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 LE TEMPLE D'ARTÉMIS À ÉPHÈSE

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Callinos : Appel au combat face à la menace cimmérienne
(Callinos, Elegies)

 Ce poème élégiaque, composé par Callinos au VII° siècle av. J.C, lance un appel à la résistance et au combat face au danger des invasions cimériennes.  C'est une source historique intéressante  mais aussi l'expression émouvante du désarroi d'un homme qui sent sa culture menacée moins par l'agression extérieure que par  l'indolence de ses contemporains. Le genre a connu depuis quelque succès.

Μέχρις τέο κατάκεισθε ; κότ΄ ἄλκιμον ἕξετε θυμόν,
ὦ νέοι ; οὐδ΄ αἰδεῖσθ΄ ἀμφιπερικτίονας
ὧδε λίην μεθιέντες ; ἐν εἰρήνηι δὲ δοκεῖτε
ἧσθαι͵ ἀτὰρ πόλεμος γαῖαν ἅπασαν ἔχει
καί τις ἀποθνήσκων ὕστατ΄ ἀκοντισάτω.
τιμῆέν τε γάρ ἐστι καὶ ἀγλαὸν ἀνδρὶ μάχεσθαι
γῆς πέρι καὶ παίδων κουριδίης τ΄ ἀλόχου

δυσμενέσιν· θάνατος δὲ τότ΄ ἔσσεται͵ ὁππότε κεν δὴ

Μοῖραι ἐπικλώσωσ΄. ἀλλά τις ἰθὺς ἴτω

ἔγχος ἀνασχόμενος καὶ ὑπ΄ ἀσπίδος ἄλκιμον ἦτορ

ἔλσας, τὸ πρῶτον μειγνυμένου πολέμου.

οὐ γάρ κως θάνατόν γε φυγεῖν εἱμαρμένον ἐστὶν

ἄνδρ΄͵ οὐδ΄ εἰ προγόνων ἦι γένος ἀθανάτων.

Πολλάκι δηϊοτῆτα φυγὼν καὶ δοῦπον ἀκόντων

ἔρχεται, ἐν δ΄ οἴκωι μοῖρα κίχεν θανάτου,

ἀλλ΄ ὁ μὲν οὐκ ἔμπης δήμωι φίλος οὐδὲ ποθεινός·

τὸν δ΄ ὀλίγος στενάχει καὶ μέγας ἤν τι πάθηι·

λαῶι γὰρ σύμπαντι πόθος κρατερόφρονος ἀνδρὸς

θνήσκοντος͵ ζώων δ΄ ἄξιος ἡμιθέων·

ὥσπερ γάρ μιν πύργον ἐν ὀφθαλμοῖσιν ὁρῶσιν·

ἔρδει γὰρ πολλὼν ἄξια μοῦνος ἐών.

(Callinos, Elegies)

   
Combien de temps encore reposerez-vous ? Quand aurez-vous un cœur vaillant, jeunes hommes? N'avez-vous point honte de vous montrer ainsi efféminés aux nations voisines? Vous croyez ainsi vivre en paix; mais la guerre envahit toute la contrée. Que chacun, en combattant, présente son bouclier à ses adversaires et que, sur le point de rendre l'âme, il lance son dernier trait.
Car il est honorable, il est glorieux pour un brave de combattre contre les ennemis pour sa patrie, pour ses enfants, pour sa légitime épouse ; la mort viendra, quand sera coupé le fil des Parques.
Hé bien donc, que chacun s'avance fièrement, dressant sa lance, et serrant son vaillant cœur contre son bouclier, au moment où va commencer la mêlée. Car fuir la mort fixée par les destins est impossible à un homme, quand même il aurait des immortels pour ancêtres.
Souvent tel qui part pour éviter le combat et le bruit des traits est frappé dans sa maison par une mort fatale. Celui-là n'excite parmi le peuple aucune affection, aucun regret. Mais, l'autre, petits et grands le pleurent, s'il vient à périr.
Car la nation tout entière déplore la mort d'un vaillant guerrier, et s'il vit, on l'estime autant que les demi-dieux. Il est comme un rempart aux yeux de ses concitoyens; à lui seul il est aussi utile que beaucoup d'autres ensemble.


Traduction L. Humbert
Poètes moralistes de la Grèce
Paris, Librairie Garnier  Frères

Texte intégral disponible sur le site remacle.org