Vous êtes dans un espace d'archives.   Découvrez le nouveau site Musagora !

-

 LE TEMPLE D'ARTÉMIS À ÉPHÈSE

sommaire du site

Philostrate :  Le discours d'Apollonios de Tyane
(Philostrate , Vie d'Apollonios de Tyane, IV, 2 )

 .

Ἄγει με ὁ λόγος ἐπ΄ ἄνδρα ἐλλογιμώτατον Δαμιανὸν τὸν ἐκ τῆς Ἐφέσου, ὅθεν ἐξῃρήσθων Σώτηροί τε καὶ Σῶσοι καὶ Νίκανδροι καὶ Φαῖδροι Κῦροί τε καὶ Φύλακες, ἀθύρματα γὰρ τῶν Ἑλλήνων μᾶλλον οὗτοι προσρηθεῖεν ἂν ἢ σοφισταὶ λόγου ἄξιοι. Δαμιανῷ τοίνυν ἐλλογιμώτατον μὲν καὶ τὸ ἄνω γένος καὶ πλείστου ἄξιοι τῇ Ἐφέσῳ, εὐδοκιμώτατοι δὲ καὶ οἱ ἀπ΄ αὐτοῦ φύντες, ξυγκλήτου γὰρ βουλῆς ἀξιοῦνται πάντες ἐπ΄ εὐδοξίᾳ θαυμαζόμενοι καὶ ὑπεροψίᾳ χρημάτων, αὐτός τε πλούτῳ ποικίλῳ καὶ πολυπρεπεῖ κατεσκευασμένος ἐπήρκει μὲν καὶ τοῖς δεομένοις τῶν Ἐφεσίων, πλεῖστα δὲ ὠφέλει τὸ κοινὸν χρήματά τε ἐπιδιδοὺς καὶ τὰ ὑπο δεδωκότα τῶν δημοσίων ἔργων ἀνακτώμενος. Συνῆψε δὲ καὶ τὸ ἱερὸν τῇ Ἐφέσῳ κατατείνας ἐς αὐτὸ τὴν διὰ τῶν Μαγνητικῶν κάθοδον. Ἔστι δὲ αὕτη στοὰ ἐπὶ στάδιον λίθου πᾶσα, νοῦς δὲ τοῦ οἰκοδομήματος μὴ ἀπεῖναι τοῦ ἱεροῦ τοὺς θεραπεύοντας, ὁπότε ὕοι. Τοῦτο μὲν δὴ τοὖργον ἀπὸ πολλῶν χρημάτων ἀποτελεσθὲν ἐπέγραψεν ἀπὸ τῆς ἑαυτοῦ γυναικός, τὸ δὲ ἐν τῷ ἱερῷ ἑστιατήριον αὐτὸς ἀνέθηκε μεγέθει τε ἐξάρας ὑπὲρ πάνθ΄ ὁμοῦ τὰ παρ΄ ἑτέροις καὶ λόγου κρείττω περιβαλὼν κόσμον, ὡράισται γὰρ Φρυγίῳ λίθῳ, οἷος οὔπω ἐτμήθη. Πλούτῳ δὲ χρῆσθαι καλῶς ἐκ μειρακίου ἤρξατο· Ἀριστείδου γὰρ δὴ καὶ Ἀδριανοῦ κατειληφότοιν τοῦ μὲν τὴν Σμύρναν, τοῦ δὲ τὴν Ἔφεσον, ἠκροάσατο ἀμφοῖν ἐπὶ μυρίαις εἰπὼν πολλῷ ἥδιον ἐς τοιαῦτα δαπανᾶν παιδικὰ ἢ ἐς καλούς τε καὶ καλάς, ὥσπερ ἔνιοι. Kαὶ ὁπόσα ὑπὲρ τῶν ἀνδρῶν τούτων ἀναγέγραφα Δαμιανοῦ μαθὼν εἴρηκα εὖ τὰ ἀμφοῖν εἰδότος. Πλούτου δὲ ἐπίδειξιν τῷ ἀνδρὶ τούτῳ κἀκεῖνα εἶχεν·

(Philostrate , Vie des Sophistes, II, 23, 2 )

   
Il fit sa première allocution aux Éphésiens de la porte du temple. Il ne parla pas à la manière des disciples de Socrate, mais il s'efforça de les détacher de toute occupation et de tout travail autre que la philosophie, il les exhorta à s'attacher â elle seule, et à répandre dans Éphèse l'amour de la sagesse au lieu de l'esprit d'oisiveté et d'insolence qu'il y voyait régner ; en effet, ils raffolaient de pantomimes, ne songeaient eux-mêmes qu'à la danse, et partout il n'y avait que flûtes, qu'hommes efféminés et que bruit. Ces reproches ne laissaient pas d'abord d'indisposer les Éphésiens contre Apollonius; mais il ne voulut pas fermer les yeux sur ces désordres, et il réussit à les détruire et à les rendre odieux au plus grand nombre.

[3] Il tint ses autres harangues dans les bosquets qui entouraient les Xystes. Un jour qu'il parlait de l'obligation de s'entraider, et qu'il disait que les hommes doivent nourrir les hommes et être nourris par les hommes, il vit des moineaux perchés sur les arbres et silencieux; un autre moineau vola vers eux en poussant des cris, comme pour les avertir de quelque chose: alors ils se mirent tous à crier et s'envolèrent en le suivant. Apollonius s'arrêta; il savait fort bien pourquoi les oiseaux s'étaient envolés, mais il ne voulait pas encore le dire à la foule. Tous suivirent des yeux ces oiseaux en l'air, et quelques-uns pensèrent mal à propos que c'était quelque présage. Mais Apollonius changea de propos et dit : « Un enfant portait du blé dans un panier; il est tombé et s'en est allé après avoir mal ramassé son blé, et en laissant plusieurs grains épars dans telle rue. Le moineau l'a vu et est venu chercher les autres pour les faire profiter de cette bonne aubaine, et les inviter en quelque sorte à son festin. » La plupart de ses auditeurs se mirent à courir pour vérifier le fait. Apollonius continua sa harangue sur l'obligation de s'entraider, et comme ceux qui étaient partis revenaient tout émerveillés et poussant des cris d'enthousiasme : « Vous voyez, s'écria-t-il, comme les moineaux s'occupent les uns des autres, comme ils aiment à partager leurs biens; et nous, loin de faire comme eux, si nous voyons un homme faire part de ses biens aux autres, nous lui donnons les noms de dépensier, de prodigue, et d'autres semblables; et ceux qui sont admis à sa table, nous les appelons des flatteurs et des parasites. Que nous reste-t-il à faire, sinon à nous claquemurer comme de la volaille qu'on engraisse, à nous gorger de nourriture chacun dans notre coin, jusqu'à ce que nous crevions d'embonpoint? »

[4] Cependant la peste commençait à se glisser dans Éphèse. Le fléau n'était pas encore bien déclaré; mais Apollonius en pressentit l'approche, et il l'annonça plusieurs fois au milieu de ses allocutions. Il disait : « O terre, reste telle que tu es ! » Ou bien il prononçait d'autres paroles menaçantes, comme : « Sauve ces peuples ! » Ou encore il s'écriait : « Ici tu t'arrêteras. » Mais on n'y faisait pas attention, et l'on croyait que ces paroles étaient des formules sacramentelles, d'autant plus qu'on le voyait sans cesse dans les temples cherchant par ses prières à détourner le mal qu'il prévoyait. Voyant l'aveuglement des Éphésiens, il pensa qu'il n'y avait plus lieu à leur venir en aide, et il parcourut tout le reste de l'Ionie, redressant partout le mal sur son passage, et tenant toujours des discours salutaires à ceux qui les entendaient.

Traduction MSM