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 LE TEMPLE D'ARTÉMIS À ÉPHÈSE

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Strabon : description et fonctionnement du nouveau sanctuaire 
(Strabon, Géographie,  XIV, 1, 23)

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Μετὰ δὲ τὴν τοῦ νεὼ συντέλειαν, ὅν φησιν εἶναι Δεινοκράτους ἔργον (τοῦ δ΄ αὐτοῦ καὶ τὴν Ἀλεξανδρείας κτίσιν· τὸν δ΄ αὐτὸν ὑποσχέσθαι Ἀλεξάνδρῳ τὸν Ἄθω διασκευάσειν εἰς αὐτόν, ὡσανεὶ ἐκ πρόχου τινὸς εἰς φιάλην καταχέοντα σπονδήν, ποιήσοντα πόλεις δύο, τὴν μὲν ἐκ δεξιῶν τοῦ ὄρους τὴν δ΄ ἐν ἀριστερᾷ, ἀπὸ δὲ τῆς ἑτέρας εἰς τὴν ἑτέραν ῥέοντα ποταμόν), μετὰ δ΄ οὖν τὸν νεὼν τὸ τῶν ἄλλων ἀναθημάτων πλῆθος εὑρέσθαι τῇ ἐκτιμήσει τῶν δημιουργῶν, τὸν δὲ δὴ βωμὸν εἶναι τῶν Πραξιτέλους ἔργων ἅπαντα σχεδόν τι πλήρη. Ἡμῖν δ΄ ἐδείκνυτο καὶ τῶν Θράσωνός τινα, οὗπερ καὶ τὸ Ἑκατήσιόν ἐστι καὶ ἡ κηρίνη Πηνελόπη καὶ ἡ πρεσβῦτις ἡ Εὐρύκλεια. Ἱερέας δ΄ εὐνούχους εἶχον οὓς ἐκάλουν Μεγαβύζους, καὶ ἀλλαχόθεν μετιόντες ἀεί τινας ἀξίους τῆς τοιαύτης προστασίας, καὶ ἦγον ἐν τιμῇ μεγάλῃ· συνιερᾶσθαι δὲ τούτοις ἐχρῆν παρθένους. Νυνὶ δὲ τὰ μὲν φυλάττεται τῶν νομίμων τὰ δ΄ ἧττον, ἄσυλον δὲ μένει τὸ ἱερὸν καὶ νῦν καὶ πρότερον· τῆς δ΄ ἀσυλίας τοὺς ὅρους ἀλλαγῆναι συνέβη πολλάκις, Ἀλεξάνδρου μὲν ἐπὶ στάδιον ἐκτείναντος, Μιθριδάτου δὲ τόξευμα ἀφέντος ἀπὸ τῆς γωνίας τοῦ κεράμου καὶ δόξαντος ὑπερβαλέσθαι μικρὰ τὸ στάδιον, Ἀντωνίου δὲ διπλασιάσαντος τοῦτο καὶ συμπεριλα βόντος τῇ ἀσυλίᾳ μέρος τι τῆς πόλεως· ἐφάνη δὲ τοῦτο βλαβερὸν καὶ ἐπὶ τοῖς κακούργοις ποιοῦν τὴν πόλιν, ὥστ΄ ἠκύρωσεν ὁ Σεβαστὸς Καῖσαρ.

(Strabon, Géographie,  XIV, 1, 23)

   
Le nouveau temple achevé (et Artémidore nous apprend qu'il était l'oeuvre de l'architecte Dinocrate, le même qui bâtit Alexandrie, le même encore qui promit à Alexandre de lui sculpter l'Athos à son image : on aurait vu le héros versant d'une aiguière dans une coupe, comme pour une libation, un fleuve, un vrai fleuve, l'architecte aurait au préalable bâti deux villes, l'une à droite, l'autre à gauche de la montagne, et le fleuve aurait coulé de l'une dans l'autre), le nouveau temple achevé, poursuit Artémidore, restait à se procurer toute la partie décorative, tous les objets d'art : les Ephésiens y réussirent grâce à un rabais énorme consenti par les artistes : c'est ainsi que l'autel principal se trouve décoré presque exclusivement d'oeuvres de Praxitèle, et qu'on nous a montré réunis dans le temple plusieurs morceaux de Thrason, l'auteur bien connu de l'Hécatésium et du groupe de Pénélope et de la vieille Euryclée à la fontaine. Pour prêtres, il ne s'y trouvait autrefois que des eunuques, à qui l'on donnait le nom de mégabyzes, et que l'on faisait venir, au fur et à mesure des besoins, de pays même fort éloignés, pour n'avoir que des sujets dignes de remplir un pareil sacerdoce. Ces eunuques étaient l'objet d'une très grande vénération, mais il leur fallait partager leurs saintes fonctions avec un même nombre de vierges. Aujourd'hui ces anciens rites sont en partie observés, en partie négligés, le droit d'asile notamment a subsisté intact tel qu'il était autrefois, seules les limites de l'asile ont changé, et cela à plusieurs reprises. Ainsi Alexandre en étendit le rayon à un stade et Mithridate à la portée d'une flèche lancée d'un des quatre angles de la terrasse supérieure du temple, distance qui, à son idée, devait dépasser un peu le stade ; à son tour, Antoine en doubla l'étendue de manière à comprendre dans les limites de l'asile tout un quartier de la ville, mais on ne tarda pas à reconnaître les inconvénients d'une mesure qui livrait la ville en quelque sorte aux malfaiteurs, et César Auguste l'abrogea.

Traduction  Amédée Tardieu (Paris, ed° Hachette, 1867)

Texte intégral disponible sur le site mediterranee.net