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 LE TEMPLE D'ARTÉMIS À ÉPHÈSE

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Strabon : Les Ephésiens financent la reconstruction de leur temple
(Strabon, Géographie,  XIV, 1, 22)

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Τὸν δὲ νεὼν τῆς Ἀρτέμιδος πρῶτος μὲν Χερσίφρων ἠρχιτεκτόνησεν, εἶτ΄ ἄλλος ἐποίησε μείζω· ὡς δὲ τοῦτον Ἡρόστρατός τις ἐνέπρησεν, ἄλλον ἀμείνω κατεσκεύασαν συνενέγκαντες τὸν τῶν γυναικῶν κόσμον καὶ τὰς ἰδίας οὐσίας, διαθέμενοι δὲ καὶ τοὺς προτέρους κίονας· τούτων δὲ μαρτύριά ἐστι τὰ γενηθέντα τότε ψηφίσματα, ἅπερ ἀγνοοῦντά φησιν ὁ Ἀρτεμίδωρος τὸν Ταυρομενίτην Τίμαιον καὶ ἄλλως βάσκανον ὄντα καὶ συκοφάντην (διὸ καὶ Ἐπιτίμαιον κληθῆναι) λέγειν ὡς ἐκ τῶν Περσικῶν παρακαταθηκῶν ἐποιήσαντο τοῦ ἱεροῦ τὴν ἐπισκευήν· οὔτε δὲ ὑπάρξαι παρακαταθήκας τότε, εἴ τε ὑπῆρξαν, συνεμπεπρῆσθαι τῷ ναῷ· μετὰ δὲ τὴν ἔμπρησιν τῆς ὀροφῆς ἠφανισμένης, ἐν ὑπαίθρῳ τῷ σηκῷ τίνα ἂν ἐθελῆσαι παρακαταθήκην κειμένην ἔχειν; Ἀλέξανδρον δὴ τοῖς Ἐφεσίοις ὑποσχέσθαι τὰ γεγονότα καὶ τὰ μέλλοντα ἀναλώματα, ἐφ΄ ᾧ τε τὴν ἐπιγραφὴν αὐτὸν ἔχειν, τοὺς δὲ μὴ ἐθελῆσαι, πολὺ μᾶλλον οὐκ ἂν ἐθελήσαντας ἐξ ἱεροσυλίας καὶ ἀποστε ρήσεως φιλοδοξεῖν· ἐπαινεῖ τε τὸν εἰπόντα τῶν Ἐφεσίων πρὸς τὸν βασιλέα, ὡς οὐ πρέποι θεῷ θεοῖς ἀνα θήματα κατασκευάζειν. 

(Strabon, Géographie,  XIV, 1, 22)

   
Quant au temple de Diane, bâti d'abord d'après les plans de Chersiphron, puis agrandi par les soins d'un autre architecte, il fut, comme chacun sait, brûlé par un certain Hérostrate. Les Ephésiens entreprirent alors de s'en faire construire un plus beau, et ils y contribuèrent tous par l'abandon des bijoux de leurs femmes ou de leurs biens particuliers et par la mise en vente des colonnes de l'ancien temple : le fait est attesté par les décrets qui intervinrent alors. Or il faut que Timée de Tauroménium, comme le pense Artémidore, n'ait pas eu connaissance de ces décrets ; autrement, en dépit de sa nature envieuse et de cet esprit critique et chagrin qui lui a attiré le sobriquet d'Epitimée, cet historien n'eût jamais osé avancer que les Ephésiens n'avaient pu subvenir aux dépenses de leur nouveau temple qu'en mettant la main sur les dépôts sacrés des Perses. «D'abord, dit Artémidore, il n'existait pas de dépôts semblables avant l'incendie du temple, et, supposé qu'il en eût existé, tous eussent été consumés par le feu avec le temple lui-même. Il ne s'en forma pas davantage après l'incendie, car, la toiture du temple ayant été complètement détruite, qui eût voulu d'un sanctuaire à ciel ouvert pour confier à sa garde d'aussi précieux dépôts ? On sait d'ailleurs qu'Alexandre avait proposé aux Ephésiens de se charger de toutes les dépenses faites et à faire, à condition que son nom seul figurerait dans l'inscription dédicatoire du nouveau temple, et que les Ephésiens refusèrent cette offre. A plus forte raison, s'écrie Artémidore, eussent-ils refusé de ne devoir la gloire de leur fondation qu'au sacrilège et à la spoliation !» Enfin Artémidore rappelle l'heureuse réponse de ce citoyen d'Ephèse au héros macédonien, «qu'il ne conviendrait pas à un dieu de faire acte de dévotion et de piété à l'égard d'autres dieux».

Traduction  Amédée Tardieu (Paris, ed° Hachette, 1867)

Texte intégral disponible sur le site mediterranee.net