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 LE TEMPLE D'ARTÉMIS À ÉPHÈSE

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Strabon : Ephèse, Panormos, Ortygie
(Strabon, Géographie,  XIV, 1, 20)

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Μετὰ δὲ τὸν Σάμιον πορθμὸν τὸν πρὸς Μυκάλῃ πλέουσιν εἰς Ἔφεσον ἐν δεξιᾷ ἐστιν ἡ Ἐφεσίων παρα λία· μέρος δέ τι ἔχουσιν αὐτῆς καὶ οἱ Σάμιοι. Πρῶτον δ΄ ἐστὶν ἐν τῇ παραλίᾳ τὸ Πανιώνιον τρισὶ σταδίοις ὑπερκείμενον τῆς θαλάττης, ὅπου τὰ Πανιώνια, κοινὴ πανήγυρις τῶν Ἰώνων, συντελεῖται τῷ Ἑλικωνίῳ Ποσειδῶνι καὶ θυσία· ἱερῶνται δὲ Πριηνεῖς· εἴρηται δὲ περὶ αὐτῶν ἐν τοῖς Πελοποννησιακοῖς. Εἶτα Νεάπολις, ἣ πρότερον μὲν ἦν Ἐφεσίων νῦν δὲ Σαμίων διαλλαξα μένων πρὸς τὸ Μαραθήσιον, τὸ ἐγγυτέρω πρὸς τὸ ἀπωτέρω· εἶτα Πύγελα πολίχνιον, ἱερὸν ἔχον Ἀρτέμι δος Μουνυχίας, ἵδρυμα Ἀγαμέμνονος, οἰκούμενον ὑπὸ μέρους τῶν ἐκείνου λαῶν· πυγαλγίας γάρ τινας καὶ γενέσθαι καὶ κληθῆναι, κάμνοντας δ΄ ὑπὸ τοῦ πάθους καταμεῖναι, καὶ τυχεῖν οἰκείου τοῦδε τοῦ ὀνόματος τὸν τόπον. Εἶτα λιμὴν Πάνορμος καλούμενος ἔχων ἱερὸν τῆς Ἐφεσίας Ἀρτέμιδος· εἶθ΄ ἡ πόλις. Ἐν δὲ τῇ αὐτῇ παραλίᾳ μικρὸν ὑπὲρ τῆς θαλάττης ἐστὶ καὶ ἡ Ὀρτυγία, διαπρεπὲς ἄλσος παντοδαπῆς ὕλης, κυπαρίττου δὲ τῆς πλείστης. Διαρρεῖ δὲ ὁ Κέγχριος ποταμός, οὗ φασι νίψασθαι τὴν Λητὼ μετὰ τὰς ὠδῖνας. Ἐνταῦθα γὰρ μυθεύουσι τὴν λοχείαν καὶ τὴν τροφὸν τὴν Ὀρτυγίαν καὶ τὸ ἄδυτον ἐν ᾧ ἡ λοχεία, καὶ τὴν πλησίον ἐλαίαν, ᾗ πρῶτον ἐπαναπαύσασθαί φασι τὴν θεὸν ἀπολυθεῖσαν τῶν ὠδίνων. Ὑπέρκειται δὲ τοῦ ἄλσους ὄρος ὁ Σολ μισσός, ὅπου στάντας φασὶ τοὺς Κουρῆτας τῷ ψόφῳ τῶν ὅπλων ἐκπλῆξαι τὴν ῞Ηραν ζηλοτύπως ἐφεδρεύου σαν, καὶ λαθεῖν συμπράξαντας τὴν λοχείαν τῇ Λητοῖ. Ὄντων δ΄ ἐν τῷ τόπῳ πλειόνων ναῶν, τῶν μὲν ἀρχαίων τῶν δ΄ ὕστερον γενομένων, ἐν μὲν τοῖς ἀρχαίοις ἀρχαῖά ἐστι ξόανα, ἐν δὲ τοῖς ὕστερον Σκόπα ἔργα· ἡ μὲν Λητὼ σκῆπτρον ἔχουσα, ἡ δ΄ Ὀρτυγία παρέστηκεν ἑκατέρᾳ τῇ χειρὶ παιδίον ἔχουσα. Πανήγυρις δ΄ ἐνταῦθα συντε λεῖται κατ΄ ἔτος, ἔθει δέ τινι οἱ νέοι φιλοκαλοῦσι μάλι στα περὶ τὰς ἐνταῦθα εὐωχίας λαμπρυνόμενοι· τότε δὲ καὶ τῶν Κουρήτων ἀρχεῖον συνάγει συμπόσια καί τινας μυστικὰς θυσίας ἐπιτελεῖ.

(Strabon, Géographie,  XIV, 1, 20)

   
Si, après avoir franchi le détroit de Samos qui borde le promontoire Mycale, on gouverne sur Ephèse, on se trouve avoir à sa droite la côte des Ephésiens, dont une partie dépend encore du territoire de Samos, et le premier point qu'on relève est le Panionium, à 3 stades au-dessus de la mer. On nomme ainsi le lieu où se tient, sous le nom de Panionies, l'assemblée générale des Ioniens, et où se célèbrent les sacrifices solennels en l'honneur de Neptune Héliconien. La présidence de ces sacrifices appartient aux Priénéens, comme nous avons déjà eu occasion de le dire dans notre description du Péloponnèse. Néapolis, qui se présente ensuite, dépendait autrefois d'Ephèse : elle appartient aujourd'hui aux Samiens, qui ont cédé en échange Marathésium, c'est-à-dire une possession lointaine en échange d'une plus rapprochée. Puis vient la petite ville de Pygéla avec son temple d'Artémis Munychie : le temple passe pour un monument de la piété d'Agamemnon ; quant à la ville, elle eut pour premiers habitants quelques-uns des soldats ou sujets du héros, qui, atteints de douleurs atroces au fondement (d'où leur sobriquet de pygalgées) et trop souffrants par conséquent pour pouvoir continuer leur route, s'étaient arrêtés ici et avaient donné à la localité le nom de leur mal. A Pygéla succède le port de Panormos avec son temple de Diane Ephésienne, puis vient la ville même d'Ephèse. Mais signalons encore sur cette partie de la côte, un peu au-dessus de la mer, le magnifique bois sacré d'Ortygie, planté d'arbres de toute espèce, et de cyprès principalement. Ce bois est traversé par le Cenchrius, qui est la rivière où Latone, dit-on, vint se laver après ses couches. C'est ici en effet que la Fable place la scène de l'accouchement de Latone et du premier allaitement d'Ortygie, à savoir l'antre sacré témoin de la délivrance de la déesse, et tout à côté l'olivier au pied duquel, à peine délivrée, celle-ci vint se reposer. Le bois sacré est dominé par le mont Solmissus, au haut duquel se tenaient, dit-on, les Curètes chargés d'étourdir Junon du bruit de leurs armes entrechoquées et de dépister ses soupçons jaloux en protégeant le mystère de l'accouchement de Latone. L'enceinte d'Ortygie renferme plusieurs temples, les uns très anciens, les autres de construction moderne ; les anciens sont ornés de statues anciennes, les modernes sont riches en oeuvres de Scopas : on y remarque notamment sa Latone au sceptre, ayant Ortygie à côté d'elle avec un enfant sur chaque bras. Une assemblée solennelle se tient ici chaque année et l'usage veut que les jeunes gens rivalisent entre eux à qui donnera les repas les plus somptueux. Dans le même temps le collège des Curètes convie à ses banquets et procède à la célébration de ses mystères particuliers.

Traduction  Amédée Tardieu (Paris, ed° Hachette, 1867)

Texte intégral disponible sur le site mediterranee.net