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 LE TEMPLE D'ARTÉMIS À ÉPHÈSE

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Pausanias : Les Ioniens et les Amazones
(Pausanias,  IV, 31, 8)

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Τότε δὲ ὡς ἐκράτησαν τῶν ἀρχαίων Μιλησίων οἱ Ἴωνες, τὸ μὲν γένος πᾶν τὸ ἄρσεν ἀπέκτειναν πλὴν ὅσοι τῆς πόλεως ἁλισκομένης ἐκδιδράσκουσι, γυναῖκας δὲ καὶ θυγατέρας τὰς ἐκείνων γαμοῦσι. Τοῦ δὲ Νειλέως ὁ τάφος ἰόντων ἐς Διδύμους ἐστὶν οὐ πόρρω τῶν πυλῶν ἐν ἀριστερᾷ τῆς ὁδοῦ· τὸ δὲ ἱερὸν τὸ ἐν Διδύμοις τοῦ Ἀπόλλωνος καὶ τὸ μαντεῖόν ἐστιν ἀρχαιότερον ἢ κατὰ τὴν Ἰώνων ἐσοίκησιν, πολλῷ δὲ πρεσβύτερα ἔτι ἢ κατὰ Ἴωνας τὰ ἐς τὴν Ἄρτεμιν τὴν Ἐφεσίαν ἐστίν. Οὐ μὴν πάντα γε τὰ ἐς τὴν θεὸν ἐπύθετο ἐμοὶ δοκεῖν Πίνδαρος, ὃς Ἀμαζόνας τὸ ἱερὸν ἔφη τοῦτο ἱδρύσασθαι στρατευομένας ἐπὶ Ἀθήνας τε καὶ Θησέα. Αἱ δὲ ἀπὸ Θερμώδοντος γυναῖκες ἔθυσαν μὲν καὶ τότε τῇ Ἐφεσίᾳ θεῷ, ἅτε ἐπιστάμεναι τε ἐκ παλαιοῦ τὸ ἱερόν, καὶ ἡνίκα Ἡρακλέα ἔφυγον, αἱ δὲ καὶ Διόνυσον τὰ ἔτι ἀρχαιότερα, ἱκέτιδες ἐνταῦθα ἐλθοῦσαι· οὐ μὴν ὑπὸ Ἀμαζόνων γε ἱδρύθη, Κόρησος δὲ αὐτόχθων καὶ Ἔφεσος Καΰστρου δὲ τοῦ ποταμοῦ τὸν Ἔφεσον παῖδα εἶναι νομίζουσιν, οὗτοι τὸ ἱερόν εἰσιν οἱ ἱδρυσάμενοι, καὶ ἀπὸ τοῦ Ἐφέσου τὸ ὄνομά ἐστι τῇ πόλει. Λέλεγες δὲ τοῦ Καρικοῦ μοῖρα καὶ Λυδῶν τὸ πολὺ οἱ νεμόμενοι τὴν χώραν ἦσαν· ᾤκουν δὲ καὶ περὶ τὸ ἱερὸν ἄλλοι τε ἱκεσίας ἕνεκα καὶ γυναῖκες τοῦ Ἀμαζόνων γένους. Ἄνδροκλος δὲ ὁ Κόδρουοὗτος γὰρ δὴ ἀπεδέδεικτο Ἰώνων τῶν ἐς Ἔφεσον πλευσάντων βασιλεύς Λέλεγας μὲν καὶ Λυδοὺς τὴν ἄνω πόλιν ἔχοντας ἐξέϐαλεν ἐκ τῆς χώρας· τοῖς δὲ περὶ τὸ ἱερὸν οἰκοῦσι δεῖμα ἦν οὐδέν, ἀλλὰ Ἴωσιν ὅρκους δόντες καὶ ἀνὰ μέρος παρ΄ αὐτῶν λαϐόντες ἐκτὸς ἦσαν πολέμου. Ἀφείλετο δὲ καὶ Σάμον Ἄνδροκλος Σαμίους, καὶ ἔσχον Ἐφέσιοι χρόνον τινὰ Σάμον καὶ τὰς προσεχεῖς νήσους· Σαμίων δὲ ἤδη κατε ληλυθότων ἐπὶ τὰ οἰκεῖα Πριηνεῦσιν ἤμυνεν ἐπὶ τοὺς Κᾶρας ὁ Ἄνδροκλος, καὶ νικῶντος τοῦ Ἑλληνικοῦ ἔπε σεν ἐν τῇ μάχῃ. Ἐφέσιοι δὲ ἀνελόμενοι τοῦ Ἀνδρόκλου τὸν νεκρὸν ἔθαψαν τῆς σφετέρας ἔνθα δείκνυ ται καὶ ἐς ἐμὲ ἔτι τὸ μνῆμα κατὰ τὴν ὁδὸν τὴν ἐκ τοῦ ἱεροῦ παρὰ τὸ Ὀλυμπιεῖον καὶ ἐπὶ πύλας τὰς Μαγνήτιδας· ἐπίθημα δὲ τῷ μνήματι ἀνήρ ἐστιν ὡπλισμένος.

(Pausanias,  IV, 31, 8)

   

Les Ioniens s'étant rendus maîtres de Milet, ils exterminèrent tout ce qu'il y avait d'hommes, à la réserve de ceux qui voyant la ville prise cherchèrent leur salut dans la fuite. Les femmes et les filles furent épargnées, et les Ioniens s'allièrent ensuite avec elles. Ce qui est de certain, c'est que l'on voit encore le tombeau de Neileus assez près de la porte, et à la gauche du chemin qui mène à Didymes. Le temple et l'oracle d'Apollon subsistaient à Didymes longtemps avant la transmigration des Ioniens. La Diane d'Éphèse est aussi beaucoup plus ancienne que cette époque.  Et Pindare semble n'avoir pas connu l'antiquité du temple de cette déesse, lorsqu'il a dit que les Amazones l'avaient bâti en allant faire la guerre aux Athéniens et à Thésée. Car ces Amazones vinrent des rives du Thermôdon pour sacrifier à Diane d'Éphèse dans son temple, dont elles avaient connaissance, parce que quelque temps auparavant défaites par Hercule, et précédemment encore par Bacchus, elles s'y étaient réfugiées comme dans un asile. Ce temple n'a donc point été bâti par les Amazones, mais par Corèsos et Éphésos. Corèsos était originaire du pays; Éphésos passait pour être fils du Caÿstre; et cet Éphésos donna son nom à la ville.(8) Le pays d'Éphèse était pour lors occupé par des Lélèges peuples de Carie, et encore plus par des Lydiens. Des fugitifs de tous pays, et surtout ces femmes que l'on nomme Amazones, vinrent habiter les environs du temple. Tel était l'état d'Éphèse lorsqu'Androclos fils de Codros y fit une descente avec les Ioniens qui suivaient ses enseignes. Il chassa d'abord les Lélèges et les Lydiens qui tenaient la ville haute. Ceux qui demeuraient autour du temple lui ayant prêté serment de fidélité ne furent troublés en aucune façon; ensuite il prit Samos et en chassa les habitants. Les Éphésiens, j'entends les Ioniens nouvellement établis à Éphèse, possédèrent quelque temps Samos avec toutes les îles voisines.
Après quelques années les Samiens étant rentrés dans leur ville, Androclos alla secourir ceux de Priène contre les Cariens. Les Grecs demeurèrent victorieux, mais Androclos fut tué dans le combat; les Éphésiens rapportèrent son corps à Éphèse où il fut inhumé. On voit encore aujourd'hui sa sépulture sur le chemin qui mène du temple de Diane au temple de Jupiter Olympien près de la porte de Magnésie; ce tombeau est remarquable par la figure d'un homme armé qui est dessus.
  

Traduction M. Clavier (ed° Bobée, Paris, 1821)

Texte intégral disponible sur le site Hodoi elektronikai de l'Université Catholique de Louvain
et sur le site de Philippe remacle