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 LE TEMPLE D'ARTÉMIS À ÉPHÈSE

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Xénophon d'Ephèse : la procession d'Artémis
(Les Ephésiaques,  II, 2-9)

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῎Ηγετο δὲ τῆς Ἀρτέμιδος ἐπιχώριος ἑορτὴ ἀπὸ τῆς πόλεως ἐπὶ τὸ ἱερόν· στάδιοι δέ εἰσιν ἑπτά· ἔδει δὲ πομπεύειν πάσας τὰς ἐπιχωρίους παρθένους κεκοσμημένας πολυτελῶς καὶ τοὺς ἐφήβους, ὅσοι τὴν αὐτὴν ἡλικίαν εἶχον τῷ Ἁβροκόμῃ. ῏Ην δὲ αὐτὸς περὶ τὰ ἓξ καὶ δέκα ἔτη καὶ τῶν ἐφήβων προσήπτετο καὶ ἐν τῇ πομπῇ τὰ πρῶτα ἐφέρετο. Πολὺ δὲ πλῆθος ἐπὶ τὴν θέαν, πολὺ μὲν ἐγχώριον, πολὺ δὲ ξενικόν· καὶ γὰρ ἔθος ἦν ἐκείνῃ τῇ πανηγύρει καὶ νυμφίους ταῖς παρθένοις εὑρίσκεσθαι καὶ γυναῖκας τοῖς ἐφήβοις. Παρῄεσαν δὲ κατὰ στίχον οἱ πομπεύοντες· πρῶτα μὲν τὰ ἱερὰ καὶ δᾷδες καὶ κανᾶ καὶ θυμιάματα· ἐπὶ τούτοις ἵπποι καὶ κύνες καὶ σκεύη κυνηγετικὰ ὧν τὰ μὲν πολε μικά, τὰ δὲ πλεῖστα εἰρηνικά. Ἑκάστη δὲ αὐτῶν οὕτως ὡς πρὸς ἐραστὴν ἐκεκόσμητο. ῏Ηρχε δὲ τῆς τῶν παρθένων τάξεως Ἀνθία, θυγάτηρ Μεγαμήδους καὶ Εὐίππης, ἐγχωρίων. ῏Ην δὲ τὸ κάλλος τῆς Ἀνθίας οἷον θαυμάσαι καὶ πολὺ τὰς ἄλλας ὑπερεβάλλετο παρθένους. Ἔτη μὲν τεσσαρεσκαίδεκα ἐγεγόνει, ἤνθει δὲ αὐτῆς τὸ σῶμα ἐπ΄ εὐμορφίᾳ, καὶ ὁ τοῦ σχήματος κόσμος πολὺς εἰς ὥραν συνεβάλλετο· κόμη ξανθή, ἡ πολλὴ καθειμένη, ὀλίγη πεπλεγμένη , πρὸς τὴν τῶν ἀνέμων φορὰν κινουμένη· ὀφθαλμοὶ γοργοί, φαιδροὶ μὲν ὡς κόρης, φοβεροὶ δὲ ὡς σώφρονος· ἐσθὴς χιτὼν ἁλουργής, ζωστὸς εἰς γόνυ, μέχρι βραχιόνων καθειμένος, νεβρὶς περικειμένη, γωρυτὸς ἀνημ μένος, τόξα [ὅπλα], ἄκοντες φερόμενοι, κύνες ἑπόμενοι. Πολλάκις αὐτὴν ἐπὶ τοῦ τεμένους ἰδόντες Ἐφέσιοι προσε κύνησαν ὡς Ἄρτεμιν. Καὶ τότ΄ οὖν ὀφθείσης ἀνεβόησε τὸ πλῆθος, καὶ ἦσαν ποικίλαι παρὰ τῶν θεωμένων φωναί, τῶν μὲν ὑπ΄ ἐκπλήξεως τὴν θεὸν εἶναι λεγόντων, τῶν δὲ ἄλλην τινὰ ὑπὸ τῆς θεοῦ περιποιημένην· προσηύχοντο δὲ πάντες καὶ προσεκύνουν καὶ τοὺς γονεῖς αὐτῆς ἐμακάριζον· ἦν δὲ διαβόητος τοῖς θεωμένοις ἅπασιν Ἀνθία ἡ καλή. Ὡς δὲ παρῆλθε τὸ τῶν παρθένων πλῆθος, οὐδεὶς ἄλλο τι ἢ Ἀνθίαν ἔλεγεν· ὡς δὲ Ἁβροκόμης μετὰ τῶν ἐφήβων ἐπέστη, τοὐνθένδε, καίτοι καλοῦ ὄντος τοῦ κατὰ τὰς παρθένους θεάματος, πάντες ἰδόντες Ἁβροκόμην ἐκείνων ἐπελάθοντο, ἔτρεψαν δὲ τὰς ὄψεις ἐπ΄ αὐτὸν βοῶντες ὑπὸ τῆς θέας ἐκπεπληγμένοι, καλὸς Ἁβροκόμης λέγοντες, καὶ οἷος οὐδὲ εἷς καλοῦ μίμημα θεοῦ. ῎Ηδη δέ τινες καὶ τοῦτο προσέθεσαν οἷος ἂν γάμος γένοιτο Ἁβροκόμου καὶ Ἀνθίας.

(Les Ephésiaques,  II, 2-9)

   

C'était le temps où l'on célébrait la fête patronale d'Artémis, et le cortège allait de la ville au Temple : la distance est de sept stades. Toutes les jeunes filles du pays devaient, richement parées, marcher en procession solennelle, et, pareillement, les jeunes hommes de l'âge d'Habrocomès - car celui-ci, âgé de seize ans, comptait déjà parmi les éphèbes et marchait au premier rang du cortège.  Une foule nombreuse était accourue à ce spectacle, gens du pays aussi bien qu'étrangers : la coutume voulait en effet qu'en cette fête on choisît des fiancés aux jeunes filles et des femmes aux jeunes hommes. On -voyait donc défiler le cortège - en tête les objets sacrés, les torches, les corbeilles, l'encens : puis les chevaux, les chiens, les armes de chasse.... des attributs de guerre, mais aussi, et surtout, des attributs de paix... Chacune d'elles était parée comme pour plaire à un amoureux. En tête des jeunes filles marchait Anthia, fille de Mégamédès et d'Évippé, citoyens d'Ephèse. Elle était belle entre toutes les autres vierges : elle avait quatorze ans : son corps était une fleur de beauté et sa parure ajoutait encore à sa gràce : cheveux blonds, en partie tressés, mais surtout libres et flottant au gré de la brise; des yeux vifs, à la fois rayonnants comme ceux d'une jeune fille, intimidants comme ceux d'une chaste vierge ; pour vêtement, une tunique de pourpre serrée à la taille tombant jusqu'aux genoux et descendant sur les bras ; une peau de faon l'enveloppait, un carquois pendait à ses épaules, elle portait un arc et des javelots, des chiens la suivaient. Plus d'une fois les Éphèsiens la voyant dans l'enceinte sacrée l'avaient adorée, la prenant pour Artémis. Et ce jour-là, quand elle apparut, la foule se récria, exprimant à sa vue des sentiments divers " Voici la déesse", criaient les uns, saisis d'étonnement d'autres : "C'est l'image de la déesse façonnée par elle à sa ressemblance" ; tous lui adressaient des prières, se prosternaient, célébraient le bonheur de ses parents : les spectateurs n'avaient qu'un cri d'admiration pour la belle Anthia, et lorsque passa le groupe des jeunes filles le nom d'Anthia était seul dans toutes les bouches. Mais quand Habrocomès parut avec les éphèbes, alors, si beau que fût le cortège des jeunes filles, on ne songea plus à les regarder, et tous, tournant les yeux vers lui, s'écrièrent extasiés: «Habrocomès est beau, nul ne lui est comparable, il est, en beauté, l'image d'un dieu !"Et quelques-uns même ajoutèrent: « Quel couple feraient Habrocomès et Anthia ! »

Traduction G. Dalmeyda
Paris, Les Belles lettres, 1926