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 LE TEMPLE D'ARTÉMIS À ÉPHÈSE

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Strabon : description du site d'Ephèse
(Strabon, Géographie,  XIV, 1, 20-25)

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Εἶτα λιμὴν Πάνορμος καλούμενος ἔχων ἱερὸν τῆς Ἐφεσίας Ἀρτέμιδος· εἶθ΄ ἡ πόλις. Ἐν δὲ τῇ αὐτῇ παραλίᾳ μικρὸν ὑπὲρ τῆς θαλάττης ἐστὶ καὶ ἡ Ὀρτυγία, διαπρεπὲς ἄλσος παντοδαπῆς ὕλης, κυπαρίττου δὲ τῆς πλείστης. Διαρρεῖ δὲ ὁ Κέγχριος ποταμός, οὗ φασι νίψασθαι τὴν Λητὼ μετὰ τὰς ὠδῖνας. Ἐνταῦθα γὰρ μυθεύουσι τὴν λοχείαν καὶ τὴν τροφὸν τὴν Ὀρτυγίαν καὶ τὸ ἄδυτον ἐν ᾧ ἡ λοχεία, καὶ τὴν πλησίον ἐλαίαν, ᾗ πρῶτον ἐπαναπαύσασθαί φασι τὴν θεὸν ἀπολυθεῖσαν τῶν ὠδίνων. ῾Υπέρκειται δὲ τοῦ ἄλσους ὄρος ὁ Σολμισσός, ὅπου στάντας φασὶ τοὺς Κουρῆτας τῷ ψόφῳ τῶν ὅπλων ἐκπλῆξαι τὴν ῞Ηραν ζηλοτύπως ἐφεδρεύουσαν, καὶ λαθεῖν συμπράξαντας τὴν λοχείαν τῇ Λητοῖ. Ὄντων δ΄ ἐν τῷ τόπῳ πλειόνων ναῶν, τῶν μὲν ἀρχαίων τῶν δ΄ ὕστερον γενομένων, ἐν μὲν τοῖς ἀρχαίοις ἀρχαῖά ἐστι ξόανα, ἐν δὲ τοῖς ὕστερον Σκόπα ἔργα· ἡ μὲν Λητὼ σκῆπτρον ἔχουσα, ἡ δ΄ Ὀρτυγία παρέστηκεν ἑκατέρᾳ τῇ χειρὶ παιδίον ἔχουσα. Πανήγυρις δ΄ ἐνταῦθα συντε λεῖται κατ΄ ἔτος, ἔθει δέ τινι οἱ νέοι φιλοκαλοῦσι μάλι στα περὶ τὰς ἐνταῦθα εὐωχίας λαμπρυνόμενοι· τότε δὲ καὶ τῶν Κουρήτων ἀρχεῖον συνάγει συμπόσια καί τινας μυστικὰς θυσίας ἐπιτελεῖ. 

(...)
Ἔχει δ΄ ἡ πόλις καὶ νεώρια καὶ λιμένα· βραχύστο μον δ΄ ἐποίησαν οἱ ἀρχιτέκτονες, συνεξαπατηθέντες τῷ κελεύσαντι βασιλεῖ. Οὗτος δ΄ ἦν Ἄτταλος ὁ φιλάδελφος· οἰηθεὶς γὰρ οὗτος βαθὺν τὸν εἴσπλουν ὁλκάσι μεγάλαις ἔσεσθαι καὶ αὐτὸν τὸν λιμένα τεναγώδη ὄντα πρότερον διὰ τὰς ἐκ τοῦ Καΰστρου προχώσεις, ἐὰν πα ραβληθῇ χῶμα τῷ στόματι πλατεῖ τελέως ὄντι, ἐκέλευσε γενέσθαι τὸ χῶμα. Συνέβη δὲ τοὐναντίον· ἐντὸς γὰρ ἡ χοῦς εἰργομένη τεναγίζειν μᾶλλον ἐποίησε τὸν λιμένα σύμπαντα μέχρι τοῦ στόματος· πρότερον δ΄ ἱκανῶς αἱ πλημμυρίδες καὶ ἡ παλίρροια τοῦ πελάγους ἀφῄρει τὴν χοῦν καὶ ἀνέσπα πρὸς τὸ ἐκτός. Ὁ μὲν οὖν λιμὴν τοιοῦτος· ἡ δὲ πόλις τῇ πρὸς τὰ ἄλλα εὐκαιρίᾳ τῶν τόπων αὔξεται καθ΄ ἑκάστην ἡμέραν, ἐμπόριον οὖσα μέγιστον τῶν κατὰ τὴν Ἀσίαν τὴν ἐντὸς τοῦ Ταύρου.

(Strabon, Géographie,  XIV, 1, 20-25)

   

(A Pygéla) succède le port de Panormos avec son temple de Diane Ephésienne, puis vient la ville même d'Ephèse. Mais signalons encore sur cette partie de la côte, un peu au-dessus de la mer, le magnifique bois sacré d'Ortygie, planté d'arbres de toute espèce, et de cyprès principalement. Ce bois est traversé par le Cenchrius, qui est la rivière où Latone, dit-on, vint se laver après ses couches. C'est ici en effet que la Fable place la scène de l'accouchement de Latone et du premier allaitement d'Ortygie, à savoir l'antre sacré témoin de la délivrance de la déesse, et tout à côté l'olivier au pied duquel, à peine délivrée, celle-ci vint se reposer. Le bois sacré est dominé par le mont Solmissus, au haut duquel se tenaient, dit-on, les Curètes chargés d'étourdir Junon du bruit de leurs armes entrechoquées et de dépister ses soupçons jaloux en protégeant le mystère de l'accouchement de Latone. L'enceinte d'Ortygie renferme plusieurs temples, les uns très anciens, les autres de construction moderne ; les anciens sont ornés de statues anciennes, les modernes sont riches en oeuvres de Scopas : on y remarque notamment sa Latone au sceptre, ayant Ortygie à côté d'elle avec un enfant sur chaque bras. Une assemblée solennelle se tient ici chaque année et l'usage veut que les jeunes gens rivalisent entre eux à qui donnera les repas les plus somptueux. Dans le même temps le collège des Curètes convie à ses banquets et procède à la célébration de ses mystères particuliers.
(...)
La ville possède un arsenal et un port. Malheureusement les architectes ont été trop prompts à partager l'erreur de leur maître, et, mal à propos, ils ont rétréci l'entrée du port. Attale Philadelphe (car c'est de lui qu'il s'agit) s'était imaginé que, pour rendre accessibles aux plus forts vaisseaux marchands l'entrée du port et le port lui-même, sujet, jusque-là à s'envaser par suite des dépôts ou atterrissements du Caystre, il suffisait d'augmenter la profondeur d'eau en barrant par une digue une partie de l'entrée, ladite entrée se trouvant être exceptionnellement large, et il avait en conséquence ordonné la construction de cette digue. Mais ce fut le contraire justement qui arriva : désormais retenu en dedans de la digue, le limon déposé par le fleuve accrut rapidement le nombre et l'étendue des bas-fonds, qui finirent par gagner même l'entrée du port, tandis qu'auparavant les débordements de la mer et le mouvement alternatif du flux et du reflux réussissaient jusqu'à un certain point à enlever ces dépôts de limon et à les entraîner au large. Tels sont les inconvénients du port d'Ephèse, mais la ville est redevable à sa situation de tant d'autres avantages, qu'elle s'agrandit de jour en jour et qu'elle peut passer actuellement pour la place de commerce la plus importante de toute l'Asie en deçà du Taurus.

Traduction  Amédée Tardieu (Paris, ed° Hachette, 1867)

Texte intégral disponible sur le site mediterranee.net