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 LE TEMPLE D'ARTÉMIS À ÉPHÈSE

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Pausanias : Offrandes des Ioniens aux Lacédémoniens vainqueurs
(Pausanias,  VI, 3, 14-16)

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Λύσανδρον δὲ τὸν Ἀριστοκρίτου Σπαρτιάτην ἀνέθεσαν ἐν Ὀλυμπίᾳ Σάμιοι· καὶ αὐτοῖς τὸ μὲν πρότερον τῶν ἐπιγραμμάτων ἐστὶν·Ἐν πολυθαήτῳ τεμένει Διὸς ὑψιμέδοντος Ἕστηκ' ἀνθέντων δημοσίᾳ Σαμίων.Τοῦτο μὲν δὴ τοὺς τὸ ἀνάθημα ἀναθέντας μηνύει· τὸ δ' ἐφεξῆς ἐς αὐτὸν ἔπαινός ἐστι Λύσανδρον·Ἀθάνατον πάτρᾳ καὶ Ἀριστοκρίτῳ κλέος ἔργων, Λύσανδρ' ἐκτελέσας, δόξαν ἔχεις ἀρετᾶς.Δῆλοι οὖν εἰσιν οἵ τε Σάμιοι καὶ οἱ ἄλλοι Ἴωνεςκατὰ τὸ λεγόμενον ὑπ' αὐτῶν Ἰώνων, τοὺς τοίχους τοὺς δύο ἐπαλείφοντες. Ἀλκιβιάδου μέν γε τριήρεσιν Ἀθηναίων περὶ Ἰωνίαν ἰσχύοντος, ἐθεράπευον αὐτὸν Ἰώνων οἱ πολλοί· καὶ εἰκὼν Ἀλκιβιάδου χαλκῆ παρὰ τῇ Ἥρᾳ τῇ Σαμίων ἐστὶν ἀνάθημα. Ὡς δὲ ἐν Αἰγὸς ποταμοῖς ἑάλωσαν αἱ ναῦς αἱ Ἀττικαί, Σάμιοι μὲν ἐς Ὀλυμπίαν τὸν Λύσανδρον, Ἐφέσιοι δὲ ἐς τὸ ἱερὸν ἀνετίθεσαν τῆς Ἀρτέμιδος Λύσανδρόν τε αὐτὸν καὶ Ἐτεόνικον, καὶ Φάρακα, καὶ ἄλλους Σπαρτιατῶν, ἥκιστα ἔς γε τὸ Ἑλληνικὸν γνωρίμους. Μεταπεσόντων δὲ αὖθις τῶν πραγμάτων, καὶ Κόνωνος κεκρατηκότος τῇ ναυμαχίᾳ περὶ Κνίδον καὶ ὄρος τὸ Δώριον ὀνομαζόμενον, οὕτω μετεβάλλοντο οἱ Ἴωνες, καὶ Κόνωνα ἀνακείμενον χαλκοῦν καὶ Τιμόθεον ἐν Σάμῳ τε ἔστιν ἰδεῖν παρὰ τῇ Ἥρᾳ, καὶ ὡσαύτως ἐν Ἐφέσῳ παρὰ τῇ Ἐφεσίᾳ θεῷ. Ταῦτα μέν ἐστιν ἔχοντα οὕτω τὸν ἀεὶ χρόνον, καὶ Ἴωσιν ὡσαύτως οἱ πάντες ἄνθρωποι θεραπεύουσι τὰ ὑπερέχοντα τῇ ἰσχύι.

((Pausanias,  VI, 3, 14-16)

   

Les Samiens ont placé à Olympie la statue de Lysandre, Spartiate, fils d'Aristocritus ; c'est ce qu'annonce la première des inscriptions, qui porte : J'ai été placée dans la célèbre enceinte de Jupiter (Zeus), le souverain des dieux, par le peuple de Samos. L'inscription suivante est un éloge de Lysandre : En donnant par tes actions une gloire immortelle à ta patrie et à Aristocritus ton père, tu as acquis toi-même, Lysandre, la réputation d'un homme vertueux. On voit par-là que les Samiens et les autres Ioniens, suivant le proverbe des Ioniens eux-mêmes, blanchissaient les deux murailles; car tant qu'Alcibiade fut en force dans les environs de l'Ionie avec les vaisseaux d'Athènes, il était courtisé par la plupart des Ioniens, qui lui érigèrent même une statue en bronze auprès de la Junon de Samos, et lorsque les vaisseaux des Athéniens eurent été pris à Ægos-potamos, les Samiens élevèrent à Olympie une statue à Lysandre, et les Éphésiens placèrent dans le temple de Diane, non seulement Lysandre, mais encore Étéonicus, Pharas et d'autres Spartiates qui étaient très peu connus dans la Grèce. Les affaires ayant de nouveau changé de face, et Conon ayant remporté une victoire navale dans les environs de Gnide et du mont Dorien, les Ioniens changèrent encore, et on peut voir à Samos, dans le temple de Junon, et à Éphèse, dans celui de la déesse d'Éphèse, les statues en bronze de Conon et de Timothée; au reste cela a été ainsi de tout temps, et tous les hommes, ainsi que les Ioniens, s'attachent toujours à celui qui est le plus fort.
  

Traduction M. Clavier (ed° Bobée, Paris, 1821)

Texte intégral disponible sur le site Hodoi elektronikai de l'Université Catholique de Louvain
et sur le site de Philippe remacle