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 LE TEMPLE D'ARTÉMIS À ÉPHÈSE

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Ciceron : Rome face au droit d'asile
(In Verrem,  II, 33)

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Cur imminuisti ius legationis, cur causam populi Romani deseruisti ac prodidisti, cur iniurias tuas coniunctas cum publicis reliquisti? Non te ad senatum causam deferre, non de tam atrocibus iniuriis conqueri, non eos homines qui populum concitarant consulum litteris euocandos curare oportuit?
Nuper M- Aurelio Scauro postulante, quod is Ephesi se quaestorem ui prohibitum essedicebat quo minus e fano Dianae seruum suum, qui in illud asylum confugisset, abduceret, Pericles Ephesius, homo nobilissimus, Romam euocatus est, quod auctor illius iniuriae fuisse arguebatur: tu, si te legatum ita Lampsaci tractatum esse senatum docuisses ut tui comitesuulnerarentur, lictor occideretur, ipse circumsessus paene incenderere, eius autem rei duceset auctores et principes fuisse, quos scribis, Themistagoram et Thessalum, quis noncommoueretur, quis non ex iniuria quae tibi esset facta sibi prouideret, quis non in ea recausam tuam, periculum commune agi arbitraretur? Etenim nomen legati eius modi essedebet quod non modo inter sociorum iura, sed etiam inter hostium tela incolume uersetur.

(In Verrem,  II, 33)

   

Pourquoi avez-vous laissé perdre vos droits de lieutenant? pourquoi avez-vous déserté? pourquoi avez-vous trahi la cause du peuple romain? pourquoi avez-vous négligé vos injures quand il s'y joignait des injures publiques? Ne deviez-vous pas déférer cette cause au sénat; lui demander justice de ces attentats; faire citer devant lui par l'ordre des consuls les agitateurs du peuple? M. Émilius Scaurus ayant écrit dernièrement qu'à Éphèse on l'avait empêché, lui questeur du peuple romain, d'emmener du temple de Diane son esclave qui s'y était réfugié, qu'on avait même usé de violence envers lui, Périclès, noble Éphésien, fut cité à Rome, à la requête du questeur, comme le principal auteur de cette injure. Si vous aviez instruit le sénat de ce qui s'était passé à Lampsaque, des violences qu'on vous avait faites; si vous lui aviez écrit qu'au mépris de votre dignité, les habitants avaient tué votre licteur, blessé ceux qui l'accompagnaient, assiégé votre maison; qu'ils vous avaient presque brûlé vif, et que les instigateurs, les chefs de cette rébellion étaient ceux que vous désignez dans votre lettre, Thémistagoras et Thessalus; qui n'eût été indigné? qui n'eût, en les punissant, pourvu à sa sûreté personnelle? qui n'eût pas vu dans votre cause la cause de tous? En effet, un lieutenant du peuple romain doit être assez respecté pour n'avoir rien à craindre, je ne dirai pas chez des alliés, mais même au milieu des ennemis.

Texte intégral disponible sur le site de Philippe Remacle