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 LE TEMPLE D'ARTÉMIS À ÉPHÈSE

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Hérodote : Les Phocéens abandonnent leur cité
(Hérodote, Histoire,  I, 163-164)


Oἱ δὲ Φωκαιέες οὗτοι ναυτιλίῃσι μακρῇσι πρῶτοι Ἑλλήνων ἐχρήσαντο, καὶ τὸν τε Ἀδρίην καὶ τὴν Τυρσηνίην καὶ τὴν Ἰβηρίην καὶ τὸν Ταρτησσὸν οὗτοι εἰσὶ οἱ καταδέξαντες? (2) ἐναυτίλλοντο δὲ οὐ στρογγύλῃσι νηυσὶ ἀλλὰ πεντηκοντέροισι. ἀπικόμενοι δὲ ἐς τὸν Ταρτησσὸν προσφιλέες ἐγένοντο τῷ βασιλέι τῶν Ταρτησσίων, τῷ οὔνομα μὲν ἦν, Ἀργανθώνιος, ἐτυράννευσε δὲ Ταρτησσοῦ ὀγδώκοντα ἔτεα, ἐβίωσε δὲ πάντα εἴκοσι καὶ ἑκατόν. (3) τούτῳ δὴ τῷ ἀνδρὶ προσφιλέες οἱ Φωκαιέες οὕτω δή τι ἐγένοντο ὡς τὰ μὲν πρῶτα σφέας ἐκλιπόντας Ἰωνίην ἐκέλευε τῆς ἑωυτοῦ χώρης οἰκῆσαι ὅκου βούλονται? μετὰ δέ, ὡς τοῦτό γε οὐκ ἔπειθε τοὺς Φωκαιέας, δὲ πυθόμενος τὸν Μῆδον παρ? αὐτῶν ὡς αὔξοιτο, ἐδίδου σφι χρήματα τεῖχος περιβαλέσθαι τὴν πόλιν, (4) ἐδίδου δὲ ἀφειδέως? καὶ γὰρ καὶ περίοδος τοῦ τείχεος οὐκ ὀλίγοι στάδιοι εἰσί, τοῦτο δὲ πᾶν λίθων μεγάλων καὶ εὖ συναρμοσμένων.

Tὸ μὲν δὴ τεῖχος τοῖσι Φωκαιεῦσι τρόπῳ τοιῶδε ἐξεποιήθη. δὲ Ἅρπαγος ὡς ἐπήλασε τὴν στρατιήν, ἐπολιόρκεε αὐτούς, προισχόμενος ἔπεα ὥς οἱ καταχρᾷ εἰ βούλονται Φωκαιέες προμαχεῶνα ἕνα μοῦνον τοῦ τείχεος ἐρεῖψαι καὶ οἴκημα ἓν κατιρῶσαι. (2) οἱ δὲ Φωκαιέες περιημεκτέοντες τῇ δουλοσύνη ἔφασαν θέλειν βουλεύσασθαι ἡμέρην μίαν καὶ ἔπειτα ὑποκρινέεσθαι? (3) ἐν δὲ βουλεύονται αὐτοί, ἀπαγαγεῖν ἐκεῖνον ἐκέλευον τὴν στρατιὴν ἀπὸ τοῦ τείχεος. Ὁ δ' Ἅρπαγος ἔφη εἰδέναι μὲν εὖ τὰ ἐκεῖνοι μέλλοιεν ποιέειν, ὅμως δὲ σφι παριέναι βουλεύσασθαι. ἐν ᾧ ὦν ὁ Ἅρπαγος ἀπὸ τοῦ τείχεος ἀπήγαγε τὴν, στρατιήν, οἱ Φωκαιέες ἐν τούτῳ κατασπάσαντες τὰς πεντηκοντέρους, ἐσθέμενοι τέκνα καὶ γυναῖκας καὶ ἔπιπλα πάντα, πρὸς δὲ καὶ τὰ ἀγάλματα τὰ ἐν τῶν ἱρῶν καὶ τὰ ἄλλα ἀναθήματα, χωρὶς ὅ τι χαλκὸς ἢ λίθος ἢ γραφὴ ἦν, τὰ δὲ ἄλλα πάντα ἐσθέντες καὶ αὐτοὶ εἰσβάντες ἔπλεον ἐπὶ Χίου. τὴν δὲ Φωκαίην ἐρημωθεῖσαν ἀνδρῶν ἔσχον οἱ Πέρσαι.

(Hérodote, Histoire,  I, 163-164)

   
Les Phocéens sont les premiers chez les Grecs qui aient entrepris de longs voyages sur mer, et qui aient fait connaître la mer Adriatique, la Tyrrhénie, l'Ibérie et Tartessus. Ils ne se servaient point de vaisseaux ronds, mais de vaisseaux à cinquante rames. Étant arrivés à Tartessus, ils se rendirent agréables à Arganthonius, roi des Tartessiens, dont le règne fut de quatre-vingts ans, et qui en vécut en tout cent vingt. Les Phocéens surent tellement se faire aimer de ce prince, qu'il voulut d'abord les porter à quitter l'Ionie pour venir s'établir dans l'endroit de son pays qui leur plairait le plus ; mais, n'ayant pu les y engager, et ayant dans la suite appris d'eux que les forces de Crésus allaient toujours en augmentant , il leur donna une somme d'argent pour entourer leur ville de murailles. Cette somme devait être considérable, puisque l'enceinte de leurs murs est d'une vaste étendue, toute de grandes pierres jointes avec art. C'est ainsi que le mur des Phocéens fut bâti.

Harpage n'eut pas plutôt approché de la place, qu'il en forma le siège, faisant dire en même temps aux Phocéens qu'il serait content s'ils voulaient seulement abattre, une tour de la ville, et consacrer une maison. Comme ils ne pouvaient souffrir l'esclavage, ils demandèrent un jour pour délibérer sur sa proposition, promettant, après cela, de lui faire réponse. Ils le prièrent aussi de retirer ses troupes de devant leurs murailles pendant qu'on serait au conseil. Harpage répondit que, quoiqu'il n'ignorât pas leurs projets, il ne laissait pas cependant de leur permettre de délibérer. Pendant qu'Harpage retirait ses troupes de devant la ville, les Phocéens lancèrent leurs vaisseaux en mer, y mirent leurs femmes, leurs enfants et leurs meubles, et, de plus, les statues et les offrandes qui se trouvèrent dans les temples, excepté les peintures et les statues de bronze et de pierre. Lorsqu'ils eurent porté tous leurs effets à bord de ces vaisseaux, ils s'embarquèrent et firent voile à Chios : les Perses, ayant trouvé la ville abandonnée, s'en emparèrent.

Traduction P.-H. Larcher (Paris, ed° Lefevre et Charpentier 1842)

Texte intégral disponible sur le site Hodoi elektronikai de l'Université Catholique de Louvain