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 LE TEMPLE D'ARTÉMIS À ÉPHÈSE

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Strabon : le culte d'Artémis d'Ephèse chez les Ibères
(Strabon, Géographie,  III, 7-8)

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Μεταξὺ δὲ τῶν τοῦ Ἴβηρος ἐκτροπῶν καὶ τῶν ἄκρων τῆς Πυρήνης, ἐφ΄ ὧν ἵδρυται τὰ ἀναθήματα τοῦ Πομπηίου, πρώτη Ταρράκων ἐστὶ πόλις, ἀλίμενος μὲν ἐν κόλπῳ δὲ ἱδρυμένη καὶ κατεσκευασμένη τοῖς ἄλλοις ἱκανῶς καὶ οὐχ ἧττον εὐανδροῦσα νυνὶ τῆς Καρχηδόνος. Πρὸς γὰρ τὰς τῶν ἡγεμόνων ἐπιδημίας εὐφυῶς ἔχει, καὶ ἔστιν ὥσπερ μητρόπολις οὐ τῆς ἐν τὸς Ἴβηρος μόνον ἀλλὰ καὶ τῆς ἐκτὸς τῆς πολλῆς. Αἵ τε Γυμνήσιαι νῆσοι προκείμεναι πλησίον καὶ ἡ Ἔβυσος, ἀξιόλογοι νῆσοι, τὴν θέσιν εὔκαιρον τῆς πόλεως ὑπα γορεύουσιν. Ἐρατοσθένης δὲ καὶ ναύσταθμον ἔχειν φησὶν αὐτήν, οὐδὲ ἀγκυροβολίοις σφόδρα εὐτυχοῦ σαν, ὡς ἀντιλέγων εἴρηκεν Ἀρτεμίδωρος. Καὶ ἡ σύμπασα δ΄ ἀπὸ στηλῶν σπανίζεται λιμέσι μέχρι δεῦρο, ἐντεῦθεν δ΄ ἤδη τὰ ἑξῆς εὐλίμενα καὶ χώρα ἀγαθὴ τῶν τε Λεητανῶν καὶ Λαρτολαιητῶν καὶ ἄλλων τοιούτων μέχρι Ἐμπορίου. Αὐτὸ δ΄ ἐστὶ Μασ σαλιωτῶν κτίσμα, ὅσον τετταράκοντα διέχον τῆς Πυ ρήνης σταδίους καὶ τῶν μεθορίων τῆς Ἰβηρίας πρὸς τὴν Κελτικήν· καὶ αὕτη δ΄ ἐστὶ πᾶσα ἀγαθὴ καὶ εὐλί μενος. Ἐνταῦθα δ΄ ἔστι καὶ ἡ Ρόδη πολίχνιον, Ἐμπορι τῶν κτίσμα, τινὲς δὲ Ροδίων φασί· κἀνταῦθα δὲ καὶ ἐν τῷ Ἐμπορίῳ τὴν Ἄρτεμιν τὴν Ἐφεσίαν τιμῶσιν· ἐροῦ μεν δὲ τὴν αἰτίαν ἐν τοῖς περὶ Μασσαλίαν. ᾤκουν δ΄ οἱ Ἐμπορῖται πρότερον νησίον τι προκείμενον, ὃ νῦν καλεῖται παλαιὰ πόλις, νῦν δ΄ οἰκοῦσιν ἐν τῇ ἠπείρῳ. Δίπολις δ΄ ἐστὶ τείχει διωρισμένη, πρότερον τῶν Ἰνδι κητῶν τινας προσοίκους ἔχουσα, οἳ καίπερ ἰδίᾳ πολι τευόμενοι κοινὸν ὅμως περίβολον ἔχειν ἐβούλοντο πρὸς τοὺς Ἕλληνας ἀσφαλείας χάριν, τῷ χρόνῳ δ΄ εἰς ταὐτὸ πολίτευμα συνῆλθον μικτόν τι ἔκ τε βαρβάρων καὶ Ἑλ ληνικῶν νομίμων, ὅπερ καὶ ἐπ΄ ἄλλων πολλῶν συνέβη.

(Strabon, Géographie,  III, 7-8)

   
Entre les bouches de l'Ebre et l'extrémité du Mont Pyréné, sur laquelle s'élève le Trophée de Pompée, la première ville qu'on rencontre est Tarracon, qui, sans avoir de port proprement dit, occupe sur les bords d'un golfe une situation avantageuse à tous égards, elle n'est pas moins peuplée aujourd'hui que Carthage, et, se trouvant commodément placée pour être le centre des voyages ou tournées des préfets, elle est devenue comme qui dirait la métropole, non seulement de la province en deçà de l'Ebre, mais encore d'une bonne partie de la province Ultérieure. Il suffit du reste de voir à quelle proximité elle est des Gymnesiae et d'Ebysus, îles, comme on sait, très considérables, pour comprendre toute l'importance de sa position. Eratosthène va jusqu'à faire de Tarracon une station maritime, mais il est contredit sur ce point par Artémidore, qui nie formellement qu'elle possède même un ancrage passable.
Généralement, depuis les Colonnes d'Hercule jusqu'ici, la côte n'offre qu'un très petit nombre de ports ; en revanche, de Tarracon à Emporium, les bons ports ne sont point rares. Le sol, qui plus est, dans cette partie du littoral, se fait remarquer par sa fertilité, notamment chez les Laeétans, chez les Lartolaeètes, etc. Emporium, colonie de Massalie, n'est qu'à 40 stades environ du Mont Pyréné et de la frontière de la Celtique ; tout son territoire, le long de la côte, est également riche, fertile et pourvu de bons ports. On y voit aussi Rhodopé [ou Rhodé], petite place dont la population est emporite, mais qui, suivant certains auteurs, aurait été fondée par les Rhodiens. Diane d'Ephèse y est, ainsi qu'à Emporium, l'objet d'un culte particulier, nous en dirons la raison en parlant de Massalia. Dans le principe, les Emporites n'avaient occupé que cette petite île voisine de la côte, qu'on appelle aujourd'hui Palaeopolis, la Vieille-Ville, mais actuellement leur principal établissement est sur le continent, et comprend deux villes distinctes, séparées par une muraille, voici pourquoi : dans le voisinage immédiat du nouvel Emporium se trouvaient quelques tribus d'Indicètes, qui, tout en continuant à s'administrer elles-mêmes, voulurent, pour leur sûreté, avoir avec les Grecs une enceinte commune. Par le fait, l'enceinte fut double, puisqu'un mur transversal la divisa par le milieu. Mais, avec le temps, les deux villes se fondirent en une seule cité, dont la constitution se trouva être un mélange de lois grecques et de coutumes barbares, ce qui du reste s'est vu en beaucoup d'autres lieux.actement ce qui se pratiquait dans la métropole.

Traduction  Amédée Tardieu (Paris, ed° Hachette, 1867)

Texte intégral disponible sur le site mediterranee.net