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 LE TEMPLE D'ARTÉMIS À ÉPHÈSE

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Pline l'Ancien : un temple reconstruit sept fois

(Histoire Naturelle,  XVI, 79)

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Maxime aeternam putant hebenum et cupressum cedrumque, claro de omnibus materiis iudicio in templo ephesiae dianae, utpote cum tota asia extruente cxx annis peractum sit. Convenit tectum eius esse e cedrinis trabibus. de simulacro ipso deae ambigitur. Ceteri ex hebeno esse tradunt, mucianus iii cos. ex iis, qui proxime viso eo scripsere, vitigineum et numquam mutatum septiens restituto templo, hanc materiam elegisse endoeon, etiam nomen artificis nuncupans, quod equidem miror, cum antiquiorem minerva quoque, non modo libero patre, vetustatem ei tribuat.
Adicit multis foraminibus nardo rigari, ut medicatus umor alat teneatque iuncturas - quas et ipsas esse modico admodum miror - , valvas esse e cupresso et iam cccc prope annis durare materiem omnem novae similem.
Id quoque notandum, valvas in glutinis compage quadriennio fuisse. cupressus in eas electa, quoniam praeter cetera in uno genere materiae nitor maxime valeat aeternus.

(Histoire Naturelle,  XVI, 79)

   
On regarde comme (bois) les plus durables l'ébène, le cyprès et le cèdre. Le temple de Diane à Ephèse, est une épreuve célèbre de la bouté de ces bois : il y a quatre cents ans que cet édifice a été construit par la cotisation de l'Asie tout entière. On reconnaît unanimement que le toit en est fait avec des poutres de cèdre. Mais on doute de quel bois est la statue de la déesse: tous les auteurs disent qu'elle est d'ébène, excepté Mucianus trois fois consul; c'est un des écrivains les plus modernes qui l'aient vue : il prétend qu'elle est en bois de vigne, et qu'elle n'a jamais été changée, bien que le temple ait été restauré sept fois.
 Il ajoute que Pandémion fit choix de ce bois; il donne même le nom de l'artiste, ce qui me paraît étonnant, car il regarde cette statue comme plus ancienne non seulement que Bacchus, mais même que Minerve. Il dit aussi qu'elle est arrosée avec du nard à l'aide de plusieurs pertuis, afin que cette essence la conserve et en maintienne les jointures; je m'étonne encore qu'il y ait des jointures dans cette statue, qui est d'un volume médiocre. Il dit que les portes sont de cyprès, et que, durant depuis près de quatre cents ans, elles sont absolument comme neuves. Il faut aussi remarquer que ces portes restèrent assemblées au moyen de la colle pendant quatre ans avant d'être posées. Le cyprès fut choisi pour les faire, parce que c'est la seule espèce de bois où le poli se conserve éternellement.

Texte français : Paris : Dubochet, 1848-1850. Edition d'Émile Littré

Texte intégral disponible sur le site de Philippe remacle