilingue