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 LE TEMPLE D'ARTÉMIS À ÉPHÈSE

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Vitruve : Découverte du gisement de marbre

(De l'Architecture,  X, 2, 15)

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 Pusillum extra progrediar, et de his Iapidicinis,quemadmodum sint inventae, exponam. Pixodorus fuerat pastor : is in his locis versabatur. Quum autem cives Ephesiorum cogitarent fanum Dianae ex marmore facere, decernerentque a Paro, Proconneso, Heraclea, Thaso, uti marmore, per id tempus propulsis ovibus Pixodorus in eodem Ioco pecus pascebat, ibique duo arietes inter se concurrentes, alius alium praeterierunt, et impetu facto unus cornibus percussit saxum, ex quo crusta candidissimo colore fuerat deiecta. Ita Pixodorus dicitur oves in montibus reliquisse, et crustam cursim Ephesum, quum maxime de ea re ageretur, detulisse. Ita statim honores ei decreverunt et nomen mutaverunt, ut pro Pixodoro Evangelus nominaretur. Hodieque quotmensihus magistratus in eum locum proficiscitur, et ei sacrificium facit , et, si non fecerit, poena tenetur.

(De l'Architecture,  X, 2, 15)

   

Je vais faire une petite digression pour raconter de quelle manière furent trouvées les carrières d'Éphèse. Il y avait un berger nommé Pixodore qui vivait dans ces parages. Dans le temps que les citoyens d'Éphèse pensaient à élever à Diane un temple de marbre, et se proposaient de faire venir leurs marbres de Paros, de Proconèse, d'Héraclée et de Thasis, Pixodore avait mené paître son troupeau dans ce même endroit. Voilà que deux de ses béliers, se précipitant pour se choquer, passèrent l'un à côté de l'autre sans se toucher; mais il y en eut un qui alla donner de ses cornes contre un rocher dont il enleva un fragment de la couleur la plus blanche. Pixodore laisse, dit-on, ses moutons dans la montagne, court à Éphèse, où il arrive avec son fragment au moment où il était le plus question de l'affaire des marbres. On lui décerna à l'instant de grands honneurs; on changea son nom de Pixodore eu celui d'Evangelus. Et de nos jours encore, le magistrat est tenu de se rendre tous les mois sur le lieu même , pour y faire un sacrifice, faute de quoi il subit une punition.


Texte français :  traduction nouvelle par M. Ch.-L. Maufras. C. L. F. Panckoucke, 1847. 

Texte intégral disponible sur le site de Philippe Remacle