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 LE TEMPLE D'ARTÉMIS À ÉPHÈSE

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Strabon : Artémis et la fondation de Marseille
(Strabon, Géographie,  IV, 1,4)

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Κτίσμα δ΄ ἐστὶ Φωκαιέων ἡ Μασσαλία, κεῖται δ΄ ἐπὶ χωρίου πετρώδους· ὑποπέπτωκε δ΄ αὐτῆς ὁ λιμὴν θεατροειδεῖ πέτρᾳ βλεπούσῃ πρὸς νότον. Τετείχισται δὲ καὶ αὕτη καλῶς καὶ ἡ πόλις σύμπασα μέγεθος ἔχου σα ἀξιόλογον. Ἐν δὲ τῇ ἄκρᾳ τὸ Ἐφέσιον ἵδρυται καὶ τὸ τοῦ Δελφινίου Ἀπόλλωνος ἱερόν· τοῦτο μὲν κοινὸν Ἰώνων ἁπάντων, τὸ δὲ Ἐφέσιον τῆς Ἀρτέμιδός ἐστι νεὼς τῆς Ἐφεσίας. Ἀπαίρουσι γὰρ τοῖς Φωκαιεῦσιν ἐκ τῆς οἰκείας λόγιον ἐκπεσεῖν φασιν ἡγεμόνι χρήσασθαι τοῦ πλοῦ παρὰ τῆς Ἐφεσίας Ἀρτέμιδος λαβοῦσι· τοὺς μὲν δὴ προσαχθέντας τῇ Ἐφέσῳ ζητεῖν ὅντινα τρόπον ἐκ τῆς θεοῦ πορίσαιντο τὸ προσταχθέν. Ἀριστάρχῃ δὲ τῶν ἐντίμων σφόδρα γυναικῶν παραστῆναι κατ΄ ὄναρ τὴν θεὸν καὶ κελεῦσαι συναπαίρειν τοῖς Φωκαι εῦσιν ἀφίδρυμά τι τῶν ἱερῶν λαβούσῃ· γενομένου δὲ τούτου καὶ τῆς ἀποικίας λαβούσης τέλος, τό τε ἱερὸν ἱδρύσασθαι καὶ τὴν Ἀριστάρχην τιμῆσαι διαφερόντως ἱέρειαν ἀποδείξαντας, ἔν τε ταῖς ἀποίκοις πόλεσι παν ταχοῦ τιμᾶν ἐν τοῖς πρώτοις ταύτην τὴν θεὸν καὶ τοῦ ξοάνου τὴν διάθεσιν τὴν αὐτὴν καὶ τἆλλα νόμιμα φυ λάττειν τὰ αὐτὰ ἅπερ ἐν τῇ μητροπόλει νενόμισται.

(Strabon, Géographie,  IV, 1,4)

   

La ville de Massalia, d'origine phocéenne, est située sur un terrain pierreux ; son port s'étend au-dessous d'un rocher creusé en forme d'amphithéâtre, qui regarde le midi et qui se trouve, ainsi que la ville elle-même dans toutes les parties de sa vaste enceinte, défendu par de magnifiques remparts. L'Acropole contient deux temples, l'Ephesium et le temple d'Apollon Delphinien : ce dernier rappelle le culte commun à tous les Ioniens : quant à l'autre, il est spécialement consacré à Diane d'Ephèse. On raconte à ce propos que, comme les Phocéens étaient sur le point de mettre à la voile pour quitter leur pays, un oracle fut publié, qui leur enjoignait de demander à Diane d'Ephèse le guide, sous les auspices duquel ils devaient accomplir leur voyage ; ils cinglèrent alors sur Ephèse et s'enquirent des moyens d'obtenir de la déesse ce guide que leur imposait la volonté de l'oracle. Cependant, Aristarché, l'une des femmes les plus recommandables de la ville, avait vu la déesse lui apparaître en songe et avait reçu d'elle l'ordre de s'embarquer avec les Phocéens, après s'être munie d'une image ou représentation exacte de ses autels. Elle le fit, et les Phocéens, une fois leur installation achevée, bâtirent le temple, puis, pour honorer dignement celle qui leur avait servi de guide, ils lui décernèrent le titre de grande prêtresse. De leur côté, toutes les colonies de Massalia réservèrent leurs premiers honneurs à la même déesse, s'attachant, tant pour la disposition de sa statue que pour tous les autres rites de son culte, à observer exactement ce qui se pratiquait dans la métropole.

Traduction  Amédée Tardieu (Paris, ed° Hachette, 1867)

Texte intégral disponible sur le site mediterranee.net

On raconte en effet qu'au moment où les Phocéens quittèrent le rivage de leur patrie, une parole fut entendue qui leur disait de prendre pour chef de leur expédition, l'homme qu'ils recevraient de l'Artémis d'Ephèse. Ayant alors fait voile vers Ephèse, ils chechèrent comment se procurer le guide prescrit par la déesse. Or, voici qu'Aristarché, l'une des femmes les plus considérées de cette ville, vit en songe la déesse se dresser devant elle et lui ordonner de s'embarquer avec les Phocéens en prenant avec elle un modèle réduit du sanctuaire. Cet ordre ayant été exécuté, quand les colons atteignirent le terme de leur expédition,  ils bâtirent le sanctuaire et honorèrent Aristarché de la plus haute dignité en la faisant prêtresse. Dans toutes les colonies de Massalia, on vénère Artémis par dessus toute autre diviinité et on conserve à son idole la même attitude et à son culte les mêmes rites que dans la métropole".

Traduction F. Lasserre ( Paris, ed° Les Belles Lettres)