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 LE TEMPLE D'ARTÉMIS À ÉPHÈSE

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Lucien : Vanité du Mégabyse
(Timon,  21)

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Ἐπειδὰν δὲ τὸ σημεῖον ἀφαιρεθῇ καὶ τὸ λίνον ἐντμηθῇ καὶ ἡ δέλτος ἀνοιχθῇ καὶ ἀνακηρυχθῇ μου ὁ καινὸς δεσπότης ἤτοι συγγενής τις ἢ κόλαξ ἢ καταπύγων οἰκέτης ἐκ παιδικῶν τίμιος, ὑπεξυρημένος ἔτι τὴν γνάθον, ἀντὶ ποικίλων καὶ παντοδαπῶν ἡδονῶν ἃς ἤδη ἔξωρος ὢν ὑπηρέτησεν αὐτῷ μέγα τὸ μίσθωμα ὁ γενναῖος ἀπολαβών, ἐκεῖνος μέν,ὅστις ἂν ᾖ ποτε, ἁρπασάμενός με αὐτῇ δέλτῳ θέει φέρων ἀντὶ τοῦ τέως Πυρρίου ἢ Δρόμωνος ἢ Τιβείου Μεγακλῆς ἢ Μεγάβυζος ἢ Πρώταρχος μετονομασθείς, τοὺς μάτην κεχηνότας ἐκείνους ἐς ἀλλήλους ἀποβλέποντας καταλιπὼν ἀληθὲς ἄγοντας τὸ πένθος͵,οἷος αὐτοὺς ὁ θύννος ἐκ μυχοῦ τῆς σαγήνης διέφυγεν οὐκ ὀλίγον τὸ δέλεαρ καταπιών.

(Timon,  21)

   

Lorsqu'il faut que je passe d'un maître à un autre, on m'emballe dans un testament, on me scelle avec soin, et l'on m'emporte comme un paquet : cependant le mort gît dans un coin obscur de la maison, les genoux à peine couverts d'une vieille guenille, en proie aux chats, tandis que ceux qui m'espèrent demeurent sur la place publique, la bouche ouverte, comme les petits criards de l’hirondelle, attendant le retour de leur mère.
22.
On enlève le sceau du testament, on coupe le lin qui l'attache ; il est ouvert ; on proclame alors mon nouveau maître, C'est-à-dire un parent, on un tuteur, ou un mignon précieux pour sa complaisance, vieux débauché aux joues rasées, récompensé par là des plaisirs infinis qu’il a procurés : notre homme de bien, quel qu’il soit, s’empare de sa proie, me saisit avec le testament et m’emporte ; puis, au lieu de s’appeler Pyrrhias, dromon ou Tibius, il prend le nom de Mégaclès, de Mégabyze ou de Protarque. Les autres cependant, la bouche toujours ouverte pour rien, restent à se regarder, et mènent un vrai deuil, en voyant s’échapper du fond de leur filet le thon, auquel ils avaient déjà fait avaler plus d’une amorce.

Traduction nouvelle avec une introduction et des notes par Eugène Talbot
 Paris : Hachette, 1912

Texte intégral disponible sur le site de P. Remacle