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Le temple d'Artémis à Éphèse

 
Édifice modèle

Le temple d'Éphèse est un édifice modèle
à plusieurs égards. Ici encore, Pline l'Ancien et Vitruve sont nos sources principales.

Techniques de construction

Ces deux auteurs indiquent tous deux que c'est à Éphèse que furent pour la première fois mises en oeuvre de nouvelles techniques, que rendaient nécessaires les dimensions inhabituelles de l'édifice, la nature du sol, et l'emploi massif du marbre. Les Grecs ne partaient pas de rien puisque les Egyptiens construisaient depuis longtemps des édifices de plus grandes dimensions et on sait que certains des ingénieurs qui travaillaient sur les chantiers de l'Artémision connaissaient leurs procédés. Mais le temple d'Éphèse posait des problèmes spécifiques. Pour les résoudre, il fallut mettre au point des méthodes qui furent par la suite réutilisées dans d'autres édifices et, parfois, à d'autres fins.

Le terrain sur lequel Chersiphron et Métagénès durent élever le premier temple était marécageux. De l'avis des architectes, ce type de terrain ne constitue pas un obstacle insurmontable. Les hommes du néolithique bâtissaient déjà des habitations et des cités sur pilotis. Un sol sableux et mouvant présente même un avantage à long terme car il est moins sensible aux tremblements de terre. Mais il s'agissait d'élever à l'embouchure du Caystre un temple colossal dont les fondations devaient absolument être stabilisées. L'invention de Chersiphron, qui eut l'idée de constituer un substrat composé de peaux de bêtes et de charbon, passait donc, aux yeux des Anciens, comme une innovation majeure. Les fouilles ont montré depuis que le temple de Crésus reposait aussi sur une couche de schiste, ce qui correspond à la même intention : poser sur la couche sablonneuse et limoneuse un substrat suffisamment souple pour s'amalgamer à celle-ci tout en la solidifiant.

(Lire le Texte de Pline l'Ancien)
Sur les techniques employées pour les fondations des temples en général, on peut lire aussi les remarques de Vitruve.

Le poids des matériaux constituait un autre obstacle sérieux, d'une part parce que les blocs de marbres étaient difficiles à acheminer de la carrière jusqu'au chantier, d'autre part parce que la hauteur de l'édifice rendait difficile la pose et l'ajustement des parties les pus élevées.
C'est à cette occasion, nous dit Vitruve, qu'on inventa de nouvelles machines. On en fabriqua de deux sortes : l'une pour les blocs de section cylindriques, l'autre pour les blocs parallélépipédiques. (voir à ce sujet la rubrique consacrée aux techniques de construction). On sait que ces techniques furent ensuite réemployées dans d'autres temples, comme celui de Ségeste, en Sicile, où l'on peut encore voir la trace des goujons sur les sections carrées. Quant aux cylindres montés sur des cadres de bois, on les utilisa par la suite comme rouleaux compresseurs pour aplanir le sol des palestres.


L'invention de Métagénès signalée par Pline, qui consistait à ajuster au millimètre la pose des architraves et du linteau de la porte au moyen de sacs de sable n'en est probablement pas une. La technique était déjà utilisée en Mésopotamie et en Egypte depuis plusieurs siècles.

Naissance de l'ordre ionique

"Ce fut dans le temple de Diane d'Éphèse, avant l'incendie, qu'on mit pour la première fois aux colonnes des tores et des chapiteaux, et on régla que les colonnes auraient en diamètre la huitième partie de leur hauteur; que les tores auraient en hauteur moitié de ce même diamètre; enfin, que l'extrémité supérieure du fût aurait en diamètre un septième de moins que l'extrémité inférieure." (Pline l'Ancien, Histoire Naturelle,  XXXVI, 66)

On voit que, pour Pline l'Ancien, le temple d'Artémis a valeur d'édifice modèle dès sa première construction, au VIe siècle, parce qu'il apporte des innovations dans la proportion et l'ornementation des colonnes. Vitruve 
voyait aussi dans le temple d'Éphèse un des tout premiers exemples de construction de type ionique (De l'Architecture, X, 12).

C'est d'ailleurs 
à cet architecte de l'époque romaine qu'on doit la classification en trois ordres que l'on emploie encore aujourd'hui.

Les trois ordres
Spécificités de l'ordre ionique
Ornements des colonnes

La lecture de son traité d'architecture permet de situer le temple d'Artémis par rapport à d'autres édifices ayant aussi valeur de modèle aux yeux des anciens.

Sur les cinq espèces de temples
Sur les proportions des temples
Sur l'orientation des temples  et celle des autels 
Sur le plan intérieur des temples 
Sur les portes et les chambranles