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 LE TEMPLE D'ARTÉMIS À ÉPHÈSE

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Elien : Pindare et Crésus
(Elien, Histoires, III, 26)

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Πίνδαρος ὁ Μέλανος υἱός, Ἀλυάττου δὲ θυγατριδοῦς τοῦ Λυδοῦ, διαδεξάμενος τὴν Ἐφεσίων τυραννίδα πρὸς μὲν τὰς τιμωρίας πικρὸς ἦν καὶ ἀπαραίτητος, τά γε μὴν ἄλλα ἐδόκει φιλόπατρις εἶναι καὶ σώφρων, καὶ τοῦ μὴ δουλεῦσαι τὴν πατρίδα τοῖς βαρβάροις πολλὴν πρόνοιαν ἔθετο. ἔδειξε ταῦτα οὕτως ἔχειν ἐκεῖνα δήπου. ἐπεὶ γὰρ Κροῖσος ὁ πρὸς μητρὸς αὐτοῦ θεῖος καταστρεφόμενος τὴν Ἰωνίαν καὶ πρὸς τὸν Πίνδαρον πρεσβείαν ἀπέστειλεν, ἀξιῶν Ἐφεσίους ὑπ´ αὐτῷ γενέσθαι,  ὡς δ´ οὐκ ἐπείσθη, ἐπολιόρκει τὴν πόλιν Κροῖσος. ἐπεὶ δέ τις τῶν πύργων ἀνετράπη ὁ κληθεὶς ὕστερον Προδότης, καὶ ἐν ὀφθαλμοῖς ἑωρᾶτο τὸ δεινόν, συνεβούλευεν ὁ Πίνδαρος Ἐφεσίοις ἐκδήσαντας ἐκ τῶν πυλῶν καὶ τῶν τειχῶν θώμιγγας συνάψαι τοῖς κίοσι τοῦ τῆς Ἀρτέμιδος νεώ, οἱονεὶ τὴν πόλιν ἀνάθημα ἐῶντας εἶναι τῇ Ἀρτέμιδι, ἀσυλίαν διὰ τούτων ἐπινοῶν τῇ Ἐφέσῳ· ὃ δὲ συνεβούλευε προσελθόντας δεῖσθαι τοῦ Λυδοῦ. προβαλλομένων δὲ τὴν ἱκετηρίαν τῶν Ἐφεσίων γελάσαντά φασι τὸν Κροῖσον καὶ δεξάμενον πράως τὸ στρατηγηθὲν τοῖς μὲν Ἐφεσίοις συγχωρῆσαι τὴν μετ´ ἐλευθερίας ἀσφάλfile:///G:/TLG/ειαν, τῷ δὲ Πινδάρῳ προστάξαι τῆς πόλεως ἀπαλλάττεσθαι. ὃ δὲ οὐκ ἀντεῖπε, τῶν φίλων δὲ τοὺς συναπαίρειν αὐτῷ βουληθέντας παραλαβών, τὸν υἱὸν καὶ τῆς οὐσίας τὸ πλεῖστον τῇ πόλει παρακαταθέμενος καὶ ἕνα τῶν συνήθων Πασικλέα ἀποδείξας ἐπίτροπον καὶ τοῦ παιδὸς καὶ τῶν χρημάτων, ἀπῆρεν ἐς Πελοπόννησον, τυραννικοῦ βίου φυγὴν αὐθαίρετον ἀλλαξάμενος ὑπὲρ τοῦ μὴ ποιῆσαι τὴν πατρίδα ὑποχείριον Λυδοῖς.

(Elien, Histoires, III, 26)

   

Pindare, fils de Mélas et de la fille d'Alyattès, roi de Lydie, s'étant emparé du pouvoir souverain à Éphèse, fut d'une sévérité inexorable dans les cas qui méritaient des peines, mais doux et modéré dans toute autre circonstance. Il montra surtout son attachement à sa patrie, par le soin qu'il eut de la préserver du joug des barbares. Voici comment il se conduisit. Crésus, son oncle maternel, ayant assujetti l'Ionie, lui manda par des ambassadeurs, qu'il eût à remettre Éphèse entre ses mains : comme Pindare refusa de se rendre, Crésus forma le siège de la ville. Sur ces entrefaites, une des tours, qui depuis a été nommée la Traîtresse, vint à s'écrouler : Pindare, voyant alors que le danger devenait pressant, conseilla aux habitants d'attacher des cordes, d'un bout aux portes et aux murs de la ville, de l'autre aux colonnes du temple de Diane, comme pour faire de la ville même une offrande à la déesse : il espérait par cette espèce de consécration la sauver du pillage. En même temps, il leur conseilla d'aller trouver Crésus pour lui demander grâce. On dit que ce prince, à la vue des Éphésiens qui venaient à lui, portant les marques ordinaires de suppliants, sourit de leur stratagème, loin d'en être irrité; qu'il leur accorda la liberté avec la vie, et qu'il se contenta d'ordonner à Pindare de sortir dÉphèse. Pindare obéit : il rassembla ceux d'entre ses amis qui se trouvèrent disposés à le suivre; et après avoir chargé Pasiclès, un de ceux qui lui étaient le plus attachés, de veiller sur son fils et sur les effets qu'il laissait dans la ville, il se retira dans le Péloponnèse. Ainsi, pour ne pas asservir sa patrie aux Lydiens, Pindare échangea l'honneur de gouverner contre un exil volontaire.

Traduction Bon-Joseph DACIER, ELIEN, Histoires diverses. Paris, Delalain, 1827

Texte intégral disponible sur le site Hodoi elektronikai de l'Université Catholique de Louvain
et sur le site de Philippe remacle