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 LE TEMPLE D'ARTÉMIS À ÉPHÈSE

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Callimaque : Artémis n'aime pas la ville
(Callimaque, Hymne à Artémis, 1-25)

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Ἄρτεμιν (οὐ γὰρ ἐλαφρὸν ἀειδόντεσσι λαθέσθαι)
ὑμνέομεν, τῇ τόξα λαγωβολίαι τε μέλονται
καὶ χορὸς ἀμφιλαφὴς καὶ ἐν οὔρεσιν ἑψιάασθαι,
ἄρχμενοι ὡς ὅτε πατρὸς ἐφεζομένη γονάτεσσι
παῖς ἔτι κουρίζουσα τάδε προσέειπε γονῆα·
δός μοι παρθενίην αἰώνιον, ἄππα, φυλάσσειν͵
καὶ πολυωνυμίην, ἵνα μή μοι Φοῖβος ἐρίζῃ,
δὸς δ΄ ἰοὺς καὶ τόξαἔα πάτερ͵ οὔ σε φαρέτρην
οὐδ΄ αἰτέω μέγα τόξον· ἐμοὶ Κύκλωπες ὀϊστούς
αὐτίκα τεχνήσονται͵ ἐμοὶ δ΄ εὐκαμπὲς ἄεμμα·
ἀλλὰ φαεσφορίην τε καὶ ἐς γόνυ μέχρι χιτῶνα
ζώννυσθαι λεγνωτόν͵ ἵν΄ ἄγρια θηρία καίνω.
δὸς δέ μοι ἑξήκοντα χορίτιδας Ὠκεανίνας͵
πάσας εἰνέτεας, πάσας ἔτι παῖδας ἀμίτρους.
δὸς δέ μοι ἀμφιπόλους Ἀμνισίδας εἴκοσι νύμφας,
αἵ τε μοι ἐνδρομίδας τε καὶ ὁππότε μηκέτι λύγκας
μήτ΄ ἐλάφους βάλλοιμι, θοοὺς κύνας εὖ κομέοιεν.
δὸς δέ μοι οὔρεα πάντα· πόλιν δέ μοι ἥντινα νεῖμον
ἥντινα λῇς· σπαρνὸν γὰρ ὅτ΄ Ἄρτεμις ἄστυ κάτεισιν·
οὔρεσιν οἰκήσω͵ πόλεσιν δ΄ ἐπιμείξομαι ἀνδρῶν
μοῦνον ὅτ΄ ὀξείῃσιν ὑπ΄ ὠδίνεσσι γυναῖκες
τειρόμεναι καλέωσι βοηθόον, ᾗσί με Μοῖραι
γεινομένην τὸ πρῶτον ἐπεκλήρωσαν ἀρήγειν͵
ὅττι με καὶ τίκτουσα καὶ οὐκ ἤλγησε φέρουσα
μήτηρ, ἀλλ΄ ἀμογητὶ φίλων ἀπεθήκατο γυίων.

(Callimaque, Hymne à Artémis,  1-25)

   

Chantons Artémis ! (malheur aux poètes qui l'oublient ! ) chantons la déesse qui se plaît à lancer des traits, à poursuivre les daims, à former des danses et des jeux sur la cime des montagnes. Rappelons ce jour où Artémis, encore dans l'enfance, assise sur les genoux de Jupiter, lui adressa ces prières : "Accorde, ô mon père ! accorde à ta fille de rester toujours vierge, et de porter assez de noms divers pour que Phébus ne puisse le lui disputer. Donne-moi, comme à Phébus, un arc et des flèches. Que dis-je ?... non, mon père, ce n'est point à toi d'armer ta fille ; les Cyclopes s'empresseront bientôt de me fabriquer des traits, de me forger un carquois. Alors donne-moi l'attribut distinctif de porter des flambeaux et de revêtir une tunique à frange qui ne me descendra que jusqu'aux genoux, pour ne point, m'embarrasser à la cuirasse. Attache à ma suite soixante filles de l'Océan, qui soient toutes à l'âge où l'on ne porte point encore de ceinture. Que vingt autres Nymphes, filles de l'Amnisus, destinées à me servir aux heures où je cesserai de percer les lynx et les cerfs, prennent soin de mes brodequins et de mes chiens fidèles. Cède-moi les montagnes. Je ne demande qu'une ville à ton choix. Artémis rarement descendra dans les villes. J'habiterai les monts, et n'approcherai des cités qu'aux moments où les femmes, travaillées des douleurs aiguës de l'enfantement, m'appelleront à leur aide. Tu sais qu'au jour de ma naissance les Moires m'ont imposé la loi de les secourir, parce que le sein qui m'a porté n'a point connu la douleur, et, sans travail, a déposé son fardeau.
 

Traduction Laporte-Dutheil modifiée par MSM

Texte intégral disponible sur le site de Philippe Remacle